Les Brics finalisent leur propre «FMI»

BRICS-focus-sur-l-Afrique-du-Sud-et-le-BresilLe septième sommet des Brics s’est ouvert hier, mercredi, en Russie
Des accords sur le soutien mutuel et la création d’un pool de réserves monétaires

Les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) avancent dans la création d’une structure qui ferait pendant à la Banque mondiale et au FMI. A l’occasion de la septième édition de leur sommet à Oufa, capitale du Bachkortostan, en Russie, la nouvelle banque de développement lancée par les Brics sera opérationnelle d’ici la fin de l’année. Datant d’au moins deux ans, le projet dotera le Club des pays émergents de leur propre banque pour financer des grands travaux d’infrastructures. L’idée est bien entendu de se passer du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.
Il s’agira d’une des plus grandes institutions financières au monde, au capital de 100 milliards de dollars. La Chine participera à hauteur de 41 milliards de dollars, la Russie, l’Inde et le Brésil apporteront 18 milliards de dollars, et l’Afrique du Sud y misera, quant à elle,  5 milliards.
Ainsi, la Russie se garantirait une main forte, et en dollars, si jamais les sanctions internationales  à son encontre venaient à s’aggraver. D’ailleurs, au-delà de la banque elle-même, les Brics ont également signé un accord sur le soutien mutuel des pays membres de l’alliance. Ils ont également créé un pool de réserves monétaires et ont indiqué les conditions de son fonctionnement en cas de crise.

«Contre G7»

Il s’agit là d’un premier objectif réalisé pour la Russie qui aspirait à renforcer le Club des Brics et à lui donner un rayonnement, surtout depuis que Moscou a été exclue du G8. Le Kremlin profite en effet des Brics pour montrer qu’il n’est pas si isolé que le prétend Washington. Il se permet même de le présenter comme une sorte de «contre G7». Toutefois, le Brésil, l’Inde ou l’Afrique du Sud ne s’opposent pas aux pays occidentaux, encore moins à Washington. La Chine, quant à elle, défend surtout ses propres intérêts économiques.
N’empêche, ce groupe qui représente 40% de la population mondiale et un cinquième du PIB de la planète, prévoit tout de même d’évoquer l’assainissement de l’économie mondiale, la crise en Syrie et en Irak, la situation autour de l’Iran, et le règlement des conflits au Proche-Orient, mais aussi du cas de la Grèce.
La question d’une éventuelle aide à la Grèce par les pays Brics n’était pas envisagée. La Russie explore des pistes pour le faire. Mais la fragilité de son économie à cause des sanctions, chute du prix du pétrole, l’en dissuade. La crise grecque a beaucoup d’impact sur la Russie: les marchés, paniqués face à un éventuel Grexit, ont fait chuter le rouble à l’approche du référendum grec. Par contre, les menaces qui pèsent sur l’Afghanistan seront en effet discutées. En plus des visées économiques qu’elle a sur ce pays, la Chine redoute en particulier des infiltrations jihadistes au Xinjiang, sa région à dominante musulmane qui partage une courte frontière avec l’Afghanistan.
Une partie des discussions se passeront également dans le cadre de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS, qui regroupe la Chine, la Russie et les ex-républiques soviétiques d’Asie centrale) qui tient dans la foulée aujourd’hui, jeudi 9 juillet, son sommet.
M. L.
 Source : L’Economiste 

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