Le véhicule des matons en panne sur la corniche, hier : Les détenus privés de procès

voiture-matonsLes audiences du Tribunal des flagrants délits n’ont pas eu lieu, hier. En cause, l’unique véhicule, qui assure le transfèrement des détenus pour les besoins des audiences, est tombé en panne. Obligeant du coup les juges à «renvoyer d’office» les affaires inscrites au rôle.

Le manque de véhicules au niveau de l’Administration pénitentiaire a maintenant des conséquences très concrètes sur la tenue des audiences du Tribunal au Palais de justice de Dakar. Chaque fois qu’une telle situation se présente, une solution est difficilement trouvée. Le manque cruel de véhicules de liaison contraint les matons, souvent désarmés, à se débrouiller avec les moyens du bord.

Hier encore, le problème s’est posé, obligeant les juges à «renvoyer d’office» les différentes affaires inscrites au rôle des deux compositions du Tribunal des flagrants délits. Des détenus relevant des juridictions des flagrants délits ne pouvaient pas rejoindre le Tribunal suite à la panne de l’unique véhicule servant à leur transport sur la corniche Ouest, alors que celui-ci transportait les détenues de la Maison d’arrêt pour femmes de Liberté 6. «Le système de refroidissement du véhicule a été perturbé par la section de la courroie d’alternateur», confie un maton.

Du côté de la Maison d’arrêt de Reubeuss, on rejette la balle sur l’Etat à qui il appartient, selon des gardes pénitentiaires, de les pourvoir en voitures pour éviter que pareille situation ne se reproduise. L’on apprend aussi que le convoi des détenus au Palais de justice de Dakar se fait par un seul minicar, qui tourne presque 24 heures sur 24. «La plupart du temps, pour aller aux audiences du tribunal, la Direction de l’Admi­nistration pénitentiaire est obligée de faire recours à la police», renseigne notre interlocuteur.

La situation est même qualifiée de «critique» par les matons. Il est de plus en plus difficile d’obtenir des voitures pour transporter les détenus. «Les problèmes de voitures, j’en ai toujours connu. Peut-être aujourd’hui, cela se ressent davantage», admet un garde pénitentiaire. Ce dernier indique que le nombre de véhicules affectés à l’Administration pénitentiaire est insuffisant.

Saliou Ndiaye, chargé de communication de l’administration pénitentiaire : «Il faut reconnaître qu’il y a un sérieux problème de logistique»

Les matons sont contraints de transporter les prévenus, alors que les moyens leur font parfois défaut. C’est du moins l’avis du chargé de communication de l’administration pénitentiaire. Joint au téléphone hier, Saliou Ndiaye indique : «L’Administration pénitentiaire connaît des difficultés en matière de logistique.»

Cette situation n’est plus tenable, selon M. Ndiaye, qui révèle que l’Administration pénitentiaire est obligée, la plupart du temps, de «faire recours à d’autres services publics», afin de remédier à l’insuffisance de moyens matériels à laquelle elle fait face. «Ce n’est pas la première fois qu’on assiste à un manque de véhicules pour l’Administration pénitentiaire. Il faut reconnaître qu’il y a un sérieux problème de logistique.

Mais, l’administration pénitentiaire travail en osmose avec les autres services publics», avoue le chargé de communication de l’Administration pénitentiaire. Saliou Ndiaye informe qu’«une prévision budgétaire, évaluée à hauteur de 150 à 200 millions, a été déjà votée à l’Assemblée nationale». Ce budget vise à booster le parc automobile de l’Administration pénitentiaire.

cbdiagne@lequotidien.sn

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