Mali: Ebola, PM sur la sellette, baisse de recettes…, le Président IBK a du pain sur la planche

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta|AFP
Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta|AFP
Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta|AFP

Ibrahima Boubacar Keïta a décrété 2014  «année de lutte contre la corruption». Mais, il se trouve qu’avec l’achat tant décrié à Bamako d’un avion présidentiel, des détournements de deniers publics ainsi qu’une baisse des recettes douanières ou l’effrayant virus Ebola, le Président malien a du pain sur la planche.

Le prix d’acquisition de l’avion présidentiel malien varie en fonction de la taille de costumes des différentes personnalités qui en parlent: 7milliards 470 millions pour l’ancien ministre de la Défense, 17 milliards pour Ibk, 20 milliards pour le Premier ministre et enfin 21 milliards francs Cfa, selon le ministre de l’Économie et des Finances du Premier gouvernement sous l’ère de l’actuel chef de l’Etat.

Face à ces acrobaties financières, une partie de l’opposition invite IBK à éclairer la lanterne des Maliens à l’Assemblée nationale. Ce scandale aéronautique s’ajoute à celui militaire concernant la surfacturation dans la fourniture aux Forces armées maliennes de matériels, de véhicules et de pièces de rechange à 69,1 milliards francs Cfa. Malgré tout, les groupes terroristes continuent à massacrer les soldats de la MINUSMA au nord du Mali.

Le FMI et la Banque mondiale qui ont coupé le robinet au Mali, en raison de ces scandales posent une condition supplémentaire à la reprise de la coopération: la traduction, devant la justice, de toutes les personnes impliquées dans ces magouilles.

En attendant, à bord de son avion, IBK a effectué une visite à Conakry, le 31 octobre dernier, quand Blaise Compaoré courait vers Yamoussoukro pour échapper à la furie populaire burkinabè. En Guinée, un pays dans lequel, le virus Ebola continue de tuer cyniquement, l’homme fort de Bamako «détourne l’attention des opinions publiques nationale et internationale sur les détournements colossaux du moment », écrit le site maliweb.net, qui ajoute qu’il y a un risque de faire transporter la maladie le Mali.

Avant ce voyage présidentiel, Ebola avait déjà implanté ses «pattes» au Mali, causant notamment la mort d’une fillette. Une deuxième personne, à savoir un soignant de la réputée clinique Pasteur de Bamako, est décédée mardi du virus. La presse malienne informe que l’infrastructure sanitaire a été mise sous quarantaine. Et des critiques envers les autorités fusent du côté de la population.

Les Maliens estiment, à travers la presse, que l’Etat n’a pris aucune disposition pour leur prévenir de la maladie au moment où son voisin du Sénégal a fermé ses frontières avec le très emporté Alpha Condé. En plus, IBK doit aussi faire face à son Premier ministre Moussa Mara, dont la démission occupe le devant de l’actualité depuis une semaine.

Le Premier ministre Mara, qui s’est fait l’avocat de l’acquisition de l’avion présidentiel à l’Assemblée nationale et la ministre des Finances, Bouaré Fily Sissoko doivent faire probablement les frais de ce remaniement devenu une exigence nationale, selon la presse malienne.

D’ailleurs, lundi dernier, Bamako a vécu un Conseil des ministres extraordinaire au palais de Koulouba.  Avant l’ouverture de la séance, certaines sources rapportent que le président de la République aurait confié en aparté au Premier ministre qu’il  «a répertorié une dizaine de ministres à remercier »  dans le cadre du remaniement envisagé.

Considérée comme la principale pourvoyeuse du Trésor public en argent frais, la douane malienne n’est plus que l’ombre d’elle-même. Les déficits, dans le recouvrement des droits et taxes,  se rétrécissent comme peau de chagrin.  D’ici la fin de l’année, ils avoisineront 60 milliards CFA, selon  maliweb.net, qui cite ainsi un rapport des services douaniers.

S’il est animé d’une  volonté de nettoyer les écuries d’Augias qu’est devenu le Mali, IBK ne doit pas s’empêcher  d’expurger le gouvernement des ministres compromis dans ces dossiers encombrants. Le Premier ministre, contesté également par des partisans du pouvoir, semble en être le vrai coupable.

Baba Mballo
© OEIL D’AFRIQUE

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