Nigeria: l’opposition choisit son candidat à la présidentielle de 2015

Le président nigérian Goodluck Jonathan
Le président nigérian Goodluck Jonathan
Le président nigérian Goodluck Jonathan

Les délégués du principal parti d’opposition nigérian, le Congrès Progressiste (APC), étaient réunis mercredi à Lagos pour déterminer qui affrontera le président sortant Goodluck Jonathan lors de l’élection présidentielle de février 2015, un scrutin sous haute tension.

Parmi les cinq candidats aux primaires de l’APC, deux sortent du lot: l’ancien dictateur Muhammadu Buhari, l’ex-vice président Atiku Abubakar.

M. Buhari, âgé de 71 ans, a été candidat lors des trois dernières présidentielles pour deux différents partis d’opposition aujourd’hui réunis au sein de l’APC, dont il est l’un des fondateurs.

Ce général à la retraite, célèbre pour avoir mené une « guerre contre l’indiscipline » lors de son court passage au pouvoir, entre 1983 et 1985, a fait de la la corruption et de l’insécurité ses deux priorités de campagne.

Si M. Buhari bénéficie des faveurs de Bola Tinubu, une des personnalités les plus influentes de l’APC, M. Abubakar, âgé de 68 ans, ancien vice-président d’Olesegun Obasanjo de 1999 à 2007, a une meilleure connaissance des rouages de la politique nigériane, selon les experts, et des moyens financiers plus importants.

Le gouverneur de l’Etat de Kano (nord), Rabiu Kwankwaso, un ancien allié du pouvoir récemment passé dans l’opposition, fait aussi partie des prétendants.

En théorie, l’APC, qui regroupe quatre partis d’opposition, a des chances de l’emporter en février contre le parti démocratique populaire (PDP), au pouvoir depuis la fin des dictatures militaires, en 1999.

Le président Goodluck Jonathan est très critiqué pour son incapacité à endiguer l’insurrection du groupe islamiste armé Boko Haram, qui s’est emparé de pans entiers de territoires dans le nord-est du Nigeria et multiplie les attentats meurtriers. L’opinion publique reproche aussi à M. Jonathan son échec à faire libérer plus de 200 lycéennes enlevées en avril à Chibok et toujours aux mains des islamistes.

Sur le plan économique, l’immense majorité des 170 millions du Nigeria vit toujours avec moins de 1,5 dollar par jour dans la première puissance pétrolière d’Afrique, gangrénée par la corruption.

Mais au Nigeria, le parti au pouvoir a pour habitude de mobiliser d’importants fonds publics pour la réélection de ses élus, et d’être le mieux organisé. Ce qui explique la position de favori de M. Jonathan, malgré un bilan difficile à défendre.

L’International Crisis Group a averti, dans un récent rapport, que le scrutin de 2015 s’annonçait « explosif », au vu du climat politique « de plus en plus violent ».

Près d’un millier de personnes avaient péri lors de violences après les élections de 2011, pourtant considérées comme les plus régulières depuis la fin des dictatures militaires.

AFP

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*