Madagascar : « L’élection présidentielle, un test de maturité démocratique »

La prochaine élection présidentielle est un « test de la maturité démocratique », a déclaré l’observatoire de la vie publique Sefafi lors d’une conférence de presse tenue dans la capitale vendredi. Abandonnant ses habituelles critiques massacrantes envers la situation socio-politique et économique de la nation, ce membre des organisations de la société civile de Madagascar se livre dans un exercice de mise en garde et d’éloges envers le processus démocratique dans le pays.

« Cette élection revêt une importance capitale à Madagascar », déclare-t-il en rappelant que seules les élections de 1993 et de 1996 n’ont pas provoqué des contestations radicales et ne sont pas suivies de violences dans le pays. La prochaine présidentielle « apporterait la preuve aux citoyens, à la classe politique et à la communauté internationale que Madagascar fait désormais partie des nations démocratiques apaisées, soucieuses d’instaurer un Etat de droit ».
Concernant la campagne électorale, cette société civile appelle notamment à la « sagesse et retenue de Rivo Rakotovao », président de la République par intérim, à ne pas faire campagne au vu comme la loi en vigueur l’exige. Les textes y afférents interdisent également aux autres hauts fonctionnaires de l’Etat, dont les membres du gouvernement, de faire campagne.
« Avec 36 candidats en lice, des dérives sont à craindre si le scrutin n’est pas bien encadré » s’inquiète également le Sefafi. Pour l’éviter, il faut que les électeurs aient accès à leur programme par tous les moyens pour qu’ils puissent « affiner leur choix sur des bases rationnelles ». Les médias en sont exceptionnellement exhortés pour participer à la présentation de ce programme.
Les candidats ne sont pas obligés de signer la charte de non-violence proposée par le conseil pour le Fampiavanana Malagasy, « mais les citoyens attendent d’eux qu’ils fassent preuve de retenue et condamnent toute violence », lance le Sefafi qui attend à ce que les candidats « mènent des débats démocratiques à la hauteur des enjeux : vision de société préconisée, défense du programme proposé, lutte contre la pauvreté et l’insécurité, stratégie de développement économique ».
« Le bulletin unique qui regroupera ces 36 figures devrait être dévoilé au public le plus tôt possible et son utilisation expliquée en détail pour éviter les erreurs de manipulation, portes ouvertes aux fraudes en tous genres ». Parce que pour le Sefafi, « l’éducation électorale est une étape indispensable pour garantir la sincérité du scrutin, alors qu’elle est trop souvent négligée chez nous ». A ce propos, la CENI a déjà annoncé que des milliers de spécimens de bulletins uniques ont été distribués aux organisations de la société civile la semaine dernière et qu’à partir de la semaine prochaine, son personnel participe à une campagne de sensibilisation et de formation sur l’utilisation de ce bulletin.
Pour la bonne tenue de l’élection, il demande à la CENI de communiquer les informations nécessaires sur le déroulement du scrutin. C’est le cas, entre autres, du nombre exact et de la localisation des bureaux de vote, la distribution des cartes d’électeurs et la possibilité d’accès aux résultats des votes en ligne.
Le Sefafi rappelle par ailleurs qu’en dehors de la présidentielle, d’autres élections vont venir l’année prochaine et il ne faut pas les perdre de vue. Ce sont les législatives d’avril 2019 et communales d’août 2019. « L’élection d’un Président ne suffit pas à garantir la bonne marche des affaires étatiques. Les législatives et les communales constituent même les échéances électorales les plus importantes ».
Arena R. – madagascar-tribune 

 Afrique Monde

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*