Le legs de Cheikh Anta Diop revisité

Pr Cheikh Anta Diop
Pr Cheikh Anta Diop

Des écrivains, économistes…, ont fouillé les écrits de l’égyptologue Cheikh Anta Diop. Des témoignages sur ses qualités intrinsèques ont été tenus samedi à l’Institut culturel panafricain de recherche (Icpr) de Yène. Le département jeunesse de la dite structure a commémoré à sa façon le savant. 

Le département jeunesse de l’Institut culturel panafricain de recherche (Icpr) de Yène (40 kilomètres de Dakar) a voulu jouer sa partition pour le 29e anniversaire de la disparition de l’égyptologue, Cheikh Anta Diop (7 février 1986 – 7 février 2015). La panoplie d’œuvres léguée par le savant sénégalais, son travail en tant que scientifique, constituent quelques uns des sujets revisités durant la rencontre.

L’écrivain et poète Ndongo Mbaye a longuement parlé des écrits de l’historien, l’égyptologue et panafricaniste. Mbaye  s’est basé sur un axe de réflexion qui lui est «singulier», nommé  «Principes politiques, et pensées philosophiques  de la vertu thérapeutique de l’enseignement de Cheikh Anta Diop».

Le comparant à un sphinx (créature fantastique de la mythologie égyptienne) qui ne meurt jamais, car toujours d’actualité, le poète rappelle les qualités intrinsèques d’humaniste de l’enfant de Ceytou, qu’il désigne comme un «honnête homme littéraire, intègre».

La science, la politique et la philosophie sont entre autres les domaines dans lesquels Cheikh Anta Diop  menait ses combats. C’est en s’appuyant sur ces disciplines,  «qu’il considérait comme un creuset vers son seul et unique crédo» que l’égyptologue a su faire converger de manière concrète le développement de l’Humain par le rétablissement de la vérité historique de l’Afrique, selon Mbaye.

Avec l’une de ses plus célèbres œuvres «Nations nègres et cultures» publiée en 1954, un ouvrage «magistral et fondamental», il a su tracer la voie pour une prise de conscience centrée sur la liberté, la confiance en soi et le devenir de l’humanité. Ceci, rapporte le poète Ndongo Mbaye, à l’instar des philosophes encyclopédistes du siècle des lumières comme Jean jacques Rousseau, Voltaire ou encore des écrivains comme Honoré de Balzac et Gustave Flaubert. 

Le chercheur du laboratoire Carbone 14 de l’Institut fondamental de l’Afrique noire (Ifan) a eu la rigueur de fédérer plusieurs savoirs dans ses œuvres afin d’arriver à prouver que l’Afrique est le berceau de l’Humanité.

Cheikh Anta Diop a démontré l’origine négro-africaine de la civilisation égyptienne et l’apport de l’Afrique au reste du monde. L’importance de son travail réside aussi sur le panafricanisme, le fédéralisme et l’utilisation des langues africaines qu’il recommandait.

«Cheikh Anta Diop nous a ouvert le chemin, à nous de voir ce qui se trouve sur ce chemin», a dit pour sa part, l’écrivain Elimane Haby Kane. La qualité d’économiste du parrain de l’université de Dakar a été saluée par El Hadj Alioune Diouf, lui-même économiste. Se basant sur sa méthode de travail, il estime que celle-ci est propre aux économistes et qu’il a su bien l’appliquer dans ses recherches.

La commémoration de la disparition de Cheikh Anta Diop (1923-1986) se poursuivra toute la semaine. Car une «Tournée nationale Cheikh Anta Diop» destinée à vulgariser la pensée du savant sénégalais démarre aujourd’hui dans différents écoles et lycées du Sénégal.

Le lycée Kennedy sera la première étape d’un déplacement qui conduira le groupe de disciples de Cheikh Anta Diop dans cinq villes : Dakar, Thiès, Mbour, Louga et Saint-Louis.

Scheina ADAYA

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