Le brin d’humeur : Les enfants soldats

enfants-soldatsCela nous nourrit des lectures quelque fois biographiques ou de dénonciation mais, peut être, devons-nous  descendre dans la rue pour ne former qu’un noyau et défendre les droits de ces enfants et le devoir de ces institutions à les protéger. Car si la liberté est d’agir sans contrainte, cette même liberté doit avoir ses limites surtout quand elle octroie le droit de bafouer impunément la vie d’autrui.

Bien de choses atroces se déroulent sous nos yeux sans que nous agissons peut être par égoïsme humain ou tout simplement parce que certaines souffrances nourrissent à l’inverse le capital des autres. Comment ne pas se sentir coupable ?  Vous conviendrez que je parle de culpabilité et non d’impuissance car nous ne pouvons prétendre être impuissants face à ce crime si nous ne posons pas des actes pour agir.

C’est un sujet qui devrait nous interpeller afin que de telles pratiques ne se perpétuent pas. Violer la vie de ces enfants, les démunir de toute identité humaine pour n’en faire que des robots programmés à tuer, reste un acte des plus ignobles car à leur âge, on est loin de comprendre l’intérêt de certains conflits.

Nous nous souvenons tous du petit Birahima, le personnage mythique du très grand écrivain Ahmadou Kourouma dans son œuvre « Allah n’est pas obligé ». Cet enfant qui, par la force des choses, se laisse enrôler comme enfant soldat pour survivre face à la barbarie. Une manière à l’auteur, humaniste,  de dénoncer la bêtise humaine et de pointer du doigt certains régimes qui ont contribué à faire de nos enfants des armes de destruction.

D’autres encore comme Chris Albani,  pour ne citer que ces derniers, dans son livre « Comptine pour un enfant-soldat »  dénonça   avec poésie et réalisme très cru le sort des enfants-soldats en Afrique, enchainant la description d’atrocités perpétuées à des êtres humains. Un méli-mélo de sang et de haine. Ame sensible s’abstenir. Ce n’est pas l’un de ses plus beaux romans mais on ne ressort pas de ce récit indemne.

Aujourd’hui, on préfère le terme «enfant associé à une force ou un groupe armé» pour donner une dimension plus consensuelle certainement mais le résultat demeure le même.

Des enfants souvent issus de milieu pauvre sont enrôlés sans leur consentement, de préférence,  comme des sujets  abusées et traumatisées, perdant tout repère. Sans compter l’enlèvement mystérieux de petites filles dans certains coins du continent à l’heure où l’instruction est censé nous donner une perception plus juste des choses ou dirai-je plus équilibré et créer une certaine égalité. A se demander si le modernisme ne déshumanise pas ?

Je me suis toujours interrogée à savoir comment sous nos regards empreint d’analyses et de critiques pointues nous pouvons regarder sans voir ce qui se passe tout près de chez nous ? Je me suis toujours interrogée à savoir  comment on peut regarder notre chair, notre avenir rependre le sang de nos semblables sans broncher pendant des années ? Il y a un détail qui m’échappe.

On dit souvent que l’heure n’est pas à la philosophie mais aux actes mais quels actes posons-nous pour que tous ensemble nous nous soulevons d’une seule voix afin de redonner à nos chers têtes crépus ou non crépus d’ailleurs, leur rôle principal ?  Celui de bâtisseur pour l’avenir.   Car sans cela, que nous restera-t-il ?

Annie-Monia Kakou

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