NOMINATION DE ME SIDIKI KABA AU MINISTERE DE LA JUSTICE Les justiciables approuvent…

ME SIDIKI KABA MINISTRE DE LA JUSTICE
ME SIDIKI KABA MINISTRE DE LA JUSTICE

A peine nommé Garde des sceaux, ministre de la Justice, Me Sidiki Kaba est au centre des débats qui agitent certains médias sénégalais. Au Palais de justice Lat Dior de Dakar par contre, il y a des justiciables pour saluer le droit de l’hommiste de renommée mondiale et l’inviter à accélérer les réformes.

Si la nomination de Me Sidiki Kaba, au poste de Garde des sceaux, ministre de la Justice, suscite depuis lors beaucoup de polémiques portant pour l’essentiel sur ses anciennes prises de positions en tant qu’avocat et militant des droits de l’homme, il reste que nombres de justiciables ne lui en tiennent pas rigueur. C’est ainsi qu’il n’hésitait pas à ramer à contre courant des intérêts de l’Etat du Sénégal, en prônant notamment la dépénalisation de l’homosexualité.

Au Palais de justice Lat Dior de Dakar, l’ambiance est en effet toute autre. La matinée d’hier, mercredi 4 septembre, soit 48 heures après la formation du nouveau gouvernement, l’atmosphère est à la routine. Ce sont les mêmes interminables allers et retours dans le hall et les bousculades devant les salles d’audience, les petits groupes qui se forment çà et là.

Rien de nouveau donc qui peut attirer l’attention. Idem pour les sujets de discussions, aussi nombreux que les groupes qui se sont constitués. Les rares personnes qui ont accepté d’échanger avec nous sur la nomination du nouveau ministre de la Justice affirment «ne rien attendre de lui, sinon qu’il fasse convenable sa mission».

Certaines font remarquer que «le débat qui est suscité depuis ces derniers jours dans certaines radio et qui portent sur Me Sidiki Kaba est une perte de temps».

Ainsi appréciera une justiciable: «dans ce pays, les gens aiment trop râler pour rien. Il vient tout juste d’être nommé à ce poste, il n’a même pas pris fonction, on voit des langues qui se lèvent pour le dénigrer. On doit le laisser tenter sa chance, je pense qu’il est à sa place. Tout le monde sait qui il est. Son savoir-faire en matière de respect des libertés et de défense des droits de l’homme n’est plus à démontrer. Il est un homme de principe et autonome».

Pour un justiciable en quête de son certificat de nationalité, l’important est ailleurs, puisque, a-t-il relevé, «tout ce que nous attendons de lui, c’est qu’il continue le travail commencé par son prédécesseur sur la traque des biens mal acquis». Pour lui, le nouveau ministre de la Justice doit éclairer les Sénégalais sur ce dossier en le conduisant jusqu’à son terme.

L’autre attente évoquée par notre interlocuteur est relative à la diminution des délais d’arrêt préventive.
… et demandent la continuité de la traque des biens mal acquis

Abondant dans le même sens, un jeune étudiant affirme accueillir «avec une grande joie cette nomination qui renforcera le concept de continuité de l’Etat, surtout dans le cas de certains dossiers comme la traque des biens mal acquis, le renouvellement des infrastructures judiciaires et la réforme du secteur judiciaire national entrepris par l’ancien Garde des sceaux.

Tout ce que nous attendons de lui, c’est qu’il conduit jusqu’à terme tous ces dossiers de façon professionnelle. Il ne faut pas qu’il se laisse influencer par qui que ce soit».

Même sérénité chez certains avocats que nous avons trouvés au bâtonnat, sis au premier étage. Pour ces robes noires, cette nomination constitue un honneur rendu à toute leur corporation. Toutefois, il invite le nouvel homme fort de Dame justice à s’inscrire non seulement dans la continuité mais à accélérer le rythme des réformes entreprises par son prédécesseur pour le bien être du justiciable sénégalais. «On est optimiste pour sa nomination, il a un bon profit pour occuper ce poste.

Tout ce que nous attendons maintenant, c’est qu’il rende effectif la réforme sectorielle du secteur justice, l’indépendance de la justice qui doit dépasser l’état de discours. Mais également se pencher sur l’état désuet de certaines juridictions, surtout dans les régions», a confié Me Papa Séne.

Il a tenu également à mettre en garde les pourfendeurs, «tout ce qu’il avait dit dans le passé, ne concerne que son statut d’avocat. Aujourd’hui, le contexte a changé. On doit le juger à partir de ce qu’il aura comme résultats à la tête de ce département et non sur son passé d’avocat».

Me Moulaye Fall, invite de son côté le nouveau Garde des sceaux à rectifier l’inégalité qui frappe certains citoyens sénégalais placés derrière les barreaux par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). «Il avait assumé que la Crei est contraire aux normes et recommandations internationales en matière de protection des libertés individuelles.

Nous espérons que l’inégalité que cette cour représente sera rectifiée par ses soins», a-t-il assuré. Avant de demander au nom du respect des droits de l’homme, la libération des prisonniers politiques et d’opinion tel que Bara Guaye, responsable des jeunes du Parti démocratique sénégalais.

Nando Cabral Gomis Sudonline

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