Le cadre sup d'Air France prostituait des Brésiliennes

prostitutionEnquête. Aidé de son épouse et d’un complice, il avait monté un vaste réseau de prostitution qui leur rapportait des revenus confortables : 2 M€ par an depuis 2010.

Son poste chez Air France lui a sans doute facilité la tâche. Un homme, âgé de 54 ans, cadre supérieur au sein de la compagnie aérienne tricolore, a été mis en examen, jeudi, ainsi que son épouse, de nationalité brésilienne et un second complice, également originaire du Brésil. Poursuivi pour des faits de « proxénétisme », « traite des êtres humains » et « associations de malfaiteurs », le trio a été placé en détention provisoire dans les prisons de Fresnes (Val-de-Marne) et de Fleury-Mérogis (Essonne).

Alain D., chargé du suivi des équipages en vol depuis l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, est soupçonné d’avoir mis sur pied, avec l’aide de sa femme, Claudia, 51 ans, un vaste réseau de prostitution. Le couple a été identifié par les enquêteurs de la brigade de répression du proxénétisme (BRP) après avoir recueilli les confidences d’une jeune Brésilienne, venue en France en 2010 pour y poursuivre ses études.

Menacée par un transsexuel

« Cette jeune fille a été orientée très rapidement par des membres de sa famille vers Claudia, révèle un proche de l’affaire. Cette dernière l’a aussitôt contrainte à se prostituer. En septembre 2013, elle a tenté de s’extirper des griffes de cette femme mais elle a été menacée par un transsexuel, mandaté par cette dernière. C’est à ce moment-là qu’elle s’est décidée à tout dénoncer à la police. »

Selon nos informations, Claudia D. avait logé cette jeune femme dans un appartement, situé rue de Rivoli dans le I er arrondissement où elle devait recevoir cinq clients par jour. « Les prestations sexuelles étaient tarifées à hauteur de 150 EUR, poursuit la même source. L’épouse du cadre d’Air France s’occupait de la gestion de ce réseau, notamment en louant des appartements destinés à l’accueil des clients, en publiant des petites annonces sur Internet et en fixant les rendez-vous pour les jeunes femmes placées sous sa coupe. »

Alain D. est également soupçonné d’avoir fait bénéficier plusieurs prostituées de billets à des tarifs préférentiels, normalement réservés aux seuls membres d’Air France et à leur famille. « Lui et son épouse se rendaient, en moyenne, une fois par mois au Brésil, poursuit la même source. Ils en profitaient pour être accompagnés de plusieurs filles qu’ils faisaient passer pour des parentes. Ces allers-retours leur coûtaient environ 150 EUR par personne. »

Un gourou doté de pouvoirs mystiques

Le couple de proxénètes faisait également appel à un complice. Présenté comme un gourou doté de pouvoirs mystiques auprès des jeunes femmes tombées dans son réseau, José W., 50 ans, était censé leur redonner le moral et les aider à reprendre confiance en elles.

« Les séances avec ce pseudo-gourou étaient facturées près de 500 € à chaque prostituée, confie un proche du dossier. Ces simulacres permettaient surtout à ce couple de récupérer un maximum d’argent issu des passes de leurs victimes. »

Bénéficiant d’un confortable salaire, Alain D. avait également trouvé le moyen de se déclarer en tant que surendetté. Par ailleurs, lui et sa femme étaient logés dans un appartement de la ville de Paris, situé dans le XVII e arrondissement. « Ils louaient des appartements dans des quartiers chics de la capitale, notamment rue des Vertus (III e), rue de Courcelles (VIII e) ou bien encore rue de la Pompe (XVI e), ajoute la même source. Ils changeaient régulièrement de logement pour ne pas trop attirer l’attention sur leurs prostituées. »

Les enquêteurs de l’ex-brigade des moeurs ont estimé qu’Alain et Claudia avaient réalisé un « chiffre d’affaires » de 2 M€ par an depuis 2010 à travers l’exploitation d’une dizaine de jeunes femmes. « C’est une affaire hors norme que viennent de mettre au jour les policiers de la BRP, se félicite Stéphane Pelliccia du syndicat CFDT-Police. Les investigations ont permis de dévoiler toute l’ampleur de ce dossier. »

Sollicité hier, Air France nous a indiqué « ne disposer, à cette heure, d’aucune information sur cette affaire ». Les enquêteurs tentent encore de déterminer la destination finale de l’argent du couple d’exploiteurs.
Le Parisien

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