LIGNES DE CREDIT INDIENNES: En pertes et profits

Cheikh Amar DG TSE
Cheikh Amar DG TSE
Cheikh Amar DG TSE

En annonçant hier, jeudi, la construction prochaine de 19 complexes frigorifiques, le président Macky Sall a ouvert, sans regarder, la portière du congélateur qui renferme un dossier froid d’entrepôts frigorifiques estampillées TSE de Cheikh Amar, financés par des lignes de crédit indiennes mais jamais exécutés.

L’argent du contribuable. C’est la valeur « refuge » très usitée par le pouvoir pour justifier le rouleau compresseur de la reddition des comptes via la « traque des biens mal acquis » et son corollaire pénale de médiation. Transparence, bonne gouvernance et autres « trance », tout y passe pour remettre les choses à l’endroit dans la gestion des affaires publiques. Mais force est de reconnaître, au fil du temps, que la reddition des comptes, du moins pour le régime de Macky Sall, c’est à la tête du client.

Autant son prédécesseur avait marqué au fer rouge la société TSE sur toutes les lignes de crédit indiennes destinées aux projets de coopération avec le Sénégal et qui n’ont jamais été exécutées, autant le Président Macky Sall a visiblement décidé d’enfouir ces dossiers qui révèleraient une prédation sans précédent des deniers publics pourtant si chers au contribuable sénégalais.

Soit il feint de ne pas le voir, soit il veut s’en approprier la paternité. Ce qui est sûr c’est qu’en annonçant hier, jeudi, la construction prochaine de 19 complexes frigorifiques, le président Macky Sall a ouvert la portière du congélateur qui contient déjà un dossier froid d’entrepôts frigorifiques estampillées TSE de Cheikh Amar, financés par des lignes de crédit indiennes mais jamais exécutés. Un projet qui avait bénéficié sous Wade d’une ligne de crédit indienne d’un montant de 29 millions de dollars (14,5 milliards de FCfa) dont une première ligne de 10 millions de dollars (5 milliards de FCfa) destinés alors à implanter sur le territoire sénégalais des entrepôts frigorifiques pour les produits de la mer. Le complément de 19 millions de dollars avait été négocié entre les deux tours de la dernière présidentielle.

Au jour d’aujourd’hui, personne, même pas les indiens eux-mêmes, ne sont en mesure de dire où sont ces entrepôts frigorifiques et où est passé cet argent emprunté pourtant sur le dos du contribuable qui, devra bien le rembourser.
Il y a quelques mois, la représentation indienne au Sénégal avait écrit aux autorités sénégalaises pour demander l’état d’exécution des projets financés à travers les lignes de crédit indiennes.

En mai dernier, l’action rurale et agricole allait plus loin en réclamant la lumière sur la première ligne de crédit octroyée par le gouvernement indien a l’Etat du Sénégal, d’un montant de 11 millions de dollars (5,5 milliards de FCfa) et qui était destinée a l’acquisition de matériels agricoles tracteurs moissonneuses-batteuses ; les 27 millions de dollars (13,5 milliards de FCfa) allongés au gouvernement du Sénégal en 2003 dans le cadre du time-nine et qui concernait l’équipement en micro-ordinateurs pour une centaine de lycées du pays ; la ligne de crédit indienne de 11 millions de dollars sous forme de matériels agricole d’irrigation dans le cadre du plan Reva en 2006 ; et last but not least, les 10 millions de dollars (5 milliards de FCfa) relatifs a l’implantation sur le territoire sénégalais, d’entrepôts de frigorifiques destinés aux produits de la mer et dont le complément de 19 millions de dollars avait été négocié entre les deux tours de la présidentielle.

Tous ces projets financés par des lignes de crédit indiennes et dont l’état d’exécution est inconnu alors qu’ils ont engagé les deniers publics, sont frappés du sceau du silence depuis que la deuxième alternance du Sénégal est advenue.

Malick NDAW Sudonline

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