Meurtre de Mamadou Doudou Diallo : Les «Droits de l’hommistes» s’indignent

La Sidh, la Raddho, la Lsdh et Amnesty international Sénégal ont la même exigence : Elles réclament la lumière sur le meurtre du détenu Mamadou Doudou Diallo mort sous les balles d’un garde pénitentiaire.

Dans des communiqués, ces associations de défense des droits de l’Homme condamnent et réclament l’ouverture d’une enquête et la fin de ces bavures.

Les défenseurs des droits de l’Homme au Sénégal sont montés au créneau hier suite au meurtre du détenu en cavale Mamadou Doudou Diallo abattu par un garde pénitentiaire. Dans des communiqués de presse, ils «condamnent» le «meurtre» de Mamadou Doudou Diallo le 27 septembre à Sinthiou Roudié.

«La section sénégalaise de la Société internationale pour les droits de l’Homme (Sidh/Sénégal) condamne énergiquement la bavure commise par le garde pénitentiaire, Salif Diouf en tirant à balle réelle sur le détenu Mamadou Doudou Diallo», écrit cette organisation. Elle «désapprouve la gestion des bavures des agents d’application des lois».

Dans son texte, la section sénégalaise de la Sidh «regrette l’insuffisance de la volonté des autorités publiques et judicaires à combattre l’impunité quand des agents d’application de la loi sont indexés par le caractère inachevé des procédures enclenchées».

Elle accuse : «Soit il y a  ouverture officielle d’une enquête suivie de quelques actes liminaires  puis plus  rien, ainsi l’enquête est  ouverte mais ne bouge pas. Soit ouverture officielle d’enquêtes avec de longs intervalles entre chaque acte d’investigation tout au long de la procédure et au bout quelques mois les inculpés bénéficient de la liberté provisoire pour des crimes de torture».

Pour prévenir ce genre de dérives, la Sidh invite le gouvernement «à parachever la loi  sur la réparation et l’indemnisation pour les victimes de torture et de bavures des agents d’application de la loi». Elle appelle aussi l’Etat «à renforcer les moyens d’intervention de l’Observateur national des lieux de privation de la liberté (Onlp) et du juge d’application des peines afin que leurs présences fréquentes dans les prisons, brigades de gendarmerie et commissariats soient dissuasives contre la torture ou les mauvais traitements».

La Raddho, la Lsdh et Amnesty international Sénégal réclament une autopsie
Pour plus de clarté dans cette affaire qui suscite l’émoi à Kédougou, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho), la Ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh) et Amnesty international Sénégal réclament, dans un communiqué commun, une autopsie.

«Compte tenu de la controverse qui existe déjà entre la famille, les témoins oculaires et l’administration pénitentiaire sur les circonstances du décès et la nature des blessures ayant entraîné ce décès, nos organisations exigent qu’une autopsie soit pratiquée sur le corps avant l’inhumation», lit-on dans le document.

Elles crient à la «violation flagrante des normes internationales qui régissent cet usage». «Mamadou Doudou Diallo ne présentait aucun danger ni pour les agents, ni pour autrui comme l’attestent les nombreux témoi­gna­ges recueillis sur place.

Par conséquent il ne saurait être invoqué l’état de nécessité absolue d’usage d’arme à feu encore moins la légitime défense», estiment ces organisations. En conclusion, elles «exhortent le procureur de la République de Tambacounda à ouvrir une enquête pour faire la lumière sur ce meurtre qui vient s’ajouter à la longue liste de Sénégalais tués par les Forces de sécurité».

  • Écrit par  Awa GUEYE

agueye@lequotidien.sn

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