LIBRE PROPOS: Giresse ne rassure vraiment pas!

Alain Giresse sélectionneur de l’équipe nationale de football du Sénégal
Alain Giresse sélectionneur de l’équipe nationale de football du Sénégal
Alain Giresse sélectionneur de l’équipe nationale de football du Sénégal

La nomination de Alain Giresse comme sélectionneur de l’équipe nationale de football du Sénégal, le 11 janvier dernier, avait suscité beaucoup d’espoir. En plus d’avoir été un très grand joueur de football, l’ancien meneur de jeu des Bleus répondait au profil tant convoité par le Sénégal. Il a dirigé le Gabon avant de propulser le Mali à la 3ème place de la coupe d’Afrique des nations 2012.

Pour beaucoup d’observateurs, Giresse était l’homme de la situation. Mais, après neuf mois d’exercice, il peine, pour l’heure, à répondre aux attentes.

Aussi bien ses choix tactiques que ses sorties médiatiques donnent du tournis au Sénégal de football qui dispose en abondance de joueurs pétris de talent. Seulement le chef d’orchestre, qui était censé mettre la machine en branle en étonne plus d’un.

D’abord, dans le choix des villes hôtes devant accueillir à «domicile» les «Lions» condamnés à l’errance depuis la suspension du stade Léopold Sédar Senghor par la CAF. Alain Giresse fait preuve d’une incohérence caractérisée.
Exit la Gambie parce que, selon lui, l’International Stadium de Bakau est un «véritable champ de patates», alors qu’en réalité la pelouse gambienne est du même acabit que celle de Dakar. Pour y livrer des matches, il faut toujours régénérer l’aire de jeu. Un point, c’est tout !

Pendant ce temps, il signe, les yeux fermés, pour le stade du 28 septembre de la Guinée. Là, une simple photo dudit stade prise par le directeur technique national avec son cellulaire, lui a suffi pour envoyer les «Lions» dans l’enfer caniculaire de Conakry. Le résultat est connu. Après juste 15 minutes de jeu, les joueurs se montrent lessivés et émoussés face à une sélection angolaise amputée de plusieurs cadres.

Voilà que Giresse décide de quitter l’Afrique de l’Ouest, direction le Maghreb. Il tombe sous le charme de la ville ocre. Marrakech, c’est presque l’Europe et ses joueurs évoluent en Europe et roulent bien les «R». Le tour est joué. Seulement, l’excellente pelouse du Grand Stade n’aidera en rien. Le Sénégal rend une piètre copie. Une prestation laborieuse devant un Giresse incapable de trouver la bonne formule, même en supériorité numérique depuis la 37ème minute de jeu.

En conférence de presse, il maintient pourtant son choix avant de s’empresser de préciser : «ce n’est pas moi qui décide». Quelques jours plutôt, il ajoute un autre pays dans sa liste : le Mali. Diantre ! C’est ignorer royalement l’histoire et la sociologie des deux pays pour avancer de tels propos. Pourtant, si la finale de la CAN 2002 est assez lointaine, celle de l’Afrobasket féminin 2011 est encore fraiche. Sans occulter l’affaire Ramata Daou !

Dernier paradoxe, c’est le regroupement annoncé à Paris pour aller jouer un match ô combien important face à la Côte d’Ivoire. Pour Alain Giresse, les joueurs sont souvent perturbés dans leur quiétude. Soit par des journalistes ou des proches parents. Alors, il tente de se «bunkeriser» à… Paris.

A moins qu’il ne soit habité par la frilosité dont la plupart des «Sorciers blancs» font montre quand il s’agit de jouer ou de se préparer en Afrique.

C’est d’ailleurs pour la même raison qu’il avait porté son choix sur le complexe Lizzy Sports d’Accra pour servir de base et de camp d’entraînement aux «Lions» en direction du Liberia. Juste parce que c’est un centre monté par Marcel Desailly. Mais très vite, l’équipe a déchanté. On se souvient de la mutinerie qui s’en est suivie, même si les maladresses du directeur de la haute compétition et le changement par la Fifa du jour du match ont fait déborder le vase.

 Six matches, six équipes, plus de 35 joueurs

Le comble, c’est qu’il chamboule à chaque match son onze de départ. En six rencontres (amicales et officielles), Giresse n’a jamais utilisé un onze identique à l’autre. Une preuve, si besoin en était, que le technicien français se cherche sans donner l’air de savoir où mettre les pieds, ni les joueurs.

Stephan Badji peut éclabousser de son talent, de sa hargne, de sa détermination, de son envie de gagner ou de jouer –les deux matches contre l’Angola et le Liberia en attestent  -, Giresse n’en a cure.
Dame Ndoye a beau démontré qu’il est l’un des «boss» de la sélection, cela n’empêche pas de le confiner sur le banc. Pis, de l’oublier souvent.

Pendant ce temps, il titularise Momo Diamé plus que transparent sur pratiquement l’ensemble de ses matches. Quid de Mame Birame Diouf ?

Alors que la sélection peine à trouver un latéral droit digne de ce nom, il confine celui  qui semble apporter la réponse dans l’axe, Lamine Sané.

Pourtant, potentiellement, le Sénégal est aujourd’hui, la seule sélection africaine capable d’aligner un 11 type, valable pour chaque mi-temps.

Et si tout cela ne suffisait pas, Giresse ajoute une nouvelle. C’est la peur-panique de jouer contre la Côte d’Ivoire ou le Nigeria qu’il a affichée bien avant même le tirage au sort. Quand un Général démoralise sa troupe de cette manière, inutile alors d’aller en guerre.

L’espoir qu’il avait si largement suscité lors de son enrôlement s’est aujourd’hui gravement émoussé. Et le constat vaut sanction.

PAR ABDOULAYE THIAM

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