Meeting Paris Saint-Denis – Bolt "n'est pas invincible" Usain Bolt est arrivé mardi à Paris en vue du Meeting Areva. S'il veut toujours dominer le sprint, il se méfie des "jeunes aux dents longues".

Usain BoltUsain, comment vous sentez-vous ?

Usain Bolt : Fatigué, car la journée a été longue. Mais en très bonne forme. Je me sens de mieux en mieux au fur et à mesure des compétitions. J’espère une très bonne course samedi soir, au Stade de France, sur 200 mètres. A l’approche des championnats du monde, j’ai besoin de courses relevées, pour savoir où j’en suis, pour me situer par rapport aux autres et plus encore par rapport à moi-même.Comment jugez-vous votre saison, jusqu’à maintenant ?

U.B. : Ma première course n’a pas été fameuse. Je manquais d’énergie. Mais j’avais connu l’an passé un début de saison comparable, avant de réussir mes Jeux de Londres. Du coup, j’y vois comme un signe. Par la suite, j’ai été plutôt satisfait de mes performances aux sélections jamaïcaines. Sur 100 mètres, ma deuxième partie de course, les 60 derniers mètres, ont été bons. Les 40 premiers l’étaient un peu moins, mais je vais travailler ce secteur de la course. Ces sélections m’ont donné confiance pour la suite de la saison. Et je sais que je me sens de mieux en mieux au fur à et mesure de mes sorties. La compétition renforce ma motivation et me permet de trouver le rythme. Vous avez été épargné par les blessures ?

U.B. : Pour l’instant, oui. La blessure fait partie du jeu, je le sais, je l’ai appris à mes dépends. Mais j’ai aussi appris à la prévenir. Aujourd’hui, je suis plus sage que lors de mes débuts. J’ai compris que mon corps avait besoin de plus d’attentions, qu’il ne réagissait plus comme avant. Je m’interdis certaines choses que je m’autorisais par le passé. Après avoir tout gagné, que pouvez-vous attendre de la suite de votre carrière ?

U.B. : Je veux dominer le sprint jusqu’aux Jeux de Rio. Dominer la concurrence, rester le meilleur malgré tous ces jeunes sprinteurs aux dents longues qui pointent leur bout du nez et veulent tous me battre. Je me souviens d’avoir demandé à Michael Johnson, l’année de sa retraite sportive, ce qu’il pensait de sa carrière. Il m’avait expliqué sa fierté d’avoir pu dominer sa discipline jusqu’au bout. Mon objectif est le même.

Vous sentez-vous encore capable de battre vos records du monde ?

U.B. : En grande compétition, peut-être. L’an passé, après les Jeux de Londres, j’ai expliqué que mon objectif pour 2013 était de retrouver toute ma vitesse. J’ai travaillé dans ce sens. Je sais qu’il est plus facile de battre un record du monde dans un championnat du monde, à cause de l’enjeu, de la motivation, de la piste. Je peux encore y arriver.

Vous considérez-vous comme invincible ?

U.B. : Non. Je n’ai jamais prétendu l’être. Sur une course, tout le monde peut être battu. Mais je sais que, au sommet de ma forme, dans une grande finale, il est très très difficile de me battre.

L’athlétisme jamaïcain vient d’être secoué par le contrôle antidopage positif de Veronica Campbell-Brown. Qu’en pensez-vous ? Vous-mêmes, êtes-vous propre ?

U.B. : Je ne peux pas m’exprimer à la place des autres. Mais oui, je suis propre. Je l’ai toujours été. Je veux bien être contrôlé n’importe quand, aussi souvent qu’il le faudra… sauf à 6 heures du matin ! (rires) Et je suis favorable à la proposition de mon coach, Glen Mills, d’installer un laboratoire en Jamaïque.

Avez-vous des nouvelles de Yohan Blake et de sa participation aux Mondiaux à Moscou ?

U.B. : Oui, j’ai des nouvelles récentes. Mais je les garde pour moi. Il ne m’appartient pas de les divulguer. Vous allez rencontrer Christophe Lemaitre au Meeting Areva, samedi soir. Que pensez-vous de lui ?

U.B. : Je n’ai pas trop suivi sa saison jusqu’à maintenant. Mais je sais qu’il a battu Justin Gatlin. Il est performant. Mais je n’ai pas l’habitude de me focaliser sur un adversaire en particulier. En sprint, il faut faire attention à tout le monde.

Comment réagissez-vous en apprenant que votre seule présence attire 10000 spectateurs supplémentaires ?

U.B. : J’en ai pris l’habitude. A mes débuts, j’avais du mal à comprendre le phénomène. Et puis, année après année, j’ai vu de plus en plus de gens venir dans les stades pour me voir courir. Aujourd’hui, je sais que j’attire les foules. Tant mieux.

Quel athlète vous semble le plus dangereux dans la perspective du 200 mètres des championnats du monde à Moscou ?

U.B. : Mes sept rivaux en finale seront dangereux. Ils seront tous très rapides et voudront tous me battre. Tyson (Gay) a bien couru cette saison. Et les jeunes, Warren Weir et Nickel Ashmeade, progressent.

Aujourd’hui, qu’est-ce qui fait encore avancer Usain Bolt ?

U.B. : J’aime la compétition. J’y prends toujours autant de plaisir. Plus je cours en compétition, plus j’ai envie de me dépasser. Mon défi, ces trois prochaines années, sera d’aller jusqu’au bout de l’olympiade en restant le meilleur. Pour cela, je vais devoir maintenir saison après saison un même niveau de performance. Mais j’y suis préparé. Je travaille tous les jours pour cela.

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