Lebron James : «C'est un sentiment incroyable !»

LeBron JamesLeBron James est devenu champion NBA et MVP des Finales pour la deuxième année consécutive la nuit dernière, face aux Spurs de Tony Parker (95-88). Le «King» raconte ce moment historique, pour lui-même, son équipe, voire même la NBA.

LeBron, quel saveur a ce titre comparé à celui de l’an dernier ? 
LeBron James : C’est un sentiment génial. Cette équipe est incroyable. La vision que j’avais en venant ici est devenue réalité. À travers l’adversité, à travers tout ce que l’on a vécu, on a persévéré et on a gagné deux années de suite. C’est un sentiment incroyable ! Je suis tellement heureux de faire partie d’un club de premier ordre comme celui-ci…

Vous avez eu une superbe réussite à trois-points lors du Game 7 (5/10). Vous sembliez impossible à arrêter…
Oui, je le suis (rires) ! Mais c’est vous qui l’avez dit ! J’ai vu des vidéos de mes matches précédents, et mon esprit a commencé à se mettre en marche. Je me suis dit : «Ok, c’est comme cela qu’ils vont me jouer sur toute la série». Puis je me suis souvenu que j’étais l’un des meilleurs shooteurs à mi-distance de toute la NBA en saison régulière. C’était ma meilleure année à trois points aussi. Je me suis dit qu’il ne fallait pas abandonner tout ce que j’avais fait avant. «Ne force pas, relaxe-toi, prends ce qu’ils te donnent», me suis-je dit. Ça ne s’est pas toujours déroulé comme je l’aurai voulu, mais j’ai trouvé un rythme. Je me suis convaincu d’être fidèle à tout ce que j’avais travaillé depuis l’été dernier. Et ça a payé.

Trois finales d’affilée, deux titres consécutifs… Avez-vous le sentiment de n’être qu’au début de ce que cette équipe peut accomplir ?
Je l’espère ! Je l’espère vraiment. Tout se joue là-dessus. Je suis venu pour gagner plusieurs titres d’affilée. Mais je ne veux pas trop penser à l’an prochain. Déjà, deux en trois ans, c’est le summum ! Il faut déjà prendre complètement la mesure de celui-ci. C’est un moment incroyable pour notre équipe.

Cela fait dix ans que vous êtes en NBA. Avez-vous changé en tant que joueur ?
Je l’ai dit avant la série : je suis un meilleur joueur que la dernière fois que j’ai joué les Spurs en Finales (Ndlr : défaite en quatre manches avec les Cavs). Cela n’a pas semblé être le cas sur les deux premiers matches, mais je suis resté dedans. Malgré l’adversité, j’ai cru au travail que j’avais accompli. Je ne voulais pas laisser tomber mes coéquipiers. J’ai réussi à m’en sortir pour eux. Vous savez à quel point cela compte pour moi. Et le réaliser au plus grand moment, sur la plus grande scène, cela compte plus que tout.

Vous avez défendu directement sur Tony Parker les deux derniers matches, avec succès. Quelle a été votre recette ?
Juste garder la pression en défense, essayer d’avoir toujours quelqu’un au corps-à-corps sur lui, et être sûr que l’on se replie en défense surtout. Si vous regardez bien, Tony Parker est toujours dans le Top 5 ou Top 10 10 de la NBA sur les points dans la raquette depuis dix ans. Cela vient surtout des contre-attaques. Donc, notre règle numéro un avec lui, c’était d’avoir toujours au moins trois joueurs qui se repliaient en défense. Le défenseur direct, un intérieur, et un autre pour surveiller. Parce que si vous le prenez en un-contre-un, il va vous le faire payer. Et puis il y a tout plein d’autres petits détails…

On dit toujours que le premier titre est le plus dur à remporter, mais lors de ces Finales, il a fallu attendre les toutes dernières minutes pour connaître la décision…
L’an dernier, j’ai dit que c’était la chose la plus dure que j’ai jamais accomplie. Cette année, je dirais que j’avais complètement tort (sourire). Tout ce que l’on a traversé, surtout ces Finales… On était toujours mené, un match sur deux. On s’est raccroché à une branche au match 6 : être menés de 5 points avec 28 secondes à jouer ! Mais l’avoir remporté et gagner ce match 7 ensuite, c’est une vraie preuve de notre persévérance.

Quel fut votre sentiment en voyant l’agressivité de Dwyane Wade lors du Game 7, lui qui a joué blessé pendant tous les play-offs ?
C’est clair, il a été énorme ! Il s’y est mis de suite et il est resté en mode attaque toute la soirée. Quand il a essayé de dunker sur Tim Duncan, même s’il n’y est pas parvenu, cela a été le signe que c’était le «D-Wade» que l’on veut voir. Que dire de plus ? Il a été champion trois fois, a gagné le titre de meilleur joueur des Finales (Ndlr : en 2006). C’est l’un des meilleurs joueurs que la NBA ait jamais vu.

Après avoir tout gagné en deux ans (MVP de la saison régulière, champion, MVP des Finales, champion olympique), qu’elle est la suite pour vous ?
Eh bien, j’ai encore quelques objectifs. Je veux continuer d’inspirer les jeunes qui veulent faire ce sport, ou être meilleurs à tout ce qu’ils veulent entreprendre. J’adore les enfants. J’espère en avoir inspirés beaucoup ce soir (jeudi), avoir inspiré des millions de jeunes à se dire que, quelles que soient les difficultés qu’ils ont traversé, ils peuvent toujours s’en sortir. Ensuite, je veux continuer à être un leader pour mes coéquipiers. Enfin, si je ne suis pas le meilleur, je voudrais être l’un des meilleurs joueurs à avoir jamais fait ce sport. Je vais continuer à travailler pour cela, mettre ce maillot et être aussi bon que possible chaque soir.

Propos recueillis par Antoine Bancharel, envoyé spécial à Miami.

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