MAÏMOUNA KANE, LA PIONNIÈRE DE L’ÉMANCIPATION DE LA FEMME (1/8)

Son action peut servir d’exemple aux jeunes générations. Maïmouna Kane, magistrat et ancien ministre, disparu le 1 mars 2018 à Paris, a été à l’initiatrice de la loi sur les congés de maternité. Une semaine avant la journée internationale des droits de la femme, Maimouna Kane a tiré sa révérence à l’âge de 82 ans, à Paris. Jour symbolique pour celle qui a combattu, toute sa vie durant, pour les droits des femmes.

L’ancienne Secrétaire d’État auprès du Premier ministre en charge de la Condition féminine et de la Promotion Humaine, avant d’être promue ministre du Développement social aura légué aux femmes sénégalaises la loi sur les congés de maternité, l’accès aux fonctions militarisées et à la diplomatie. C’est en mars 1978, avec Caroline Faye Diop, qu’elle intègre le gouvernement du Premier ministre Abdou Diouf, quelque temps après son discours solennel axé sur les droits de femmes lors de la rentrée des Cours et Tribunaux. Après quelques hésitations, elle accepte de répondre à l’appel de son pays. Sa position de ministre de la Condition féminine lui permettra de constater de visu les difficiles conditions de travail des femmes. Certaines travaillaient debout, parfois sans gants.

D’autres en état de grossesse travaillaient parfois jusqu’à terme, de peur de perdre la moitié de leur salaire. Malgré cette entrée dans le gouvernement, Maimouna Kane se refusait de faire de la politique, empêchée par son statut de magistrat en position de détachement.

« Un magistrat ne doit pas faire de la politique, c’est même interdit », disait-t-elle dans une interview accordée à L’Observateur. Cette posture apolitique n’empêche pas à Maimouna Kane de passer huit ans au poste avec le soutien du Président Senghor et du Premier ministre Abdou Diouf. A terme, elle enregistre de belles victoires parmi lesquelles la loi sur le paiement du salaire intégral pendant le congé de maternité, en plus de la conscientisation des femmes et des hommes lors des tournées au cours de la Quinzaine de la Femme.

La défunte présidente de la Fondation Abdou Diouf « Sport Vertu » savait bien juguler sa vie de maman et de ministre qui lui prenait, aidée par son mari. Mariée l’année d’obtention de son bac, elle fait tout son cursus universitaire en étant épouse et mère avant d’intégrer le milieu professionnel.

L’ancienne auditrice à la Cour suprême, Substitut du Procureur de la République de Dakar, Conseillère à la Cour d’appel de Dakar laisse derrière elle cinq enfants. Et une Nation orpheline !

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