MIMI, PREMIER MINISTRE « Yoonou Yokouté » en marche?

La surprise du Chef, Macky SALL, de nommer MIMI Touré, Premier ministre, ce dimanche 1er Septembre, aura été de courte durée mais très intéressante politiquement. Première lecture : l’APR prend enfin le pouvoir en mettant à la tête du gouvernement une militante de la première heure, partisane, avec son clan, de “l’APR d’abord”, et surtout pas l’APR des militants de la 30ème heure.mimi touré portrait

La deuxième lecture, c’est la consécration de la femme, de la femme sénégalaise en particulier, au moment où la question du genre et la mise en application de la loi sur la parité agite la vie de nos institutions. De surcroît, la nouvelle Premier Ministre, réputée Dame de fer, ne s’entoure point de compromissions ni de fioritures dans l’accomplissement de ses missions à elles confiées.

Toutefois cette nomination au poste de Premier ministre de l’ancienne Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, ne traduirait-elle pas un signal de décélération par le Président Macky SALL dans la traque des biens supposés mal acquis, dont le traitement reste, tout de même, poussif, tonitruant et trop bruyant, malgré la radicalisation incarnée par son ex animatrice, qui, pour peu que le Chef de l’Etat veuille la maintenir, ne pouvait occuper une “station” inférieure dans l’architecture gouvernementale autre que celle de Premier ministre. Et la tête de Abdoul Mbaye se découpa avec le sabre de Macky SALL!

Au demeurant, la nouvelle Premier Ministre bénéficie d’un préjugé favorable auprès d’une large frange de la population par son cursus et ses compétences clamées sur tous les toits. Cerise sur le gâteau, elle allie les profils de femme politique et de technocrate. Quoi demander de mieux pour conduire les immenses charges d’un gouvernement avec les énormes défis qui l’attendent.

Cependant cela ne suffit point. La Premier Ministre Aminata Touré explique que le monde est en crise, une crise qui frappe l’Europe, les Etats Unis, l’Asie et, bien entendu, n’épargne pas le continent africain et notre pays. La forte demande sociale reste marquée par l’urgence de la résolution des inondations qui ont fini d’installer la détresse auprès des populations impuissantes.

Jusqu’ici le gouvernement de Abdoul Mbaye n’a pu rien faire ou n’a pas eu le courage, avec le Président de la République, de prendre la seule décision qui vaille: déloger littéralement les occupants des zones inondables et les installer dans des endroits plus décents, avec un plan directeur d’aménagement cohérent et assaini. Les jeunes, en majorité sans emploi, sans formation professionnelle et sans perspectives claires dessinées par le “yoonou yokouté” et non encore mises en musique, restent un casse-tête pour le gouvernement et une source d’inquiétude des chefs de famille. Et quoi d’autre comme défis?

Comme disent les ouolofs, “fo lale, dafaye méti”, tellement tout est priorité dans ce pays. L’agriculture, l’élevage, le commerce et la question des monopoles- qu’on a du mal à démanteler pour d’obscures raisons- et, last but no least, l’éducation qui stagne et se consume à petits feux, alors qu’elle devrait baliser les voies de l’espoir pour notre pays. Absence de politique éducative, agricole, sportive, tout est à construire ou à reconstruire. Ce sera dans la durée et dans la douleur. Il faudra expliquer, jouer dans la transparence, dans la justice et l’équité pour amorcer les ruptures nécessaires et réclamées par un peuple sénégalais exigeant et rebelle. En attendant, place au travail!

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