Moustapha Niasse et le signe indien

moustapha niasse tvLe climat politique est chargé de choses si subtiles qu’une petite déclaration sur les mécanismes d’importation de riz peut faire l’effet d’une étincelle au-dessus d’un baril de poudre.

La sortie de Moustapha Niasse est tout sauf fortuite. Et ce n’est pas pour rien qu’elle a soulevé un tollé, quoique géré avec tact, aussi bien du côté de l’Assemblée nationale que du côté de l’Exécutif.

Après l’onde de choc, la Direction de la Communication de l’Assemblée est montée au créneau pour circonscrire le feu qui commençait à prendre. Ou, à tout le moins, le ramener à un niveau où la «brûlure de la vérité» n’embrase pas tout.

Ce n’est pas pour rien qu’au niveau de Bby des voix, comme celle de Tanor, se soient élevées durant le week-end, pour repréciser que «la baisse des prix des denrées est bien possible». Ce n’est pas pour rien, non plus, que le Directeur de cabinet du président de la République soit sorti de sa réserve pour assurer les Sénégalais que «la baisse du coût de la vie» demeure toujours «la priorité des priorités» pour le chef de l’Etat. Mais aussi que le Premier ministre ait convoqué dans la foulée, hier après-midi, une réunion consacrée «aux mesures de sauvegarde du pouvoir d’achat».

Et si toute cette frénésie, du côté des coalisés comme de l’Exécutif, n’est pas pour rien, c’est qu’il y a quelque chose : un feu derrière toute cette fumée. Ce feu, qu’a tenté de circonscrire la Communication de l’Assemblée nationale, va bien au-delà de la sortie de Niasse.

Niasse va boucler un an à la Présidence de l’Assemblée nationale, le 30 juillet prochain, dans exactement huit semaines. Un premier anniversaire de toutes les incertitudes, car il devra remettre en jeu son «mandat», selon les textes en vigueur qui imposent le renouvellement du bureau tous les douze mois.

Si à l’installation de la nouvelle Législature, il y a un an, Niasse était présenté et adoubé par le président de la République comme deuxième personnage de l’Etat et dauphin constitutionnel, pour cet anniversaire, il n’aura pas cet honneur. Il devra lui-même batailler pour se présenter, c’est-à-dire convoiter son propre fauteuil, demander à rester au poste, sur son propre bilan. Une situation cornélienne pour quelqu’un ayant toujours proclamé qu’il n’était demandeur de rien.

Et d’ailleurs, n’était-ce pas dans les accords entre les deux alliés dont le pacte aurait été scellé sur du… «sacré» ? Un accord global tacite qui stipulerait que Niasse soit président de l’Assemblée nationale pour toute la Législature afin qu’on ne le déstabilise pas par l’annualité d’un mandat qui expose le deuxième personnage de l’Etat à l’ignominie d’un probable putsch qui pourrait être ourdi par le plus «petit» des députés… comme Macky en a été victime en 2008 avec Wade père.

A quelques semaines de la date fatidique, et alors qu’aucune réforme n’est enclenchée du «dedans» pour ramener le mandat à cinq ans, Niasse s’impatiente, le montre et se montre. Surtout que d’aucuns voudraient voir la révision du mandat du président de l’Assemblée nationale dans le package de réformes concoctées par Amadou Mahtar Mbow dont la commission n’a pas encore livré ses conclusions qui prendront également du temps à être constitutionnalisées par référendum ou vote aux trois cinquième des députés.

En attendant, Niasse qui n’est pas né de la dernière pluie, et rusé comme un vieux Sioux, quand il veut parler de choses que les communs ne doivent pas savoir, envoie des signaux de fumée. Et espérant que de l’autre côté, on décryptera.
Par Daouda DIARRA

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