Leonard Nimoy, l’acteur qui a joué Monsieur Spock est mort: Un Vulcain s’éteint

Leonard Nimoy
Leonard Nimoy

startrek-spockIl avait déjà fait pleurer les fans de « Star Trek » lorsque le personnage qui l’a rendu célèbre, Spock, s’était sacrifié pour sauver le vaisseau Enterprise. Leonard Nimoy est décédé vendredi 27 février, à l’âge de 83 ans, a annoncé sa femme au New York Times. Il avait été hospitalisé en début de semaine pour des douleurs à la poitrine. Marié pendant trente-trois ans à l’actrice Sandra Zober, dont il a divorcé en 1987, il avait épousée le Jour de l’an 1989 Susan Bay, cousine du réalisateur de films d’action Michael Bay.

Né le 26 mars 1931 à Boston, Leonard Nimoy est le fils d’un couple de juifs orthodoxes ukrainiens. Encouragé par son grand-père, il fait ses premiers pas d’acteur à 8 ans, et, neuf ans plus tard, décroche un rôle dans une production amateur. Il entre à l’université de Boston, mais ne termine pas son cursus de théâtre. Passé professionnnel, il accumule une cinquantaine d’apparitions dans des films de séries B, dont Perry MasonBonanza ou Two Faces West.

Sur l’un de ces tournages, il rencontre en 1954 William Shatner, alias capitaine Kirk dans « Star Trek ». Les deux hommes rejoignent, en 1966, le casting de cette petite série produite par un studio en déclin, Desilu (bientôt Paramount), dont les trois premières saisons sont diffusés de 1966 à 1969. Nimoy y campe Spock, un métisse mi-homme mi-Vulcain, une race caractérisée par sa logique et son premier degré excessif. Ses racines humaines, plus émotives, ressurgissent parfois et font tout le sel de ce personnage extraterrestre, torturé et souvent involontairement drôle.

Les amateurs de « Star Trek » connaissant ses caractéristiques par le menu : sa capacité à endormir n’importe qui d’une simple pression sur l’épaule ; ses oreilles pointues ; et le fameux signe vulcain, un douloureux « V » de la main qui s’ouvre entre le majeur et l’annulaire. Un signe emblématique, inspiré, selon l’acteur, d’un signe de prière juive orthodoxe. Le geste vulcain s’accompagne de la maxime « longue vie et prospérité », qu’il s’est appropriée, signant chacun de ses tweets avec.

Une relation complexe avec son double

La figure de Spock hantera Nimoy tout au long de sa vie, dans ses nombreuses adaptations et déclinaisons : une série animée, une succession de films dérivés de la série dans les années 1980… En parallèle, à la télévision, au cinéma ou au théâtre, Nimoy poursuit une carrière foisonnante. Sur le petit écran, après « Les Incorruptibles », il apparaît dans « Le Virginien », « Mission impossible » ou « Columbo » ; sur le grand, il côtoie Yul Brynner dans Catlow (1971), de Sam Wanamaker, ou Donald Sutherland dans L’Invasion des profanateurs (1978), de Philip Kaufman ; sur les planches, à partir des années 1980, il joue dans la version théâtrale de Vol au-dessus d’un nid de coucouCaligulaSherlock Holmes ou My Fair Lady.

Touche-à-tout, il s’essaie à la photographie, à la chanson, et publie deux autobiographies aux titres curieux : Je ne suis pas Spock (1975), puis Je suis Spock (1995). Signes d’une relation compliquée avec son « double » cinématographique, et avec les hordes de fans de la série, qui se baptisent « trekkers » ou « trekkies ». Initialement hésitant à incarner Spock, cultivant une fixation sur ses fameuses oreilles, Nimoy est toujours resté le visage de l’extraterrestre. Malgré un salaire moindre, l’acteur vole progressivement la vedette à William Shatner, dont le personnage de Capitaine Kirk devient secondaire, au profit de Spock.

Au milieu des années 1970, quelques années après sa fin, la popularité de la série décolle, au point de s’inscrire durablement dans la culture populaire. Des « conventions » dédiées à « Star Trek » voient le jour à Chicago, Los Angeles, New York, etc., et accueillent des dizaines de milliers de fans. Leonard Nimoy lutte alors pour oublier son alter ego à oreilles pointues : « Je suis passé par une crise d’identité, écrira-t-il. Embrasser Monsieur Spock ou subir la colère du public ?

Je n’avais pas le choix. Spock et “Star Trek” étaient vivants, je n’y pouvais rien. » Dans Je suis Spock, il déroule des dialogues imaginaires et quelque peu schizophréniques avec son personnage-titre : « Spock, savez-vous à quel point nous sommes chanceux de nous avoir ? – Je ne crois pas en la chance, je pense que chaque événement est statistique… – Nous sommes tous deux très chanceux, Spock. Chanceux d’avoir vécu cette vie. – Oui, je suppose que oui… »

Après de longues négociations, il accepte de rejouer son personnage dans les nombreux films adaptés de la série, à partir de Star Trek, le film, de Robert Wise (1979). Il collabore à leur écriture, à leur production, et même à la réalisation de deux d’entre eux, utilisant sa popularité comme un outil de négociation.

En 2009, il passe le relais à Zachary Quinto, qui incarne sa version « jeune » dans les deux films réalisés par J.J. Abrams, Star Trek (2009) et Star Trek : Into Darkness (2013). Nimoy continue à jouer, et réalise notamment des doublages pour des dessins animés Disney ou des jeux vidéo de niche, jusqu’à ce que sa santé se détériore. En 2014, il est diagnostiqué d’une obstruction chronique des poumons : « J’ai arrêté de fumer il y a trente ans, tweete-t-il. Pas assez tôt… »

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