MARCHE HLM A QUELQUES JOURS DE LA KORITE Ce n’est pas le grand rush chez les tailleurs

L’approche d’une fête comme celle de la Korité est souvent le moment choisi par certains sénégalais pour se payer des habits neufs. Pour cette année les tailleurs rencontrés au marché HLM disent n’avoir pas senti un changement dans leur vécu quotidien, la faute à une conjecture économique qui ne convient pas à de grosses dépenses.tailleur

A moins d’une dizaine de jours de la fin du Ramadan, le marché HLM vibre déjà au rythme des préparatifs de la Korité. Une musique endiablée, mêlée aux marchandages des clientes qui faufilent entre les étales à la recherche d’un tissu cachent mal la fatigue du jeûne qui se lit déjà sur de visages. Quelques minutes de marche nous mènent dans un lieu très fréquenté: les coupures de tissu et le vacarme des machines témoignent de l’activité des occupants. Des tailleurs y sont à pied d’œuvre pour livrer la commande dans les délais.

Interrogée sur les coupures d’électricité qui jadis freinait leurs activités, les tailleurs rencontrés reconnaissent une amélioration dans la distribution. L’électricité résolue ces «goorgoorlus»  font face à un autre problème: la conjoncture économique. Ces derniers qui comptaient sur la fête de la Korité pour se refaire une santé financière ont vu leur rêve brisé.
Casquette bien serrée sur la tête, le regard fixé sur le basin rouge sur lequel il fait passer un fil jaune, Tamsir semble ne point se soucier de son environnement.

Juste une petite présentation et la discussion se limite là. Un autre lieu, un décor similaire, un accueil différent. Assis tranquillement sur une chaise, Ass exhibe un tenu «taille basse» qu’il vient de confectionner, «il n’y pas de changement dans mon mode de travail, je fais comme d’habitude, il me semble que les choses ne vont pas bouger. Les temps sont durs donc c’est compréhensible que les clients ne viennent pas, même les filles qui d’habitude venaient en masse se font désirer», dit-il.

Lamine Samb, un autre tailleur spécialisé dans la confection de tenues pour homme est du même avis. «Cette année, les choses ne marchent pas, on ne nous donne que les basins qui coutent 1000 F Cfa le mètre et les tissus brodés, et dans ce cas les clients ne payent pas une grande somme, les tenues qui requièrent une somme colossale pour la confection, on en a pas souvent»,  soutient-il.

Même si l’on est à la fin du mois et que beaucoup de personnes n’ont pas encore perçu leurs salaires, Lamine ne voit pas comment les choses pourrait être profitable. «Si on m’amène des tissus en début du mois d’août, je ne prendrai pas l’engagement de les coudre, parce que je ne pourrais pas respecter les délais. Et cela va me porter préjudice», a-t-il laissé entendre.  Malick un autre tailleur, lui est beaucoup plus pessimiste. «Si les choses continuent comme ça, je ne vois pas comment je pourrais payer ma facture d’électricité. Envoyer quelque chose à ma famille restée à Touba, je ne l’espère même pas», s’est-il-désolé

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