LE FEPRODES EN GUERRE CONTRE SES MEMBRES : Des élus locaux font main basse sur 400 millions de FCFA

La vallée du fleuve Sénégal risque de chasser les bailleurs et organisations qui ont toujours accompagné les productrices. La mutuelle qui a été aux côtés des femmes pendant plus de dix ans, accusent des élus locaux et autorités de la vallée d’avoir fait main basse sur la somme de 400 millions de francs Cfa. Les 38.000 femmes membres de la mutuelle comptent marcher sur le palais d’ici les prochains jours. min arame ndoye

Le président Macky Sall risque d’avoir des hôtes de marque en ce mois béni du ramadan. En effet, les 38.000 femmes de la mutuelle Feprodes ont promis de faire ce trajet, si l’Etat sénégalais ne réagit pas sur leur différend avec certains membres et élus locaux, accusés de vouloir ne pas payer la rondelette somme de 400 millions de francs Cfa. «C’est comme si les organisations de défense des droits humains nous ignorent.
Des femmes nous ont escroquées pour près de 400 millions et elles ne veulent pas payer. Si on les traduit devant la justice, elles en sortiront quelques heures après. Nous pensons que c’est un comportement anormal. Il faut que le président de la République et son ministre de la justice fassent l’effort de nous permettre de récupérer ces centaines de millions», a déclaré Penda Guèye, présidente de la mutuelle, lors d’un point de presse tenu à Saint-Louis.
Parlant au nom de plusieurs villages de la région de Saint-Louis : Débit-Tiguette, Diama et Rosso Béthio, la présidente de la mutuelle de Feprodes a ainsi accusé les élus locaux d’abus d’autorité pour avoir reçu ces financements qu’ils ont utilisés à des fins personnelles.

Refus de rembourser

«Vous savez aujourd’hui, on nous doit près de 400 millions répartis dans toute la vallée du fleuve Sénégal, de Diattar à Saint-Louis en passant par tous les villages. Ces élus sont connus pour leur délinquance financière, parce qu’ils ne payent jamais leurs dettes. Ils ont manipulé des femmes innocentes et analphabètes et ils refusent de nous rembourser. Ces élus et responsables d’organisations paysannes ont abusé des femmes qu’ils ont organisées en groupement, afin d’utiliser leurs cartes d’identité, pour obtenir des crédits qu’ils ont consommés, tout en refusant de payer à date échue», renseigne-t-elle.

Et ces femmes lancent des cris de détresse, pour que l’Etat sénégalais prenne ce dossier en main. Elles ont ainsi condamné la justice à deux vitesses de notre pays. «C’est comme si le Sénégal n’a pas une justice performante. De grosses pointures ont été poursuivies, alors que des personnes se sont réunies pour nous escroquer, sans que justice soit faite. Nous pensons que c’est l’économie du Sénégal qui risque de s’effondrer», a précisé Penda Guèye.

Ousseynou DIOP

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