Nouvelle crise entre Washington et Caracas: Le Venezuela a expulsé des diplomates américains. Les États-Unis ont riposté en faisant de même.

Nicolas Maduro, le président vénézuélien
Nicolas Maduro, le président vénézuélien
Nicolas Maduro, le président vénézuélien

Washington a expulsé mardi le chargé d’affaires vénézuélien, Calixto Ortega. Il n’était en poste que depuis mai. «Les relations entre nos deux pays sont compliquées, mais je pense que nous pouvons trouver un terrain d’entente», déclarait Calixto Ortega au Figaro en avril, juste avant de s’envoler pour Washington. Manifestement, le terrain n’a pas été trouvé.

Cette expulsion, et celle de deux de ses collègues aux dires des Vénézuéliens, répond au renvoi de trois diplomates américains par Caracas lundi pour «participation à des manœuvres de sabotages économiques et électriques».

«Nous avons repéré un groupe de responsables de l’ambassade des États-Unis qui se consacrait à des rencontres avec l’extrême droite, au financement d’actes de sabotage contre le système électrique et l’économie, accusait Nicolas Maduro lundi. J’ai les preuves entre les mains. Yankees go home!».

L’économie vénézuélienne souffre depuis plusieurs mois de graves perturbations: une forte inflation et des pénuries de nombreux produits de base. Pour justifier ces expulsions, Nicolas Maduro a diffusé une vidéo qui montre des diplomates sortir des locaux d’une association de défense de droits de l’homme dans l’État de Bolivar, preuve, selon le pouvoir, de la conspiration orchestrée par le gouvernement de Barack Obama contre le Venezuela.

La banque centrale, qui publie chaque mois des indices de pénurie, estime que des produits de base comme le sucre manquent à 40 %. Le gouvernement a signé des accords avec la Colombie pour organiser l’importation en urgence de denrées comme la viande ou le lait. Nicolas Maduro est rentré de Pékin il y a quelques jours annonçant triomphalement un nouveau prêt de la Chine de 4 milliards de dollars. Alors que le taux de change officiel est de 6,4 bolivars pour un dollar, il s’échange dans la rue à 40. Le strict contrôle des changes empêche les importations des opérateurs privés, alimentant les pénuries.

Si Hugo Chavez avait coutume d’accuser les États-Unis de conspirer contre le Venezuela, ces allégations se sont multipliées depuis sa mort. Cela a commencé par l’accusation faite par Nicolas Maduro contre les services américains d’avoir «inoculé» le cancer au leader bolivarien.

Il y a eu ensuite en avril l’affaire des mercenaires venus du Costa Rica pour soi-disant pirater les élections et assassiner le candidat de l’opposition Henrique Capriles. La semaine dernière, l’avion présidentiel est tombé en panne. Nicolas Maduro a menacé de porter plainte contre Airbus pour sabotage.

La multiplication de ces accusations montre le désarroi du pouvoir face à une situation économique catastrophique malgré les 90 milliards de dollars de recettes annuelles générées par le pétrole avec comme principale client… les États-Unis.

Source Lefigaro

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