L’ex-chef d’Etat tchadien a passé la nuit en prison L’étau se resserre autour de Habré.

Comme nous vous l’annoncions hier, l’ex-président du Tchad a été inculpé par le juge d’instruction des chambres africaines extraordinaires pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et tortures. Résultat des courses, Hissène Habré a passé sa première nuit en prison. Mais, pour des raisons de santé, il a été interné au Pavillon spécial pour les détenus de l’Hôpital Aristide Le Dantec. Désormais, le délai de 15 mois imparti aux juges pour l’instruction commence à courir. HABRE

Habré arrêté puis jeté en prison. Qui l’aurait cru ? C’est certainement une étape qui marque le début de la fin de cet interminable feuilleton politico-judiciaire auquel étaient soumises les victimes. Son transfert à la prison de Reubeuss s’est effectué un peu très tard dans l’après-midi. Habillé de son éternel boubou blanc, son chéchia blanc suspendu au-dessus de sa tête, Habré, la mine grise, sortira souriant du bureau du juge d’instruction.

Il se dirige directement vers une 4X4 de couleur grise, sous une forte escorte d’éléments de la Bip, en faisant signe de la victoire de ses deux mains, sous les applaudissements de ses parents et amis venus le soutenir, dans ces moments difficiles. Hissène Habré a été «inculpé de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et tortures et a été placé sous mandat de dépôt», nous confie un responsable du tribunal spécial, une information attestée par des avocats de M. Habré.

Un de ses avocats, Me El Hadji Diouf, cite le terme de génocide parmi les chefs d’inculpation retenus contre M. Habré. Il sera incarcéré dans une prison à Dakar, à partir d’aujourd’hui (Ndlr hier)», selon Me François Serres, un autre de ses avocats, qui n’a pas donné de précision sur le lieu de la détention.

Lors de sa conférence de presse d’hier, Mbacké Fall avait annoncé la couleur, en soutenant qu’il allait requérir le mandat de dépôt. «Nous, parquet, travaillons sur la base de réquisitions qui sont les demandes que le procureur fait auprès du juge d’instruction qui est libre de prendre une ordonnance contraire, s’il n’est pas d’accord avec le parquet», avait-il déclaré. Il disait que l’arrestation de l’ancien président tchadien s’imposait car sa mise en détention est, non seulement, liée à des risques de troubles graves à l’ordre public national et international, mais elle se justifie aussi pour des raisons en rapport avec sa sécurité et une bonne sérénité de la procédure.

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