Mauritanie: blocage au procès de militants anti-esclavage

anti esclavistes mautanieRebondissements, ce mardi 16 août en Mauritanie, lors du procès de 13 militants de l’ONG anti-esclavagiste IRA (Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste) jugés en ce moment à Nouakchott pour « usage de la violence ». Ils ont été arrêtés entre fin juin et début juillet pour leur implication présumée dans une manifestation violente lors du déplacement forcé d’habitants du bidonville de Ksar à Nouakchott. Alors que le procureur débutait son réquisitoire et s’apprêtait à diffuser un film à l’aide d’un ordinateur, les avocats de la défense se sont retirés.

Il est environ 17h30 lorsque le procureur veut prendre la parole pour son réquisitoire. Il prévoit pour cela de projeter un film a l’aide d’un ordinateur. Mais à peine a-t-il débuté que les avocats de la défense annoncent leur retrait du procès, au motif que, selon eux, le procureur violerait le code de procédure pénale.

« Nous avons évoqué l’article 278 du code de procédure qui interdit l’usage de tout moyen d’enregistrement de quelque nature que ce soit à l’audience. Et c’est une pratique consacrée depuis une trentaine d’années », explique Me Brahim Ould Ebetty, l’un des avocats de la défense qui refuse de légaliser ce qu’il qualifie de « parodie judiciaire ».

L’avocat des parties civiles, Me Bilal Ould Dick, estime au contraire que le procureur était tout à fait dans son droit, car selon lui, en matière de présentation de preuve, c’est un autre article du code de procédure pénale qui s’applique.

« Nous estimons que la démarche des avocats de la défense est plutôt une démarche de blocage du déroulement du procès, réagit-il. Surtout que le juge a autorisé le parquet à établir tout élément de preuve par l’intermédiaire d’un ordinateur. »

Blocage

En théorie, le procès doit se poursuivre ce mercredi 17 août, mais selon leur avocat, les accusés ont fait savoir qu’ils refuseraient désormais de répondre aux questions de la Cour ou de travailler avec des avocats qui pourraient être commis d’office.

Par ailleurs, ce mardi 16 août, la Cour a refusé de donner suite à la plainte déposée la veille par la défense pour torture. Les accusés avaient déclaré devant la Cour qu’ils avaient été torturés lors de leur détention et demandé qu’une procédure soit entamée contre leurs tortionnaires. Mais la Cour s’est déclarée incompétente.

L’avocat des parties civiles – représentant des policiers et le ministère de l’Intérieur, partie civile dans cette affaire – a également réclamé plus de 70 millions d’Ouguiya – soit environ 180 000 euros – au titre de dommages et intérêts pour les préjudices subis, sur les plans matériel, humain et moral.

rfi

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*