Nicolas Sarkozy, conférencier indécent et inéligible

Sarko_Abou-Dhabi01Il y a une semaine, l’ancien président de la République était à Abou Dhabi pour faire un de ces conférences payées autour de cent mille dollars (le billet vert étant la principale unité de compte de ces lieux), comme l’a révélé Marianne. Il ne semble même pas se rendre compte de son indécence !

Prends l’oseille et tire-toi !

L’ancien président de la République est absolument incroyable. On raconte qu’il disait qu’après avoir été président de la République, « il ferait de l’argent ». Et de facto, il le fait, au prix moyen de cent mille dollars par conférence, que ce soit pour Goldman Sachs, ou le fond souverain d’une pétromonarchie. L’argent n’a pas d’odeur pour certains. Nicolas Sarkozy n’a donc pas vu de conflit d’agenda entre cette conférence et l’élection législative partielle du Doubs où l’UMP était à la lutte avec le PS pour affronter le FN au second tour. Il n’a même pas semblé juger bon d’anticiper l’éventuelle décision épineuse qui pouvait se profiler en cherchant à aligner le parti dont il est pourtant en charge.

Résultat, une séquence désolante qui donnerait presque l’impression que François Hollande est un bon gestionnaire. Un parti qui se déchire et la présentation d’une motion de synthèse à la mode Hollande qui appellait à s’abstenir, voter blanc ou PS, et qui se fait battre de justesse, laissant néanmoins le temps à la cacophonie de s’installer, au point que le doute semble s’installer au sein de l’UMP sur les capacités de l’ancien président à simplement gérer un parti. Dire qu’il disait revenir en politique par devoir ! Ce devoir semble peser moins lourd que les pétrodollars pour celui qui ne semble même pas comprendre les devoirs élémentaires d’un président de parti, oublilés à Abou Dhabi.

Disqualification au cube

Le comportement de l’ancien président est indécent. D’abord, sa campagne de 2012 a coûté entre 32 et 38 millions, contre 21 pour le plafond légal, couvert par des fausses factures. S’il le savait, c’est un escroc qui devrait en répondre devant la justice. Soit il l’ignorait, et dans ce cas, cela pose la question de sa capacité à gérer une équipe, qui peut, en toute impunité, et sans qu’il s’en rende compte, dépenser 50 à 80% de plus que ce qui est permis. Dans les deux cas, il est disqualifié. Mais ce n’est pas tout, ces conférences posent une question préoccupante : comment faire confiance demain à l’ancien conférencier pour prendre des décisions qui affecteraient ses anciens généreux employeurs ?

Enfin, se pose également la question du financement par l’Etat de son activité d’ancien président de la République, qui coûte la bagatelle d’environ deux millions d’euros par an. Pour un ancien retraité, cela pourrait -être encore passer. Mais pour un candidat à la présidentielle de 2017, cela ne semble pas juste, pour ne pas dire que c’est un détournement de fonds publics. Et ce, d’autant plus qu’on ne peut guère faire confiance à Nicolas Sarkozy pour strictement limiter l’activité des personnes employées par l’Etat à sa seule activité d’ancien président et non à celle de futur candidat. Etant donné son statut, il devrait renoncer à ces avantages qui ne cadrent pas avec un rôle partisan.

Malgré tout, il semble rester populaire à l’UMP, ce qui pourrait lui ouvrir les portes de la présidentielle, à moins que ne lui soit préféré Alain Juppé. Mais, plus le temps passe et plus les dossiers encombrants s’accumulent à son sujet, et il ne semble pas d’en rendre compte…

par Laurent Herblay – 10 février 2015

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