Me Augustin Senghor sur la grève des Lions à Accra : «Je suis surpris par l’attitude des joueurs…» – «Si on peut battre le Liberia samedi, on peut le faire le dimanche»

football senegal_lionsLe quiproquo sur la date du match Liberia-Sénégal s’est ressenti dans la Tanière des Lions où les joueurs ont affiché leur mécontentement. Pourtant, de l’avis de Me Augustin Senghor, président de la Fédération sénégalaise de football (Fsf), malgré les incidences financières de ce report, cela ne doit pas interférer sur la confrontation entre les deux équipes.

Président, quelle est l’incidence du report du match contre le Liberia initialement prévu pour le samedi 15 juin 2013 ?

Les incidences sont d’abord financières. On avait déjà fini tous les préparatifs du match qui doit se jouer au Liberia. Cela entraîne des changements notamment au niveau des réservations d’hôtel où il a fallu prévoir un jour supplémentaire. Au niveau des transports aériens des réaménagements à faire sur les billets, aussi bien pour le déplacement de Dakar à Monrovia que pour le retour à Dakar ou autres destinations prévues par la délégation. Donc, il y a des coûts induits que personnellement je ne peux pas évaluer, mais c’est sûr que cela va générer des frais supplémentaires.

On peut avoir une approximation du montant de ces frais supplémentaires ?

Pour le moment malheureusement, je ne suis pas en mesure de vous le dire parce que c’est plutôt les financiers du ministère des Sports qui peuvent donner les chiffres exacts et je ne voudrais pas m’aventurer dans ce domaine. Il y a éventuellement le fait qu’à côté de ces incidences financières, il y a les désagréments que cela cause à tout ce qui avait été programmé avec les membres du staff technique, avec les joueurs, par rapport au retour à leur destination finale et à leurs vacances. On le sait, en fin de saison, c’est toujours compliqué, les joueurs ont déjà tout bouclé par rapport à leur période de vacances. Donc, c’est à ces deux niveaux-là qu’il faut voir les incidences négatives et le préjudice que subissent la fédération sénégalaise de football, les joueurs et dirigeants.

Et il paraît que les joueurs n’ont pas vraiment goûté à cet état des faits.

Je ne pense sincèrement pas que ce soit la raison dominante de leur mouvement d’humeur. Peut être qu’il faut chercher les raisons ailleurs. Moi, je pense que le capitaine (Mouhamed Diamé) l’a dit. Ils reprochent un certain nombre de choses liées au déplacement entre Luanda et Accra. Semble-t-il, ils auraient souhaité avoir un vol spécial et dans un premier temps, c’est vrai, l’Etat avait annoncé que cela se ferait et on a été confronté à la dure réalité des moyens qui font qu’à un certain moment l’Etat a révisé sa position. Mais l’un dans l’autre, on ne peut pas dire qu’on a voyagé dans des conditions compliquées quand on sait que comparativement à nous, c’est aujourd’hui seulement que les Libériens qui ont joué le même jour en Ouganda, sont arrivés chez eux. C’est vous dire que eux (Les Lions), ils sont arrivés depuis dimanche à Accra. Ils ont eu le temps de se reposer, de récupérer. Aujourd’hui, c’est les avatars même de la compétition africaine. En Afrique, les distances sont non seulement longues mais aussi compliquées parce qu’il n’y a pas assez de désertes d’un pays à l’autre et tout cela doit être pris en compte en termes de compétition pour l’athlète, le joueur de foot qui veut évoluer dans un contexte africain.

«Changer la date du match ne peut pas justifier ce qui s’est passé»
En tant que président, comment avez-vous apprécié ce mouvement d’humeur ?

J’ai été surpris par l’attitude des joueurs parce que ça détonne un peu avec l’ambiance qui a prévalu au sein de la Tanière après le match. Je pense que les joueurs avaient fait un match correct. On avait préservé l’essentiel c’est-à-dire un bon résultat qui nous permettait de conserver la première place. On aurait compris que ce mouvement d’humeur soit justifié par des manquements au niveau des conditions de séjour ou des conditions alimentaires, mais dans l’ensemble, ces aspects n’ont pas eu à provoquer cette situation. Mais le simple fait de changer de 24heures la date du match, ce qui entre dans les prérogatives de la Fifa, ça aussi il faut le dire, ça ne me semble pas justifier, dans un contexte de professionnalisme ce qui s’est passé. Quoi qu’il arrive, je pense que le footballeur, surtout quand il est professionnel doit rester sur le terrain. Un jour de perdu dans une séance peut porter préjudice. C’est à ce niveau-là que nous avons plus été surpris. C’est pour nous l’occasion de faire comprendre aux joueurs que nous essayons du mieux que l’on peut, l’Etat comme la Fédération, même si nous savons que tout cela n’est pas évident. Maintenant il faut qu’on sache raison garder et que l’on se dise que tout ça c’est dans le respect du maillot national que nous partageons tous.

Président ne pensez-vous pas que la Fifa ait fait preuve quand même de légèreté dans cette affaire ?

Je pense qu’à ce niveau la lettre de la Fifa est assez édifiante. Elle s’est confondue en excuses parce que simplement la faute se situe à son niveau. Cela veut dire que même les institutions les plus organisées peuvent faillir comme le représentant de la Fifa l’a dit dans le courrier. Il y a plusieurs matchs à programmer dans des conditions assez particulières et certaines choses peuvent échapper à l’œil le plus averti. Après cela, on sait qu’on peut reprogrammer un match de football 24 heures après à cause de cas de force majeure comme les intempéries, les situations imprévues. Il faut noter aussi que dans la circulaire que nous avons reçue, il est écrit que la tranche dans laquelle les matchs doivent se jouer à chaque journée est de trois jours c’est-à-dire du vendredi au dimanche. Donc, il est loisible soit au pays qui organise, soit à la Fifa de pouvoir faire des modifications dès l’instant que l’on ne sort pas de cette tranche. Qui plus est quand il y a une erreur qui est reconnue, en sachant que demain nous on peut se retrouver dans une situation où on aura besoin soit d’un pays soit de la Fifa une certaine compréhension, après qu’on ait fait notre lettre de contestation, nous aurions pu persister, mais on s’est dit que ça ne valait pas la peine. D’ailleurs quand on jouait contre l’Angola, les procédures pour les demandes de visas avaient posé problème nous avions dû recourir à la Fifa pour qu’on puisse accepter la délivrance des visas à l’entrée. Donc ça se passe comme ça c’est un échange de bons procédés. Ça ne sert à rien de se braquer contre la Fifa. En termes d’incidences sportives, ce qui nous intéresse, au fait de jouer samedi ou dimanche, si on est suffisamment bons ou compétitifs, si on est capable de battre le Liberia le samedi, on est aussi capable de le faire le dimanche. Je l’espère on les battra dimanche s’il plaît à Dieu.

 Écrit par Arona BASSE Lequotidien

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