Maltraitante, Esclavagisme et Traitement discriminatoire entre Sénégalais et Libanais ou Libano-sénégalais au sein de l’entreprise SIMPA

???????????????????????????????Les travailleurs de la Société Industrielle et Moderne des Plastiques Africains (SIMPA) s’offusquent et dénoncent la maltraitance, l’esclavagisme et le traitement discriminatoire entre Sénégalais et Libanais ou Libano-sénégalais au sein de l’entreprise. En assemblée générale ce samedi 8 novembre 2014, à la bourse du travail, dans une salle pleine à craquer, les travailleurs de la SIMPA ont déversé toute leur colère dans la plus grande énergie et la plus profonde tristesse. À les écouter on a les larmes aux yeux.

« C’est vrai qu’on nous paye le 28 du mois, mais il y a de la discrimination entre les Sénégalais de race blanche et les Sénégalais de race noire » argumente le doyen Diallo chef du personnel cadre.

En l’espace de deux décennies, la Société Industrielle Moderne des Plastiques Africains (SIMPA) a décuplé son chiffre d’affaires. Un hommage au goût du risque. C’est un grand pari qu’Ibrahim Hawili propriétaire avait fait en rachetant la SIMPA en 1991, mais il a oublié celui du dialogue social et celui du bien être avec les personnes qui lui ont permis d’avoir cette success story dont parlent les journaux ou lui-même sur les plateaux télé – d’après tous les intervenants de cette assemblée générale.

En plus de cela, une discrimination qui ne dit pas son nom s’est installée au fil des années. « Pourtant nous n’étions que des Sénégalais noirs quand cela été difficile au début. Aujourd’hui la SIMPA est devenue le lieu de recasement de tous les chômeurs libanais du Sénégal, avec des salaires qui dépassent de loin les nôtres » s’accordent tous les délégués qui étaient au présidium.

La SIMPA exerce une activité de conception/réalisation d’articles et d’emballages en plastiques destinés à de nombreux secteurs de l’industrie tels que l’agriculture, l’agro-alimentaire, les cosmétiques, la chimie, les produits de grande consommation, avec des conditions de travail difficiles et très dangereuses pour la santé, mais ses salariés n’ont pas un système de sécurité sociale à la hauteur de ce qu’ils produisent « les retraités de la société sont à 80% malades » raillent les délégués.

D’après M. Ndoye délégué du personne ouvrier, M. Ibrahim Hawili parle d’une stratégie qui consiste donc à proposer à ses clients une offre d’emballage la mieux adaptée pour assurer les barrières nécessaires à la bonne conservation de leurs produits, sauf qu’il oublie que ses premiers clients sont ses employés.

Pourtant SIMPA a gagné la plupart des contrats des entreprises étrangères (Nestlé, Barry Callebaut, La Croix, Colgate…), mais en plus il accompagne l’essor de nouvelles industries sénégalaises comme Patisen, leader des bouillons en cube et des pâtes à tartiner. Le modèle est simple : mettre la pression sur ses employés, utiliser beaucoup de journaliers, travailler les week-ends, payer moins (65500FCFA/mois pour 35h). L’entreprise compte plus de journaliers que de permanents (350 permanents et 450 journaliers), et produit 1 300 tonnes d’emballages par mois.
« En 2008, elle a multiplié par 2,5 ses capacités de production et s’est mis à exporter : Côte d’Ivoire, Angola, Gabon, RD Congo, Cameroun… Prochainement, il pourrait même signer un contrat avec une entreprise espagnole et faire ainsi un premier pas en Europe. De 2,4 milliards de F CFA en 1991, le chiffre d’affaires est passé à 25 milliards en 2012 et pourrait atteindre 30 milliards en 2013 » clame M. Sane un autre délégué, avec un document à l’appui. Mais aucun changement pour les travailleurs, aucune augmentation, pas de prime.

Ces employés qui souffrent depuis plus de 15 ans pour certains d’entre eux, veulent cette fois aller jusqu’au bout – avec l’aide du CNTS, syndicat national des travailleurs du Sénégal, par la voix de son secrétaire général Cheick Gueye – et sont prêts à se donner corps et âme pour l’amélioration de leurs conditions de travail et le respect du droit du travail qui est bâillonné par la société SIMPA.

Si la responsabilité sociale des entreprises (RSE), c’est la contribution des entreprises aux enjeux du développement durable, comme se précipitent de le mentionner toutes les entreprises dans leurs paperasses, elles doivent aussi prendre en compte les impacts sociaux et environnementaux de leur activité pour adopter les meilleures pratiques possibles envers leur salariés et contribuer ainsi à l’amélioration de leur condition sociale et à la protection de l’environnement. Sinon la responsabilité sociale ne restera qu’un concept hypocrite et vide.

Babacar Beuz Diedhiou

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