Le brin d’humeur: Naît on raciste ou le devient t-on?

Naît-on-raciste-ou-le-devient-t-on-890x395_cC’est une question que je me suis posée tout dernièrement en écoutant distraitement une émission dans laquelle Eric Zemmour venait justifier le contenu d’un livre. A mon sens, cet ouvrage bénéficie d’une très large médiatisation malgré son contenu quelque peu diffamatoire et insultant pour une grande partie de la nation française.

La technologie, les supports de connexion semblent évoluer à une telle vitesse que l’Homme lui-même a du mal à en maitriser certains de ses effets pervers. Mais si la science atteint son apogée, la conscience humaine semble aujourd’hui s’auto-satisfaire d’un regard minimaliste sur le monde.

Depuis quelques années, si la division ne se fait pas par la conviction qu’une race (si la notion de race est retenue pour catégoriser les peuples) prédomine sur une autre, n’empêche qu’il réside encore dans certaines mentalités des automatismes et des libertés de langage qui condamnent certaines communautés.

L’idéologie raciste est bel et bien là telle une gangrène polluant les mentalités, divisant les communautés et soulevant des haines que l’on croyait enfouies avec les leçons que notre Histoire passée à pu nous laisser. Si elle habille d’autres formes, elle stigmatise toujours autant. Des paroles jetées aux foules, des phrases marquées à l’encre noire et pire encore des actes de barbarie qui, finalement, nous ramène à l’idée que la haine de l’autre est encore là telle un feu mal éteint dont la moindre étincelle peut causer des ravages indélébiles.

Certains parlent de liberté d’expression. Mais quel sens peut-on donner à cette liberté si l’expression même de ce Droit offense autrui? Quelle est cette liberté qui permet à une personne plus qu’une autre de se donner le devoir de penser que la Nation regorge d’individus qui n’ont pas une légitimité de jouir de l’espace ? J’ai l’ultime conviction que si les grands de ce monde donnaient l’exemple d’une éducation de respect envers l’autre, peu importe ses origines, ses choix sexuels, sa religion, qu’ils redéfinissaient la Nation comme une pluralité de personnes qui forment une unité plutôt qu’une division, il existerait plus d’outils pour comprendre et regarder l’autre comme soi plutôt que comme une menace.

Et il serait facile de se dissimuler derrière la crise pour justifier la haine des autres. La crise est juste un faux prétexte pour assumer enfin le choix que l’on se fait de haïr la différence.

Annie-Monia Kakou

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