Le Fpdr sur la visite du Président en France : «Macky a été convoqué pour l’achat des Ter»

«Les choses sont maintenant claires. La visite d’Etat de Macky Sall en France s’explique par la commande des Trains express régional (Ter) à la France». C’est, en tout cas, l’avis du Front patriotique pour la défense de la République (Fpdr).
Cette coalition de partis politiques dirigée par Mamadou Diop Decroix  estime que Macky Sall a rendu publique ce qui se susurrait dans les chancelleries et dans les chaumières en visitant à Reischshoffen l’usine de fabrication de trains. Selon cette source, le ballet des autorités françaises à Dakar dont le Premier ministre de France en personne au cours des derniers mois, l’avait préfiguré et sans doute préparé. «La visite officielle de notre Président s’avère ainsi, hélas, de fait, une convocation pour la validation définitive du contrat de construction de chemins de fer et d’achat de Ter. Cet événement est, de bout en bout, une stratégie française de sauvetage d’une entreprise française, Alstom, d’une faillite annoncée», lit-on dans la correspondance qui mentionne «qu’un tel projet n’est inscrit nulle part dans le portefeuille de projets soumis à l’Assemblée nationale».
D’après le Fpdr, si notre président de la République a été reçu par le ministre français du travail à l’aéroport, c’est parce «qu’il s’agit bien de sauvetage d’une entreprise et de ses emplois».
«La commande des Ter consacre assurément la part de la France  dans les gros marchés de l’aéroport et des autoroutes, qui lui ont échappé sous Wade», conclue-t-on.
Dénigrant ce contrat entre la France et le Sénégal, le Fpdr le qualifie  de «décisions des plus graves» prises par le régime de Macky Sall depuis son installation en 2012, mais aussi de marché «des plus gros scandales» depuis l’indépendance du Sénégal en 1960 à plus d’un titre. Analysant les coûts avancés pour le moment avec Eiffage  qui a annoncé un contrat de plus de 373 millions d’euros, soit près de 250 milliards de francs Cfa pour les travaux de la voie ferrée, et la partie Alsthom avoisinerait les 220 millions d’euros soit près de 150 milliards, alors que les experts parlent d’une surévaluation sans précédent des coûts au kilomètre, le Fpdr en déduit que «Ça sent la corruption à mille lieues d’autant plus que l’entreprise sélectionnée est marquée au fer dans ce domaine». A l’en croire, Alstom est «soupçonné d’avoir versé 5 milliards Cfa de pots de vin à Slim Chiboub, gendre de l’ancien dictateur de Tunisie, Ben Ali».
Alors qu’en 2002, les filiales Alstom Hydro et Alstom Network (Suisse) auraient également été  condamnées à verser plus de 5 milliards Cfa de compensation et auraient été interdites d’appel d’offres par la Banque mondiale, pour avoir versé des pots-de-vin afin d’obtenir un marché en Zambie.
Par ailleurs, renseigne, le Fpdr, le projet des Ter n’est envisagé ni dans le Cadre des dépenses sectorielles à moyen terme (Cdstm) ni dans le Programme triennal des investissements publics (Ptip). «Ce n’est donc pas un projet du Sénégal mais un projet de la France réalisé au Sénégal, pour sauver une de ses industries phares», fustige le Fpdr qui donne raison à  la Banque Mondiale qui avait averti qu’avec le Code des marchés de Macky Sall, il y avait un «risque d’encourager des urgences non justifiées».
Mamadou Diop Decroix et ses camarades d’affirmer qu’un tel projet n’est ni prioritaire, ni  urgent. Pire, il concurrence l’autoroute à péage et remet en cause sa rentabilité économique.
Pour eux, le chemin de fer, qui constitue un instrument fondamental de développement économique et social est plus que nécessaire au Sénégal mais pas dans les conditions du Ter. «Réhabiliter Dakar-Bamako avec écartement standard, réha­biliter Dakar–St-Louis, réha­biliter Louga-Linguère, Diour­bel-Touba et Guinguinéo-Kaolack sans oublier la dorsale Tamba-Ziguinchor, etc.», c’est cela, d’après Decroix et Cie, une politique véritablement orientée vers la résolution des problèmes de développement du pays.

Le Quotidien

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