LE MATCH D’APRES… INCIDENTS AU COURS DE LA DEMI-FINALE GHANA-GUINEE EQUATORIALE LA CAF PRISE DANS SON PROPRE PIEGE

caf_hayatou_issa_13 buts à 0. Et voilà. Facile pour les Ghanéens. Pénible et poussif pour l’équipe du pays organisateur : la Guinée équatoriale. Quand on joue au football contre une équipe meilleure que soi, on finit souvent par prendre une de ses raclées dont le football a seul le secret.   En organisant cette Can, la Guinée équatoriale, pourtant éliminée de la Can au Maroc, a joué les dépanneurs, mais  ne méritait nul doute pas de jouer ce quart de finale. Les arbitres en ont décidé autrement pour l’amener là où ils ne rêvaient pas d’être en sortant le Gabon, et plus surprenant, la Tunisie. Mais la médiocrité du public énervé du naufrage de son équipe, a fini de montrer que les organisateurs de cette Can, n’étaient à la place qui devait être la leur.

A 90 mn de l’épilogue, (le match de la troisième place ne comptant que pour du beurre),  voilà le Ghana, même battu par le Sénégal, qui montre que le football se joue à 11 quel que soit le stade dans lequel on le joue : à Bata, Malabo, Accra ou Dakar. Pour cette 30 ème édition de la Can rafistolée au dernier moment, les échauffourées d’hier, ont montré que ne peut devenir un pays de foot qui veut. Enfouie au fond de la forêt équatoriale, la Guinée espagnole d’hier, ne peut tout d’un coup, se mettre à briller au sommet du continent, même si toutes les ressources pétrolières étaient mobilisées pour la cause. La pratique du sport demande aussi une certaine culture du jeu et de l’organisation ; ce que le peuple oublié de cette partie de l’Afrique n’a pas. 
 
 Le plus malheureux dans le spectacle affreux d’hier, n’était pas celui qu’on croit, mais au-delà de la misère équato-guinéenne, faisant la preuve qu’on était loin d’un pays de foot, c’est aujourd’hui la Confédération africaine de football qui est en cause. Les questions pleuvent d’ailleurs sur ce point : entre la volonté de poursuivre un match que les supporters de l’équipe locale avaient volontairement arrêté en chargeant les bouillants ghanéens et  les tergiversations des arbitres pour se remettre au chevet d’un pays, d’un stade qui avaient tout prévu sauf ces incidents, on aura tout vu. En mal. Le show du diable, a été ponctué par l’arrivée d’un hélicoptère pour ajouter à la zizanie ; la preuve finalement qu’on était vraiment en Afrique, mais dans un petit pays.
 
Mais, le forcing de la Caf qui aurait dû écouter les Marocains ( même à tort) et négocier avec eux pour une nouvelle échéance, au mois de juin, par exemple, aura abouti à cela. Et, même en empochant des millions de dollars de la Guinée équatoriale et en ayant le plaisir de voir sa Can trouver un pays d’accueil, elle avait oublié que le seul fait de jouer au football n’était pas l’essentiel. Il s’agit dans les stades et dans l’administration du sport, de faire en sorte que la sécurité des joueurs soit la priorité. Ce n’était pas le cas hier. Autre chose que la Caf oublie ou feint d’ignorer, c’est qu’on ne négocie pas la souveraineté des Etats pour le fait du football. Aujourd’hui, avec le succès de ce jeu à 11, l’impression est que tout est possible et tout le temps.
 
Faux ! Finalement. Dans le match qui les opposait aux Ghana, quadruple vainqueur de cette compétition,  et plusieurs fois finaliste, l’on aura compris que dans toutes les disciplines sportives les rangs et les catégories ne s’improvisent pas. Il fallait le montrer pour sauver le football d’Afrique de ces affairistes qui croient tout possible. Dernière chose de cette analyse, est que si Caf, c’est d’abord l’émanation du sport construit par et pour les peuples des pays membres, elle se doit de tenir en compte leur avis mais surtout les écouter et les consulter. Mais, quand on se donne le droit et le pouvoir de sanctionner des gens et des Etats, l’on se doit de fixer les conditions d’une auto-sanction qui commencent d’abord par vous. 
 
La Caf, même en étant au centre de toutes les magouilles narguent les Etats, les sanctionnent au nom d’une législation barbare et inadaptée sans aucun respect des efforts énormes qui sont faits par les Etats pour lui permettre d’organiser des matches de football sur leur territoire. Dans ce jeu de mépris, le Sénégal a lourdement payé cette exagération là où la Guinée équatoriale, pour services rendus à ses dirigeants, ne se verra punir que pour une sanction symbolique.  Suspendu après un match contre la Côte d’Ivoire en éliminatoires de la Can 2013, le Sénégal a payé cher pour le mépris que lui vaut cette confédération. 
 
Que de déboires vécus par le Sénégal depuis les années 1970 en termes de mauvais arbitrages, d’agressions de joueurs au Ghana comme au Nigéria et encore en Côte d’Ivoire. L’on se rappelle, encore en 1978, en éliminatoires pour la Can d’Ouganda, quand le Nigéria, battu 3 à 1 Dakar, reçoit le Sénégal à Lagos. Devant le coach Mawade Wade (nigérian d’adoption lui-même), a été placé un berger allemand. Dans ce même match, l’on voit encore l’agression subie par l’ailier de la Police et du Sénégal, Moussé Dioussé obligé par un joueur d’enlever son protège-tibia pour montrer qu’il n’y avait pas de gris gris à l’intérieur.  Egalement, des menaces subies par Mor Sakho et Seydou Ba qui s’échauffaient pendant la mi-temps sur l’aire et obligés de rejoindre le vestiaire par des gens venus de nulle part. 
 
Jamais de sanctions. Quand on a vu sur le terrain hier, autant d’incohérences jusqu’au mauvais décompte des arrêts de jeu, (alors que le match avait été interrompu à la 82 ème mn), l’on se dit que finalement cette Caf là est une grande organisation d’amateurs, un machin dont il faut décrypter définitivement le fonctionnement. Il est temps que le cirque se termine. 
 
Mais avant cela, finissons dans la sérénité cette compétition de trop en souhaitant que les Congolais qui ont vu les images acceptent de venir jouer les Equato-guinéens dans un stade de Malabo bien bizarre. Souhaitons aussi que la finale tienne les promesses pour honorer le football sorti d’une Coupe du monde bien décevante.

Mame Aly KONTE

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*