Le Building Administratif s’offre une robe à 17 milliards : l’État a perdu la tête

Quelques photos de la cérémonie de dédicace du livre de l'écrivain Mandiaye Gaye44

Il est difficile d’admettre un seul instant et de pouvoir expliquer raisonnablement aux Sénégalais, le pourquoi de cette décision si inopportune, de réfection du Building administratif.

Surtout au moment où les urgences et priorités de toutes sortes et tous azimuts se bousculent devant les portes du Gouvernement.

Comment alors, comme si de rien n’était, l’on a pu se permettre de s’atteler dans une période de récession, à la réfection de ce vieux Building amorti, et symbole de la concentration administrative, fonction qu’il ne retrouvera plus jamais.

Ceci paradoxalement, à l’heure où il est justement question de décentralisation plus rationnelle et efficiente qui rapprocherait davantage l’Administration des administrés et citoyens. En vue d’une émergence ou croissance accélérée que l’on nous crie sur tous les toits.

Cette somme exorbitante peut en lieu et place créer des pôles administratifs pour abriter certains ministères en fonction de leur spécificité et particularité. Ceci est plus rationnel et moins coûteux que de tenter de restaurer le passé. Dans ce cas d’espèce, on peut bien se demander objectivement, si nos autorités ont réellement le sens de l’ordre prioritaire et des urgences ?

Sinon, comment le président a-t-il pu, objectivement, autoriser 17 milliards de FCFA pour la réfection du Building administratif, face à toutes ces urgences et priorités de l’heure ?

Au-delà de l’inopportunité évidente de la décision de réfection, du coût exorbitant de celle-ci, du non respect des règles d’attribution du marché, etc., mais n’avons-nous pas réellement plus urgent, utile et mieux à faire en direction de nos populations, plutôt que de vouloir concentrer encore les activités du gouvernement dans ce building qui, certes est un symbole, mais, est quand même devenu un objet de musée maintenant.

Comment ne pas s’offusquer et s’inquiéter de cette décision devant les urgences et priorités telles que : la crise de l’Education nationale qui perdue, le chômage croissant et surtout en milieu jeune, l’agriculture qui stagne et se sclérose, l’insécurité galopante, l’émergence et la croissance qui tardent à se matérialiser, la santé publique qui ne couvre pas le pays et souffre d’une modernisation de son plateau technique et j’en passe.

Déjà à (en) mi-mandat, un bilan non exhaustif devrait pouvoir être fait sur vos engagements accomplis et ce qui reste à faire. Il se fait tard monsieur le Président !

Et comme le dit si bien l’adage : « qui trop embrasse mal étreint ». Ainsi, au lieu d’avoir des ambitions démesurées hors de la portée de nos moyens propres, il faut savoir raison garder, en s’attaquant en priorité aux étapes possibles et immédiatement réalisables notamment, celles en faveur des larges couches déshéritées, pour alléger leurs souffrances, plutôt que de vouloir soulever des montagnes avec des moyens dérisoires et rudimentaires. Ou bien, de jeter le peu des maigres ressources dont nous disposons, dans des dépenses de prestige, l’entretien d’un train de vie dispendieux de l’Etat et d’un personnel politique et administratif improductif et budgétivore, ou des projets chimériques pour lesquels, l’échec est d’avance certain.

Quand nous examinons attentivement les actions du gouvernement depuis l’avènement de la 2e alternance, nous nous rendons bien compte parfois, d’une absence de lucidité, de rationalité et de cohérence dans les actions, comme aussi dans le choix des objectifs prioritaires et des urgences du moment, pour notre pays. Et ceci nous rappelle fort bien, les pratiques d’une époque et gestion estampillée informelle du régime précédent. Autrement dit, l’absence de rupture avec les méthodes et pratiques gouvernementales dénuées de bon sens.

Eh bien, apparemment, tout ou presque tout, se fait encore au pied levé. L’absence de plans directeurs crédibles pour la bonne gouvernance et la marche du pays, les conduit au tâtonnement et à l’abandon de projets conçus à la va-vite et entamés dans la précipitation avec beaucoup d’argent, qui y sont engloutis inutilement.

Ce qui nous renvoie à Wade avec ses éléphants blancs et autres projets de folie des grandeurs, ou de ceux de Karim Wade, avec ses nombreux travaux inachevés dans le cadre la préparation de l’OCI, qu’il nous a laissés. Apparemment, on peut affirmer que Macky n’a pas tiré toutes les leçons des déboires de Wade. C’est vraiment dommage !

Mandiaye Gaye

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