MENACE DE PENURIE DE CHARBON: ALI EL HAÏDAR REPOND A SES DETRACTEURS «Nous allons maintenir le cap sans nous laisser divertir»

ALI EL HAÏDARQuelques heures après la sortie de producteurs locaux des forêts aménagées décriant la politique de quota du ministre de l’Environnement et du développement durable pour  les coupes d’arbre, Ali El Aïdar se dit déterminé à «mettre de l’ordre» dans le secteur. «Il nous faut mettre de l’ordre dans ces associations pour leur demander déjà à être représentatives parce ce que souvent elles parlent mais il n’y pas de renouvellement».

Le ministre qui s’exprimait hier mardi 11 juin en marge l’ouverture de l’atelier de deux jours sur le «Financement du secteur de l’environnement: les mécanismes innovants» a affirmé qu’il ne se laissera pas divertir car c’est l’intérêt  du Sénégal qui est en jeu. «Donc notre politique de développement durable, nous allons la soutenir et nous allons maintenir le cap sans nous laisser divertir par ce que peut dire une association ou une autre. C’est l’intérêt du Sénégal, c’est l’intérêt de la ressource, c’est l’intérêt du développement durable qui est en jeu là», a-t-il répondu.

Selon lui, dès son arrivée aux affaires, une enquête a été menée avec l’Inspection interne qui a révélé «qu’il y avait beaucoup de dérives, beaucoup de trafic et beaucoup de manque de sérieux dans la gestion de l’exploitation du charbon, du bois. Je peux donner deux chiffres qui sont criants et très importants. En trois mois, sur le poste de contrôle de Kaffrine, on a enregistré le passage de 1560 camions de 30 tonnes de bois, 2580 camions de 20 tonnes de charbon dans un quota qui lui est bien en deçà de cela. Nous avons mis un terme à ces dérives. Bien sûr il y a différents groupes qui sont contres, d’autres sont d’accord».

La filière charbon génère 10 milliards par an

Par ailleurs, prenant part à la rencontre, Gilles Rebattet, Chef  du groupe des Partenaires techniques et financiers actifs dans le secteur de l’environnement (Union européenne) a annoncé que «la filière charbon génère 10 milliards F Cfa par an de potentialité. Mais elle est menacée par les feux de brousse».

A son avis, la rencontre sur les financements verts est d’actualité pour deux raisons notamment le fait que les opportunités sont grandes et le Sénégal a des atouts car il possède des terres, de l’eau. Suffisant pour qu’il s’interroge: «le problème, c’est pourquoi subventionner avec les fonds publics des projet de développement nuisibles à l’environnement alors qu’investir dans le développement durable est rentable».

L’autre raison, a-t-il ajouté, c’est qu’avec la raréfaction des ressources financières, il faut de nouveau mécanismes pour compléter l’aide publique notamment la contribution des populations, le prélèvement de taxes… Bref «le temps de l’action est venu au Sénégal et partout dans le monde». Et depuis 30 ans le Sénégal a su compter sur des partenaires fidèles, a salué Gilles Rebattet.

Et le ministre ; convaincu qu’il faut multiplier des initiatives pour des croissances durables, de rassurer que le Sénégal s’est engagé résolument dans le développement durable. En atteste, le budget du ministère de l’Environnement qui est passé de 0,87% à 1% du budget national en 2013, soit environ 26 milliards de nos francs « (…) parce que l’environnement c’est la durabilité de l’agriculture de l’élevage, de la pêche.

Donc il ne faut pas prélever la ressource toute de suite pour une économie qui ne serait pas durable, il faut gérer la ressource de manière à ce qu’on puisse la préserver durablement».
Pour rappel, des producteurs de charbon de bois des régions de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou réunis à Tambacounda, il ya deux jours donné de la voix contre ce qu’ils qualifiaient de «mesures impopulaires et inappropriées du ministre de l’Environnement de nature à bloquer les activités des producteurs de charbon et de bois». Tout en prédisant une pénurie de bois, ils ont invité le chef de l’Etat «à démettre Ali Haïdar de ses fonctions pour incompétence».

Le lendemain, des Coopératives ou du GIE des neuf régions restantes ont porté la réplique. C’est dernier qui se disent en phase avec la tutelle, réclament du président de leur fédération nationale, des comptes notamment sur la gestion des taxes prélevés des chargements de camions de charbons à partir de Bargny.

Ibrahima DIALLO

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