Mouhamadou Lamine Thiam, porte-parole de la famille de feu Ndiaga Diouf : «Nous avons espoir que l’affaire sera élucidée pour qu’enfin Ndiaga Diouf repose en paix»

barthelemy-diasL’OBS – Barthélémy Dias sera entendu le 20 octobre prochain, sur l’affaire Ndiaga Diouf dont il est le présumé meurtrier. La famille du défunt s’en dit soulagée et satisfaite. En attendant la suite de la procédure judiciaire, Mouhamadou Lamine Thiam, l’oncle du défunt, s’est confié à L’Obs.

«L’annonce du jugement de Barthélémy Dias pour le 20 octobre a rallumé la flamme de l’espoir qui s’était éteinte, car depuis que Ndiaga Diouf a été tué le 22 décembre 2011, sa famille n’a jamais cessé de réclamer justice. Nous avons toujours voulu que cette affaire qui a fait couler beaucoup de salive soit jugée. Depuis 5 ans, nous avons constaté tous les rebondissements que cette affaire a connus. Pour que l’âme du défunt repose en paix, nous avons hâte d’en finir. Nous ne pouvions concevoir que les choses traînent, alors que Barthélémy Dias a soutenu, à haute et intelligible voix, avoir tiré et atteint des personnes, mais aussi que ceux qui voulaient voir des morts n’avaient qu’à aller à l’hôpital. Il se glorifiait d’avoir atteint sa cible. Comment un dossier aussi limpide que l’eau de roche traîne-t-il, alors que de présumés coupables croupissent en prison depuis plusieurs années ? Quelques semaines après, il a été inculpé pour homicide volontaire, détention illégale d’armes à feu et coups et blessures volontaires. Le 22 mai 2012 et pour des considérations politiciennes, il avait été élargi de prison, étant, pour les besoins des Législatives, pressenti dans la liste de la coalition Bennoo Bokk Yaakar (Bby) bénie par le président de la République. Le 22 février 2013, le procureur de la République avait décidé de l’envoyer en Cour d’assises. Il sera démis le 22 avril de la même année. Celui qui l’a succédé décidera que l’affaire devait aller en Correctionnelle. Depuis lors, rien n’a été fait et Barthélémy Dias est plus libre que jamais. Maintenant, tout ce que nous voulons est que cette affaire soit vidée, pour qu’on passe à autre chose. C’est regrettable, dans un Etat réputé de droit, que l’on fasse du dilatoire pendant cinq ans et pour une affaire qui ne souffre aucune ambiguïté. Nous prions et espérons que ce jugement sera le dernier et édifiera l’opinion sur cette affaire moralement pesante et qui n’a que trop perduré.»

«Barthélémy Dias s’est lui-même auto-culpabilisé»

«Nous n’avons pas désigné un coupable, il s’est, lui-même, auto-désigné. Nous ne sommes pas amnésiques au point d’oublier ce qu’il avait dit (‘’J’ai atteint trois personnes dont l’une mortellement. Si vous voulez en avoir le cœur net, allez dans les hôpitaux’’). Quelques jours plus tard, des avocats, chargés de sa défense, plaidaient la légitime défense. Donc, ils avaient reconnu sa culpabilité. Me Pape Khaly Niang qui en faisait partie, avait dit que dès lors que Barthélémy Dias avait reconnu les faits, il n’était plus question de chercher le coupable, mais pourquoi il a tué. C’est Barthélémy Dias qui a lui-même avoué son meurtre. Nous ne réclamons que justice pour Ndiaga Diouf qui était l’aïné et le soutien de sa famille, avec tout ce que ce statut comporte comme charges et symboles. Le défunt était plombier, comme son père. Encore affectée par la mort tragique de son fils, sa mère vit recluse dans sa maison de Thiénaba. Jusqu’à présent, nous nous interrogeons sur les raisons qui ont motivé Ndiaga à avoir des accointances avec des politiciens qui symbolisent le mensonge, l’hypocrisie, entre autres contrevaleurs, au point de se faire tuer ainsi.»

«Nous réclamons le même sort pour ces responsables du Pds qui ont manipulé et conduit Ndiaga Diouf à Mermoz»

«Il est vrai que Ndiaga Diouf et Cie ne sont pas exempts de reproches, pour avoir accepté d’aller jusqu’à Mermoz. Mais il faut se demander qui les a conduits là-bas et pourquoi. C’est à partir du siège du Pds qu’ils ont été convoyés à Mermoz. A ce que je sache, il était recruté, avec d’autres jeunes, pour servir de gardes du corps à certains pontes du Parti démocratique sénégalais (Pds). Ce jour-là, je regardais une télévision étrangère, lorsque j’ai vu défiler au bas de l’écran une information faisant état de la blessure de trois individus et de la mort d’un jeune tué par balle, suite à des affrontements entre camps politiques adverses. Je ne pouvais imaginer que Ndiaga Diouf, innocent et doux comme un agneau, en faisait partie. Les politiciens qui les ont instrumentalisés amenés à Sicap-Mermoz doivent être traqués, identifiés et subir le même sort que son meurtrier. Ce qui se passe dans ce pays est inimaginable. Des gens commettent des crimes économiques et sont en liberté, alors que des pauvres, pour de petits larcins, se meurent en prison. Le Sénégal ne mérite pas que la crédibilité et l’indépendance de sa justice soient remises en cause.»

«Certains ont voulu faire dans la récupération…»

«Des avocats ont voulu que le dossier leur soit confié de façon gratuite, mais nous avons décliné l’offre d’accompagnement juridique. Pour le député Seydina Fall, c’est moi-même qui suis allé vers lui, en tant que porte-parole de la famille, pour qu’il s’implique dans le dossier. Ce qu’il a accepté sans poser de conditions. Le contraire m’aurait surpris, car c’est après avoir eu écho des préoccupations qu’il a pour la banlieue et Guédiawaye, que je suis allé le voir. Il aurait pu s’embarrasser de considérations partisanes, pour ne pas s’approprier le combat pour le jugement de l’affaire, mais il a su faire montre de courage pour dire la vérité. Et l’on espère que cette vérité triomphera, pour qu’enfin, Ndiaga Diouf repose en paix. J’en profite pour exhorter les jeunes de la banlieue à refuser de renier leur humanité, moyennant des miettes, au risque de se faire manipuler comme des moutons de panurge par des politiciens sans foi ni loi, en réalité, mus que par leurs intérêts crypto-personnels, à refuser d’être sacrifiés sur l’autel des ambitions politiciennes. C’est le meilleur hommage qu’ils puissent rendre à Ndiaga Diouf.»

Amary GUEYE

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