MASSACRE DE BOKO HARAM A BAGA ET MONGUNO AMNESTY INTERNATIONAL DEPLORE LA NEGLIGENCE DES AUTORITES NIGERIANES

Boko Haram dans des villes Baga et Monguno
Boko Haram dans des villes Baga et Monguno
Boko Haram dans des villes Baga et Monguno

Rapportant des témoignages recueillis auprès de responsables de l’armée et de la population, Amnesty international affirme que les autorités nigérianes ont été informées des attaques prévus par Boko Haram dans des villes Baga et Monguno avec à la clé des centaines de victimes parmi les civiles.

«De nouveaux éléments attestent que l’armée nigériane avait été avertie à plusieurs reprises de l‘imminence des attaques de Boko Haram contre Baga et Monguno, qui ont fait des centaines de morts, et qu’elles n’ont pas pris les mesures qui s’imposaient pour protéger les civils», a déclaré Amnesty International dans un communiqué parvenu à la rédaction, hier mercredi 28 janvier.
L’Ong internationale de défense des droits humains de préciser par ailleurs que «des informations reçues de militaires de haut rang et des responsables de la base militaire de Baga ont régulièrement informé les quartiers généraux de l’armée, en novembre et décembre 2014, de la menace d’une attaque de Boko Haram et ont demandé des renforts à maintes reprises».
Selon le directeur du programme Afrique d’Amnesty International Netsanet Belay, des témoins ont indiqué que, «les soldats stationnés à Monguno savaient à l’avance que Boko Haram mènerait une attaque dimanche 25 janvier».
Amnesty international d’ajouter,  en citant une source militaire,  «longtemps avant l’attaque contre Baga, la force multinationale conjointe stationnée dans cette ville a informé le quartier général de l’armée à Abuja que des patrouilles de Boko Haram avaient été aperçues et que le nombre de combattants de Boko Haram avait augmenté. Elle avait également indiqué aux quartiers généraux avant les attaques que de nombreux civils résidant dans les villes et villages environnants fuyaient la zone».
Concernant l’attaque contre Baga, Dogon Baga et plusieurs villes voisines, Amnesty international ajoute que «ce n’était pas une surprise parce que des combattants de Boko Haram avaient averti les habitants de Baga et des villages voisins il y a près de deux mois qu’ils viendraient attaquer les troupes et la force d’intervention conjointe civile», rapportant ainsi des informations recueillies auprès d’une source militaire.
En outre, un résident de Monguno, repris par l’Ong d’affirme qu’«il y a eu un avertissement. Tout le monde était au courant. Des combattants de Boko Haram sont venus mercredi de la semaine dernière (21 janvier) et ont demandé aux villageois à Ngurno de partir parce qu’ils allaient attaquer la caserne. Les villageois l’ont dit aux soldats», révèle la source.
Amnesty souhaite une meilleure protection des civiles 
Suffisant pour que l’Ong rappelle à l’Etat ses obligations de protéger les populations. «Les autorités nigérianes sont tenues de prendre toutes les mesures possibles afin de protéger la population civile, notamment en aidant à évacuer les personnes qui souhaitent fuir et en les transportant vers des zones plus sûres. Elles ont également le devoir d’informer les civils des risques et des dangers», a-t-elle informé.
Mieux renchérit-elle, «Ces attaques doivent servir d’électrochoc aux dirigeants nigérians, à l’Union africaine et à la communauté internationale. Il est essentiel de protéger des centaines de milliers de civils des assauts répétés de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria».
S’agissant du déploiement des forces onusiennes, en terre nigériane, Amnesty international de souhaiter: «Si cette force devait être envoyée sur place, il est vital qu’elle soit dotée d’un mandat clair de protection des civils, et que toutes les parties engagées dans un éventuel déploiement militaire respectent le droit international humanitaire et le droit international relatif aux droits humains».
Selon, Amnesty international, le  Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine doit discuter, ce jeudi 29 janvier d’un possible déploiement d’une force régionale contre Boko Haram.

Fatou NDIAYE

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