MARCHES PUBLICS 800 milliards privés aux Pme en 2012 .

Malgré les 42% des actifs qu’elles emploient, les Pme du Sénégal ne bénéficient d’aucun traitement de faveur lors des passations des marchés publics. Ceci du fait d’un Code des marchés contraignant. Et pour ne rien arranger, une loi promulguée en leur faveur depuis 5 ans, tarde à être appliquée.

Les contraintes d’accès des Petites et moyennes entreprises (Pme) aux marchés publics sont toujours d’actualité. Ceci malgré la promulgation de la loi relative à leur promotion et à leur développement (n° 2008-29 du 29 juillet 2008). Cette loi, qui jette les bases juridiques et réglementaires pour l’accès des Pme aux marchés publics, tarde à être appliquée. Ce qui fait que le secteur qui emploie 42% des actifs du Sénégal, représente 95% des unités nationales et 22% du Pib, ne profite pas encore de la commande publique. De juteux marchés lui passent sous le nez.Marches publics

En 2012, par exemple, le manque à gagner se chiffrait à 800 milliards de F Cfa.
A en croire Ousmane Sy Ndiaye, le secrétaire permanent de l’Unacois, en marge d’un atelier sur la question, le Code des marchés est injuste avec les Pme. En effet, précise-t-il : «certains appels d’offres arrivent en pleine période de déclaration fiscale, qui débute au mois de janvier et s’épuise au mois de mars. (Il est injuste) d’exiger à un Pme de payer ses impôts au mois de janvier sous peine de ne pas participer à l’appel d’offre».

Le responsable de l’Unacois pointe aussi la garantie bancaire qui est exigée. La liste n’est pas exhaustive, renseigne Ousmane Sy Ndiaye. Qui indique que les Pme sénégalaises, fortes de leur savoir-faire, sont compétitives.
L’Etat est conscient de la nécessité d’inverser la tendance. «Cela fait partie (de nos) chantiers», assure le ministre du Commerce, de l’Industrie et du Secteur informel, interpellé sur la question lors de l’ouverture de l’atelier.

Alioune Sarr estime, entre autres solutions proposées, que les problèmes liés à la non-application de la loi en question doivent faire l’objet d’une identification. Même s’il a affiché une mine ravie, le secrétaire permanent de l’Unacois n’en demande pas moins une plus grande diligence de l’Etat. Il souhaite sentir que «l’autorité est suffisamment mobilisée pour y trouver une solution». Ainsi, espère-t-il, que la plupart des problèmes d’accès à la commande publique seront levés.