L’Etat invité à respecter les lois mémorielles sénégalaises

Karfa Sira Diallo
Karfa Sira Diallo
Karfa Sira Diallo

Le fondateur du Mémorial de la Traite des Noirs, Karfa Sira Diallo, invite le gouvernement sénégalais au respect des lois du 23 août (Journée du tirailleur) et du 27 avril (commémoration de la Traite des Noirs et de l’esclavage), exhortant à une transmission de la mémoire aux générations futures.

‘‘Depuis deux ans, nous interpellons les autorités au respect de ces lois. Sur la question de la culture et de la mémoire, on risque une sorte de régression”,a -t-il averti lors d’une conférence de presse à Dakar.
Poursuivant son propos, il a déclaré : ”Nous soutenons les ambitions et les projets de développement du gouvernement qui a certes des urgences sociales et économiques, mais le président Macky Sall doit nous dire qu’elle est sa politique mémorielle’’.
La loi du 23 août, votée en 2004 lors du soixantième anniversaire du massacre de Thiaroye, célèbre la journée du Tirailleur.
Celle du 27 avril, votée en 2010 dans le sillage de la construction du monument de la Renaissance, désigne la date du 27 avril comme jour de commémoration de la traite des Noirs et de l’esclavage en référence au 27 avril 1848, date d’abolition définitive de l’esclavage par la France.
‘‘Depuis que Macky Sall est au pouvoir, la Journée du 23 août n’est plus célébrée, pourtant 40 000 tirailleurs ont participé à la première guerre mondiale aux côtés de la France’’, regrette M. Diallo.
Et d’ajouter : ‘‘Ce n’est pas à François Hollande d’aller honorer la mémoire des Sénégalais à Thiaroye. Les autorités auraient dû le faire avant.’’
Selon le fondateur du Mémorial de la Traite des Noirs, qui existe depuis 2006, ‘‘ la mémoire est essentielle’’.
‘‘Nous sommes dans une optique de citoyenneté et d’engagement. Nous voulons rappeler à l’Etat sénégalais ses obligations. Il est important que le Sénégal soit à la hauteur de son image, dynamique dans le panafricanisme et la défense du monde noir’’, indique-t-il.
Il estime que ‘’l’Afrique a une gestion surtout touristique de sa mémoire et non citoyenne comme cela devrait avant tout l’être’’.
‘‘Il y a une jeunesse qui a besoin de savoir comment le monde a été construit et où est-ce qu’elle en est. Cette mémoire mérite plus qu’une exploitation commerciale et touristique. Nous pensons qu’il est temps d’affirmer notre contribution à la mondialisation, ce qui passe par un réveil citoyen’’, affirme M. Diallo.
Pour lui, ‘‘il faut donc travailler pour une transmission de la mémoire, donner les moyens aux générations futures de comprendre le monde”.
”Il faut vraiment entrer dans la commémoration, on a besoin de symboles forts’’, a-t-il ajouté.
‘‘Il est donc nécessaire, poursuit-il, que chaque municipalité célèbre ces deux dates (23 août et 27 avril) chaque année. Au niveau de l’éducation, il faut inscrire davantage cette question dans les manuels et donc dans les programmes scolaires. Il faut également encourager la recherche sur le sujet, créer un centre de recherche sur le sujet et aller vers une citoyenneté plus engagée’’.

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