Le pouvoir aux trousses de Khalifa Sall à Dakar : La guerre des «Sall» aura lieu

Macky Sall Khalifa NiasseHistoriquement, le maire de la capitale a toujours été un homme politiquement puissant, à qui l’on prête des ambitions présidentielles, analyse un conseiller de Khalifa Sall. En l’occurrence, si l’élu socialiste entretient toujours le flou sur une éventuelle candidature en 2019 (ou en 2017, si l’issue du référendum prévu l’an prochain penche en faveur d’un passage au quinquennat), l’entourage de Macky Sall anticipe manifestement ce scénario.   

Première provocation du pouvoir contre le maire de Dakar 

Un an après la victoire de Khalifa Sall à la mairie de Grand Yoff et à la ville de Dakar, le pouvoir lui a commencé à lui mettre les batons dans les roues. Le  ministre des Finances s’est opposé, à la dernière minute, au lancement par la mairie d’un ambitieux emprunt obligataire (30,5 millions d’euros) qui bénéficiait pourtant de la garantie de l’Usaid et de la Fondation Bill & Melinda Gates. « Le niveau d’endettement de la ville était trop important, c’est pourquoi le gouvernement a posé son veto », justifie un ministre. Mais, pour les collaborateurs de Khalifa Sall, qui rappellent que les autorités avaient rendu successivement deux avis de non-objection avant de se raviser in extremis, ce blocage – qui a donné lieu à la saisine de la Cour suprême – serait avant tout politique.  

Deuxième provocation du pouvoir 

Officiellement, leurs partis, l’Alliance pour la République (APR) et le Parti socialiste (PS), sont alliés. Mais en coulisses, entre le chef de l’État, Macky Sall, et le maire de Dakar, Khalifa Sall, l’ambiance est de plus en plus fraîche. En octobre, le ministre de la Gouvernance locale, Abdoulaye Diouf Sarr, retirait à l’Entente Cadak-Car (organisme intercommunal rassemblant les communautés d’agglomération de Dakar et de Rufisque) la gestion des déchets solides urbains dans la région de Dakar pour la confier à une structure placée sous la tutelle du gouvernement. Selon le ministre, la capitale se trouvait «plongée depuis plusieurs semaines dans une situation d’insalubrité indescriptible». 

Invoquant divers « dysfonctionnements dans le dispositif de collecte des déchets », ainsi que des « conflits répétés » entre les « concessionnaires » chargés du ramassage et l’Entente Cadak-Car, l’État a donc retiré à cette dernière le marché pour lequel il lui versait annuellement 10 milliards de F CFA (plus de 15,24 millions d’euros). La mairie de Dakar a porté le litige devant la Cour suprême. « Nous perdons là une prérogative naturelle pour une collectivité locale, laquelle nous était dévolue par la loi», déplore un proche du maire qui s’est confié à Jeune Afrique.   

Troisième provocation du pouvoir 

La tension reste tendue entre le ministère du cadre de vie et la mairie de Dakar. En effet après le retrait de la gestion des ordures des mains de l’entente cadak-car pour la confier à l’Unité de Coordination et de Gestion des ordures (UCG), le ministère du cadre de vie fait avorter le projet de Khalifa Sall sur la place de l’indépendance ou place Mamadou Dia. 

Rappelons que ce 11 décembre l’édile de la ville de Dakar avait publié sur sa page twitter deux alléchantes photos, tout en précisant que cette image sera celle de la place de l’indépendance d’ici peu de temps. Des photos qu’avaient reprises d’ailleurs pas mal de sites d’information sénégalais. 

Mais face à cette initiative le ministère du cadre de vie a porté une réaction négative. Le directeur dudit ministère Abdoul Aziz Diop affirme que les sites comme la place de l’indépendance, la place de l’Obélisque sont des patrimoines historiques classés donc, il n’appartient à la mairie d’en apporter des changements. Selon toujours M. Diop, les travaux de réfection de ces sites débuteront en fin décembre 2015. Et ce sera l’œuvre du gouvernement et pas celle de la mairie de Dakar.  

 Quatrième provocation du pouvoir ; La police charge Khalifa Sall de gaz lacrymogènes 

Le maire de Dakar, Khalifa Sall, avait sonné la mobilisation ce matin à 10 heures à la Place de l’Indépendance pour protester contre la décision du ministre du renouveau urbain de procéder à des aménagements au niveau de la même Place de l’Indépendance. Alors que plusieurs maires de commune avaient répondu présents à l’appel (Barthélemy Dias, Alioune N’doye etc..), la police a sorti les gros moyens. Les manifestants ont été tout bonnement chassés à coup de gaz lacrymogène. 

Déjà lundi nuit, le maire de Dakar, Khalifa Sall, à la tête d’une équipe d’adjoints et de maires de commune de la ville et de plusieurs jeunes de son camp, a démoli vers 1h 30 du matin, les panneaux en bois que des ouvriers mandatés par le ministère du Renouveau urbain avaient commencé à planter tout autour de la Place de l’Indépendance.   

Khalifa Sall se révolte 

 Très touché par ce qu’il qualifie de forcing par les autorités étatiques, Khalifa Sall précise et donne rendez-vous en ces termes : «Jeudi 04 février 2016, nous invitons tous les élus locaux et toute la population de Dakar à l’hôtel de ville à partir de 15 heures pour instaurer, discuter et surtout prendre les décisions qu’il faut, surtout montrer à ceux qui tente de nous bâillonner que leurs velléités seront veines».   

Les alliés de Khalifa Sall en guerre contre le régime en place 

Le mouvement And Dollel Khalifa compte faire face au régime en place qui use de tous ses moyens pour affaiblir le maire de Dakar, Khalifa Sall. Dans un communiqué, le mouvement « lance un appel à tous pour faire front contre ces différentes entreprises du pouvoir en place », qui est «dans une logique de confiscation des attributs de la ville de Dakar». 

« Aujourd’hui, les mairies sont bloquées, par la faute de ce régime car au-delà du fonctionnement, les aides sociales, qui étaient d’un appui certain pour les populations indigentes lors des fêtes, ne sont pas versées pour la Korité et ne l’ont pas étaient pour la Tabaski. L’administration des municipalités demeure actuellement au point mort, tant du point de vue des finances, que de la gestion des affaires courantes», lit-on dans le communiqué. 

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