Marché d’affichage à Touba : Le maire offre 200 millions à une Indonésienne

Abdoul Ahad Kâ maire de Touba 2

La bonne gouvernance et le respect des règles de passation des marchés semblent être de vains mots au Sénégal.

Le marché d’affichage de panneaux publicitaires, estimé à près de 200 millions de Francs Cfa, octroyé sans appel d’offres à une entreprise indonésienne par le maire de Touba, fait grincer les dents auprès des sociétés sénégalaises spécialisées dans la publicité.

Dans les prochaines heures, les complaintes vont voler tout haut à Touba. Après la  sortie au vitriol des architectes sénégalais qui se plaignaient tout récemment de la préférence marocaine à leur détriment dans la construction des grands projets de l’Etat, les de régies publicitaires rognent leur colère en privé. A Touba aussi, l’expertise nationale n’est pas la bienvenue.

Le marché d’affichage des panneaux de publicité a été octroyé à une société dont le capital est essentiellement détenu par une Indonésienne. Elle a été choisie par le maire Abdoul Ahad Kâ. 

Grincements de dents des nationaux
En violation flagrante des règles de passation de marchés publics, il a occulté une procédure primaire avant de l’octroyer à l’entreprise indonésienne : Il n’y a pas eu d’appel d’offres encore moins une demande de renseignements de prix. Le statut spécial de Touba pourrait peut-être expliquer cette entorse aux méthodes de transparence. 

Il faut savoir qu’en période de magal, renseignent certaines sources, «c’est des centaines de millions qui sont récoltées par la collectivité locale» grâce à ces affiches publicitaires. Evidemment, le marché fait saliver les privés sénégalais. Il se chiffre à 200 millions de Francs Cfa. En privé, les… privés sénégalais sont en train de préparer la riposte pour faire capoter le «gré à gré». A l’unanimité, ils affichent leur pessimisme et souhaiteraient que l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) s’autosaisisse «pour que le maire revienne à la raison». 

Il faut rappeler que les conseillers municipaux de la commune de Touba avaient voté le budget pour la phase transitoire. Il s’élève à la somme de 2,193 milliards.  Le Quotidien a tenté de joindre le maire Abdoul Ahad Kâ sans succès. Malgré les nombreux appels, il n’a pas jugé nécessaire de répondre.

badiallo@lequotidien.sn
 

L’association des régies publicitaires du Sénégal embarrassée 
Prévu au départ pour 5 ans, ce marché stipulait que tous les autres opérateurs publicitaires devaient quitter la place de Touba, au profit de la structure de Mme Trahn, propriétaire du restaurant Indochine à Dakar. D’après des informations, elle a été reçue la semaine dernière à la Résidence Khadimou Rassoul de Touba pour régler les derniers détails du marché. 

Cette situation laisse perplexes les membres de l’Association des régies publicitaires du Sénégal. Il faut savoir que les plus grands publicitaires de ce pays sont des talibés mourides. Bougane Guèye de Dak’cor detient quasiment 40% du marché de la publicité dans ce pays. Gravipub, de Mansour Ngom, gère quasiment le monopole de tout ce qui est signalétique en Afrique de l’Ouest, Nigeria non compris.

Et  Abdoulaye Tagué est le numéro 1 du Sénégal en matière de panneaux d’affichage. Et il est bien présent dans plusieurs pays de la sous-région. Ces hommes d’affaires, très introduits dans l’establishment mouride, ne comprennent pas que non seulement on leur interdit de travailler dans leur cité religieuse, mais qu’en plus, le marché soit offert à une société étrangère. 

Le président de l’Association, Abdoulaye Thiam, reste convaincu que quelque soit la décision, «elle ne pourra pas aboutir à chasser des mourides de Touba»

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