MANDIAYE GAYE, ACTIVISTE ET ÉCRIVAIN "CETTE FOLLE ET INDÉCENTE COURSE À L'ENRICHISSEMENT DES DIRIGEANTS AFRICAINS…"

MANDIAYE GAYE, ACTIVISTE ET ÉCRIVAIN
MANDIAYE GAYE, ACTIVISTE ET ÉCRIVAIN
MANDIAYE GAYE, ACTIVISTE ET ÉCRIVAIN

Il fut un temps, soumettre une personne à Question» revenait à la torturer. Acte que nous assu-mons en posant à nos interlocuteurs les questions critiques ci dessous. Questions dont, au vu de nos économies, nos dirigeants n’ont toujours pas trouvé réponse et ce, plus de 50 ans après fes Indé-pendances tcha tcha. A la question, à la réponse, Mandiaye Gaye: activiste, militant du Bien, chroniqueur, écrivain. Homme précieux, homme rare.

QUE MANQUE-T-IL À L’AFRIQUE POUR SON PLEIN ESSOR?
Tout &abord, il manque cruellement à [Afrique des dirigeants patriotes à sa hauteur, intègres, compétents et véritablement dévoués à sa cause. Il lui manque aussi des dirigeants qui ont réellement à cœur le développement optimum dont l’Afrique a besoin et qu’il mérite amplement compte tenu de ses immenses richesses et ressources, tant naturelles qu’humaines. Pour son plein essor, au-delà dhvoir des dirigeants de qualité, l’Afrique a besoin de rattraper son retard chronique dû aux multiples sévices et injustices subis par ses populations. Sévices et injustices résultant de lèxploitation de ses ressources en tout genre subie dans le passé, au temps de lèsclavage et de la colonisation.
 
Voici 55 ans que l’Afrique est indépendante, mais à cause de ses dirigeants cupides peu préoccupés par son sort et surtout, de celui de ses peuples, elle est encore incapable. On remarque par ailleurs que l’unité du continent pour devenir ce grand ensemble économique, social et culturel tant souhaité par les peuples au point de vue espace, ressources et démographie, demeure le cadet des soucis de ses dirigeants. Cependant, le développement économique social et culturel d’une Afrique unie ou fédérale constituerait un grand marché prometteur. capable de rivaliser avec les autres continents, à tout point de vue.
 
En lieu et place de cette nécessaire unité du continent, avec tous les avantages et potentialités qui formeraient un creuset de possibilités, les dirigeants actuels préfèrent conserver chacun de son côté, son micro-Etat, peu viable et incapable à lui seul d?itteindre un développement quelconque. Tout cela, rien que pour y être un chef inamovible, quitte à ce que son pays soit très pauvre et sans développement possible.
Ceci, plutôt que un simple membre d’un grand ensemble viable économiquement, capable plus tard de se mesurer aux autres sur tous les plans. Par ailleurs, on note l’absence remarquable de plans de développement économique, social et culturel fiables et rationnels en Afrique. A savoir des plans fondés et conçus sur les réalités propres à l’Afrique et non ceux concoctés hors de chez nous par les institutions de Breton Woods et autres institutions internationales.
 
Plans que Ibn viendrait plaquer mécaniquement sur nos réalités. De telles pratiques sont inadaptables à nos réalités et échouent souvent. Ces méthodes font partie des facteurs objectifs et déterminants qui plombent lésor de l’Afrique depuis son indépendance.
Nos dirigeants sont incapables de le comprendre jusque-là. En outre, le temps de tmvatl effectif, productif et utile socialement, pose un sérierx problème en Afrique, dans la mesure où Ihbsentéisme, le manque d’assiduité et la non productivité sont des goulots dëtranglcment de la production. largement notés en Afrique. Il s’y s’ajoute les nombreuses fêtes qui prennent le pas sur le temps de travail productif.
 
Ce sont de tels handicaps majeurs qui, même s’ils ne sont pas les seuls facteurs bloquants, jouent un rôle n atifconsidérable, empèchant l’Afrique de déco errésolument afin dàtteindre son plein essor.
 
QUELS DÉFAUTS OU TARES MAJEURS FAUDRAIT-IL LUI ÔTER?
L’Afrique, dès son indépendance, devait se prendre en charge elle-même. se débarrasser totalement de toute tutelle de la puissance colonisatrice; et non demeurer sous cette coupe
 
par les liens disimulés du néocolonialisme. Etant entendu que l’indépendance signifie pour un Etat de pouvoir voler de ses propres ailes, de compter sur soi-même et ses propres fortes. Ainsi, bon nombre de dirigeants africains ne
 
sont que les représentants de l’ancienne puissance colonisatrice chez nous. De qui ils reçoivent des ordres et les exécutent sous couvert d’une indépendance ou dune souveraineté formelle. Autre preuve.• cette non indépendance sèxplique par le fait que nous utilisons jusque là -officiellement en tout cas-la langue du colonisateur. Notre monnaie étant toujours garantie par lui, il en fait ce que bon lui semble. Alors que ce sont ces deux instruments principaux qui constituent les preuves formelles de la souveraineté d’un pays donné.
 
Il est clair que dans ces conditions, les peuples africains ne sont pas associés comme il se devrait à la gestion des affaires publiques. Et naturellement, dans ce cas là, les intérêts des peuples africains ne sont ni bien défendus, ni sauvegardés, ni tenus en compte puisque non prioritaires pour les tenants du pouvoir.
En conséquence, pour développer l’Afrique, il est évident que les dirigeants ne pensent plus par nous et pour nous-mêrnes avant tout- Ils servent plutôt les intérêts étrangers à l’insu et au détriment de la grande majorité des peuples africains, malheureusement.
 
Le continent africain a le malheur d’avoir certains dirigeants cupides qui se servent de rEtat au lieu de le servir. La plupart dèntre eux parviennent et demeurent au pouvoir uniquement pour sènrichir avec les leurs, au lieu de servir leur Etat et peuple, cela, en remplissant convenablement leur mission: satisfaire les besoins de bien-être des populations qui les ont élus pour cela.
 
Cette folle et indécente course à lènrichissement illicite des dirigeants africains a fini par installer dans le continent, la corruption, Ihppàt du gain facile, la fraude, l’insécurité, l’incivisme, la criminalité, le désordre, kxnarchie, Ishbsence du sens républicain, le non respect de la république et des biens publics, l’hnpunité, l’inégalité entre les citoyens intmduisant ainsi une justice à deux vitesses, etc. Assurément, tout cela constitue de graves tares à éliminer, parce quilles sont incompatibles avec ce développement qui perrnettra à l’Afrique de trouver suffisamment dioxygène pour enfin respirer à pleins poumons et penser un essor harmonietLx et durable au bénéfice exclLLsif, de ses enfants.
Propos recueillis par Irène ‘drisse

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