NECROLOGIE – Enterré hier au cimetière municipal de Pikine: Falaye Baldé subit son dernier revers

La mort a encore croqué la vie d’une ancienne gloire de la lutte. Après la disparition de Papa Kane le mois dernier, c’est au tour de Falaye Baldé d’être terrassé par la mort. Décédé avant-hier nuit à l’hôpital Fann à la suite d’une longue maladie, le père de Ama Baldé a été enterré au cimetière de Pikine, hier après-midi. Il rejoint dans sa dernière demeure, Alioune Sèye, une autre ancienne gloire enterrée à Pikine.

Disparu  à l’âge de 81 ans, Falaye Baldé est l’apport du Sud dans la marche de la lutte. Originaire de Gabou (Guinée-Bissau) et auteur d’une chorégraphie rythmée au son du «Sowrouba», le défunt a été la synthèse entre la culture de la Casamance et celle de la Guinée-Bissau.

Réussissant son ancrage au Sénégal, symbolisé par le mariage avec son ex-femme, la défunte célèbre danseuse Ndèye Khady Niang qui a contribué à renforcer sa notoriété, Falaye Baldé «est un lutteur à l’arsenal mystique impressionnant», témoigne le doyen Bamba Dramé, ancien journaliste à Walf quotidien. Avant de  souligner que les lutteurs comme Double Less ont marché sur ses traces. D’où le monde fou qui a tenu à lui rendre un hommage digne de son rang.

Les anciennes gloires, à l’image de Manga 2, Toubaboudior, Mor Fadam, Mbaye Guèye et Moustapha Guèye étaient présentes à son enterrement. Les promoteurs n’ont pas été en reste. En voyage, le ministre des Sports, Mbagnick Ndiaye, a dépêché son directeur de cabinet, Tanor Gningue, sur les lieux. Le maire de Pikine, Pape Sagna Mbaye, est venu partager la douleur avec la famille éplorée. Laissant un vide au sein du «Sénégal de la lutte», la mort de Falaye Baldé a plongé les siens dans une grosse consternation.

Les yeux embués de larmes, Ama Baldé  était abattu par la perte de son père dont il était très proche. Le grand frère, Jules Baldé, reste inconsolable. Dans la douleur, les soutiens ne manquent pas. Quasiment toute la famille des lutteurs était présente. A l’image de Balla Bèye 2, fils de la localité et très proche de la famille Baldé. «C’est une grande perte pour la lutte sénégalaise. J’étais gamin lorsqu’il débutait sa carrière. Il venait accompagner Double Less lorsque je faisais face à ce dernier.

C’était un doyen», se souvient l’ancienne gloire Touba­boudior. Très touché par la disparition de Falaye Baldé, Manga 2, président de l’Association des anciennes gloires, profite de l’occasion pour informer de sa volonté d’adresser une correspondance au président de la République pour soutenir ces sportifs souffrants et qui ont tout donné au Sénégal. «C’était un bon lutteur», confie Mor Fadam. Un avis partagé par Mbaye Guèye  qui suggère que l’Arène nationale porte son nom.

amadoumbodji@lequotidien.sn

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