Les vraies raisons du séjour du roi Mohamed VI au Sénégal

Roi du Maroc Mohamed 6 et Macky SallNous en savons davantage sur ce séjour du roi du Maroc au “pays de la Teranga”, lequel entame un périple africain (à commencer par le Sénégal). En effet, nous tenons de bonnes sources, notamment diplomatiques, que l’impératif de cette visite obéit aux nouvelles orientations de la politique étrangère du Royaume Chérifien .

Qui, selon nos informateurs, ont donné une impulsion nouvelle et forte à la coopération bilatérale. Il s’agira pour le Roi comme pour le Président Macky Sall de mettre l’accent sur des activités à même de booster, de donner des résultats les plus tangibles et les plus durables, “notamment de l’action du Maroc envers son premier partenaire économique Africain que représente le Sénégal”. 

L’on se rappelle de cette déclaration du ministre Marocain du Commerce , de l’Industrie et des Nouvelles Technologies, Abdel Kader Amara. Lequel, soutenait que les échanges commerciaux sont faibles et sont loin d’atteindre les potentialités avant de déclarer: “Nous devons faire de l’intégration régionale une priorité pour le développement de l’Afrique” .

Ce sentiment exprimé par le ministre marocain lors du lancement des premières assises de la coopération maroco-sénégalaise, en marge de la 21ème Foire internationale de Dakar (FIDAK), est largement partagé par les autorités sénégalaises qui misent sur l’expertise marocaine pour l’exploration de nouvelles opportunités d’affaires. 

L’objectif visé par les deux pays est de faire du Sénégal, pays réputé pour sa stabilité politique, un hub de développement de la zone UEMOA et de l’espace CEDEAO, ce qui suppose, fait-on remarquer, une nouvelle stratégie dont le soubassement est le “partenariat gagnant-gagnant”. 

“Il est nécessaire de rompre avec l’idée reçue d’un Maroc exportateur et conquérant pour le présenter davantage en partenaire stratégique pour le développement des économies africaines” disait le même ministre Marocain. 
C’est dans cette logique donc qu’un nouveau protocole d’accord de coopération a été signé entre Maroc Export et l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (ASEPEX). 

Les deux pays ont signé en 1964 une convention d’établissement garantissant le traitement national aux entreprises marocaines installées au Sénégal et vice-versa. 

Vous avez dit soixantaine d’accords?

Le Sénégal regorge d’opportunités pour les hommes d’affaires marocains qui sont prêts à les saisir, notamment dans les domaines de l’agriculture, du tourisme, des BTP, du génie civil, ou encore des Ntics. 

Les hommes d’affaires du royaume chérifien sont déjà bien présents dans les secteurs de la banque avec Attijariwafa, l’électrification rurale avec ONE (Office National d’Electricité), l’industrie pharmaceutique, le secteur des assurances (avec deux sociétés marocaines actives au Sénégal); sans compter l’informel avec l’artisanat et les agrumes où les Marocains ont fait leur preuve. 

Il nous revient que pas moins d’une soixantaine d’accords ont été paraphés entre les deux pays. Aussi, ce séjour du roi (la énième du genre) sera une opportunité de “faire une revue des partenariats” car, pour ceux qui l’ignorent les deux pays ont signé des accords dits de protection des investissements. 
Mais au-delà de cette coopération économique, les deux pays entretiennent des relations solides dans les domaines militaires, de l’éducation ou encore de la météorologie où l’expérience marocaine en pluies provoquées est bien appréciée.

Sur le plan militaire, le Maroc accueille, depuis les premières années de l’indépendance, des officiers de l’armée sénégalaise qui sont notamment formés en soutien logistique et dans le domaine de la santé. 

Cette coopération n’a pas connu d’interruption depuis 1969, année d’admission de la première promotion d’élèves officiers sénégalais à l’Académie Royale militaire de Mecknès. 

La première visite officielle du Roi Mohammed VI au Sénégal, en 2001, a donné une forte impulsion à la coopération entre les deux pays dans des domaines comme l’agriculture, l’énergie, la pêche, l’éducation, la formation, la santé, la gestion de l’eau, l’irrigation, les télécommunications, l’aménagement urbain, le transport aérien et les infrastructures de base. 

Dans le domaine de la fourniture de l’énergie, un secteur où le Sénégal peine à trouver une indépendance, un partenariat entre l’ONE et l’ASER (Agence sénégalaise d’électrification rurale) permet d’améliorer la distribution de l’électricité à Saint-Louis. 

Le Maroc apporte aussi son savoir faire au Sénégal en matière de pluies provoquées, pour booster l’agriculture, un des piliers sur lesquels le Président Macky Sall veut s’appuyer pour développer le pays et créer notamment des milliers d’emplois pour les jeunes. 

Le volet éducation semble avoir le plus de visibilité dans la coopération entre les deux pays avec la présence de plusieurs centaines d’étudiants dans les universités sénégalaises et marocaines. 

Ainsi, le Maroc réserve au Sénégal un quota de 558 étudiants, tous boursiers du royaume chérifien. La religion occupe une place très forte dans les relations entre le Sénégal et le Maroc liés par la Tijania dont le symbole vivant au Sénégal est la construction, en 1964, de la Grande Mosquée Hassan II de Dakar, restaurée en 2002.

http://www.dakarposte.com

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