Le shutdown devient le plus long de l’histoire des Etats-Unis

JOSHUA TREE NATIONAL PARK, CA - JANUARY 04: The entrance gate to a campground is locked at Joshua Tree National Park on January 4, 2019 in Joshua Tree National Park, California. Campgrounds and some roads have been closed at the park due to safety concerns as the park is drastically understaffed during the partial government shutdown. Mario Tama/Getty Images/AFP == FOR NEWSPAPERS, INTERNET, TELCOS & TELEVISION USE ONLY ==

Cet arrêt partiel du fonctionnement des autorités fédérales, depuis le 22 décembre, dépasse le précédent record de vingt et un jours atteint en 1996 sous la présidence de Bill Clinton.

Le shutdown qui paralyse une partie des administrations fédérales du gouvernement américain est devenu le plus long dans l’histoire des Etats-Unis dans la nuit de vendredi 11 à samedi 12 janvier, en entrant dans son vingt-deuxième jour.

Le record a été battu vendredi soir à minuit (6 heures samedi heure de Paris), dépassant ainsi les vingt et un jours de shutdown pendant l’ère Clinton en 1995-1996.

Aucun compromis n’a pu être trouvé entre le président républicain – qui réclame 5,7 milliards de dollars pour construire son mur antimigrants à la frontière avec le Mexique – et les démocrates, farouchement opposés au projet, jugé « immoral », coûteux et inefficace pour lutter contre l’immigration clandestine. Comprendre : L’histoire contrariée du « mur » de Donald Trump

800 000 fonctionnaires fédéraux sans salaire

« La solution de facilité pour moi est de déclarer une urgence nationale », mais « je ne vais pas le faire si vite parce que c’est au Congrès de le faire », a déclaré vendredi le locataire de la Maison Blanche lors d’une table ronde sur la sécurité aux frontières. « Ce que nous ne cherchons pas à faire pour l’instant est l’urgence nationale », a-t-il aussi affirmé après des jours de spéculation sur le recours à une telle procédure, conférant des pouvoirs exceptionnels au président. Utiliser une telle prérogative aurait, à coup sûr, plongé le pays dans une tempête politico-judiciaire.

Au Congrès, aucun compromis à l’horizon ; et le Sénat a suspendu sa séance vendredi en début d’après-midi. Il ne se réunira pas de nouveau avant lundi.

Les conséquences sont, elles, bien réelles. Pour la première fois vendredi, les 800 000 fonctionnaires fédéraux affectés par le shutdownn’ont pas touché leur salaire. Depuis le 22 décembre, la moitié d’entre eux, jugés « non essentiels », a été placée en congé sans solde, tandis que l’autre moitié a été réquisitionnée. Si la plupart, payés à la quinzaine, avaient reçu leur chèque fin décembre, ils ne toucheront pas leur paie vendredi. Lire aussi Aux Etats-Unis, le shutdown commence à faire sentir ses effets négatifs

La Chambre des représentants a toutefois approuvé à une écrasante majorité vendredi une loi, déjà votée par le Sénat, garantissant aux employés fédéraux qu’ils soient payés rétroactivement une fois le shutdown terminé. Il revient désormais au président de la promulguer. Ce type de mesures est courant aux Etats-Unis lorsque le pays traverse de telles impasses budgétaires. Mais elle ne concerne pas les millions de contractuels également affectés.

Plusieurs ministères essentiels, comme ceux de la sécurité intérieure (Department of Homeland Security, DHS), de la justice ou des transports, sont touchés par le shutdown. « Plus de 200 000 employés du DHS – chargés de protéger notre espace aérien, nos cours d’eau et nos frontières – ne seront pas payés (dans l’immédiat) alors qu’ils travaillent », a dénoncé Bennie Thompson, président démocrate de la commission pour la sécurité intérieure à la Chambre des représentants.

« Urgence nationale »

Jeudi, les principaux syndicats du transport aérien – pilotes de ligne, personnel navigant, contrôleurs aériens – ont dénoncé une situation qui se détériore, évoquant des risques accrus pour la sécurité du pays. Un terminal de l’aéroport international de Miami sera fermé par intermittence, de samedi à lundi, à cause du manque de personnel.

Une manifestation à Washington a par ailleurs rassemblé selon les syndicats plus de 2 000 employés du gouvernement, qui ont exprimé leur inquiétude sur la dégradation de leurs conditions de vie. De nombreuses initiatives privées ou publiques, comme des repas gratuits ou des foires à l’emploi pour les fonctionnaires au chômage technique, sont organisées dans tout le pays.

Pour sortir de l’impasse au Congrès, Donald Trump agitait depuis quelques jours la menace d’une procédure d’urgence nationale avant, vendredi, de sembler faire marche arrière. Selon plusieurs médias américains, la Maison Blanche envisagerait de rediriger des fonds d’aide d’urgence pour différents territoires ravagés par des catastrophes naturelles, comme Porto Rico, pour financer la construction d’une barrière à la frontière.

Une paralysie prolongée du gouvernement fédéral aurait « un effet notable » sur la première économie du monde, a par ailleurs mis en garde le patron de la Banque centrale américaine, Jerome Powell. Etats-Unis : notre sélection d’articles pour tout comprendre au « shutdown »

Depuis la nuit du vendredi 11 au samedi 12 janvier, le « shutdown », qui paralyse une partie des administrations fédérales du gouvernement américain, est entré dans son 22e jour, devenant le plus long de l’histoire des Etats-Unis.

De quoi parle-t-on exactement ? Cinq questions sur le « shutdown »

Trump et « son » mur, une histoire contrariée. Mensongers ou détournés : ses arguments pour la construction d’un mur entre les Etats-Unis et le Mexique. Mais au fait, à quoi ressemble actuellement la frontière entre les Etats-Unis et les Mexique ?

Et concrètement, que se passe-t-il pour les plus de 800 000 agents de l’Etat affectés ? Reportage en Virginie-Occidentale : « Les gens ne peuvent pas tenir longtemps sans argent » et paroles de fonctionnaires et de contractuels.

Enfin, politiquement, le « shutdown » est la première épreuve de la nouvelle majorité démocrate à la Chambre des représentants face à Trump.

lemonde.fr

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*