Les Noirs du Mexique, harcelés, ignorés, et effacés des livres d’histoire forcent l’Etat à réagir

Abnégation, invisibilité, les noirs, fils d’esclaves au Mexique, n’existent pas, leur présence est effacée des livres d’histoire à tel point, rapporte Guy Everard Mbarga (Le Nouvel Afrik.com), que des mexicains ne savent pas que les noirs existent. Face aux mobilisations des associations et d’activistes noirs mexicains, une loi votée en mars dernier, est en passe de changer cette situation discriminatoire.

Au Mexique, pays situé entre l’Amérique centrale et les Etats-Unis, les d’ascendants d’esclaves, sont confrontés à la pauvreté, à la discrimination et ont peu accès au système éducatif. Dans ce pays qui se dit un Etat métissé (mélange autochtones et européens), où les noirs représentent 9% de la population, les afrodescendants subissent régulièrement et depuis de longues années des actes racistes.

Depuis des siècles, le Mexique a délibérément, tourné le dos aux Noirs, les privant de visibilité.

Rares sont ceux qui résident dans les grandes villes. Les mexicanos negros travaillent principalement dans la pêche, l’agriculture ou la construction. La majorité de ces descendants originaires d’Afrique sont marginalisés et exclus, très foncés de peau, ils vivent majoritairement dans des zones rurales, dans des bidonvilles,loin du centre-ville et dans une extrème pauvreté.

Aujourd’hui les activistes Noirs mexicains revendiquent leur ethnicité africaine et leur héritage mexicain. Ils se mobilisent et dénoncent toutes les discriminations dont est victime cette communauté débarquée sur les côtes mexicaines entre 1521 et 1640.

En mars 2019, le Sénat mexicain a promulgué une loi, chargé de garantir les droits des peuples autochtones y compris les 1,4 million d’afro-mexicains qui vivent au Mexique.

Cette loi préconise la création d’un Institut national des peuples autochtones, « l’Instituto Nacional de los Pueblos Indígenas », qui reconnaît le droit des groupes autochtones à l’autodétermination et à l’autonomie. Parmi les différents objectifs confiés à cet institut, l’un des plus importants sera le renforcement de leurs cultures et de leurs identités, plutôt que de se concentrer uniquement sur l’inégalité et l’exclusion sociale.

Révolutionnaires mexicains

Au 16ème siècle, le Mexique est devenu un Etat esclavagiste comptant une population d’environ 200 000 esclaves importés principalement d’Afrique de l’Ouest. Les Noirs étaient généralement utilisés par les Espagnols comme contremaîtres, supervisant les populations indigènes. Une grande partie de la population d’esclaves (principalement masculine)épousa des femmes autochtones. En raison des nombreux descendants métis, les Mexicains noirs ont pratiquement été oubliés pendant des siècles, car « leurs lignées de sang se sont mélangées à d’autres communautés autochtones et à des peuples métis du Mexique ».

Gaspar Yanga, noir marron dans les montagnes de VeraCruz (1609)

Suite à des siècles de mariage interracial, de nombreux termes sont utilisés par les  afromestizos (métis) pour se définir : Le nègre(noir), le moreno (foncé), l’afrodescendientel’afromexicano ou même le blaxican. Il est à noter que la majorité des mexicains noirs non métis sont généralement des immigrés originaires des Caraïbes ou d’Afrique.

Au Mexique, le principal héritage africain concerne la musique et la danse, du style de musique jarocho de Veracruz (dont La Bamba ) à la Danza de los Diablos de la Costa Chica et d’instruments comme la guijada(percussion à base de mâchoire d’âne) et bote(tambour à friction).

Pour les activistes afro-mexicains, cet héritage culturel et historique préservé, doit être reconnu mondialement et intégré officiellement dans l’histoire commune des populations du Mexique

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*