NOUVELLE REPUBLIQUE Question de confiance aux locales 2014 : Etes-vous pour la fin du régime du Président Macky Sall ?

SENEGAL-VOTE-OPPOSITION-FILESMalgré les espoirs encore ténus de voir les promesses du candidat Macky Sall se réaliser, la deuxième alternance se révèle de plus en plus comme une continuation de la première alternance.

Après 12 ans d’espoirs trahis par les stratégies de ruse et de corruption, les 18 premiers mois de la deuxième alternance n’augurent pas un changement de cap dans le sens attendu par les sénégalais. Que faire ?

Lors des prochaines locales, pourquoi ne pourrions-nous pas introduire une question de confiance : Etes-vous pour la fin du régime du Président Macky Sall avant fin 2014 ?

Si la réponse est Non, il reste, alors il aura un mandat renforcé pour continuer ce qu’il fait et les voix comme la mienne se tairont à jamais durant le restant de son mandat.

Si la réponse est Oui, il lui appartiendra d’organiser ce départ soit en démissionnant immédiatement pour se faire succéder par le Président de l’assemblée nationale pour 45 jours, soit en organisant les élections avant décembre 2014 pour passer le pouvoir à son successeur dans la paix et la démocratie. Le Sénégal trouvera encore là l’occasion de prouver son génie démocratique pour faire face à ces hommes politiques qui obstruent son avenir.

Ceux qui attendaient le changement en 2000, sont encore les mêmes qui attendent le changement en 2013. Pour ceux-là, attendre encore 4 ans pour se retrouver devant le même choix en 2017, l’horizon peut sembler trop lointain et même dépressif. Je fais partie de ceux-là.

Je n’accepte pas l’idée que les jeunes qui attendent des opportunités d’emploi doivent finalement se résoudre à différer leurs espoirs en 2017 chez un autre politicien avec des promesses hypothétiques qui n’auront de réalité qu’entre 2017 et 2022, si ce n’est après.

Je ne trouve pas acceptable que pendant cette décennie qui sera perdue leurs parents aient le temps d’aller à la retraite et que finalement le ménage tombe dans la pauvreté parce que les enfants ne sont pas parvenus à prendre la relève malgré les investissements faits par leurs parents.

Je ne trouve pas tenable l’idée que des milliers d’entrepreneurs se résolvent à ranger leurs projets ou enterrent leurs ambitions parce qu’ils ne seront pas parvenus à profiter des richesses de leurs pays. On leur aura promis le patriotisme économique pour finalement les laisser sur le carreau comme des étrangers dans leur propre pays alors que d’autres sociétés apatrides, parce que bourrées de capital et pots de vins, continuent de venir ramasser terres et richesses minières, marchés publics et contrats de concessions de services publics comme si ce pays est encore une colonie à mettre sous la tutelle de quelques explorateurs.

Je trouve inacceptable qu’après tout le tintamarre de moralisation de la vie publique qui a justifié la réactivation de la CREI, la justice soit monnayée pour le riche et que le pauvre continue d’être pénalisé pour moins que rien. Cette CREI que certains réservent à une clique alors qu’eux se réservent l’OFNAC comme si le voleur pouvait choisir son juge.

Le peuple, se tait et avale sa tasse de thé, confuse par son propre choix de porter à la tête de ce pays des hommes qui, de solutions, ne semblent en avoir aucune sinon des résolutions pompeusement vides qui s’envolent du conseil des ministres chaque jeudi avec des nominations plus que douteuses, guidées par un népotisme que rien ne semble pouvoir cacher. Encore on les écoutera, encore on écoutera le vent siffler nos oreilles.

Les gourous de la communication ont beau tailler les décisions du régime dans les pierres solennelles de la rupture, encore elles restent dans la banalité, incapables de faire bouger les lignes.

Mais il ne suffit pas de dénoncer, encore moins de se limiter à condamner pour finalement accepter cette fatalité. Il faut agir ou du moins se préparer à agir. Il faut mettre fin à cette grande bouffonnerie politique qui nous gouverne. Pour cela, il faut organiser le départ volontaire de celui qui avait pris l’engagement de répondre aux attentes des sénégalais. Il faut mobiliser un vote populaire de sanction en 2014.

Ce vote sanction, c’est moins de 20% du vote populaire. Il faut voter massivement contre le Président Macky Sall pour lui lancer un message démocratique, sans ambigüité. Des lors, les forces politiques devront porter ce mot d’ordre populaire pour lui demander de partir, s’il refuse de le faire volontairement.

Terminus 2014 constituerait donc une manière démocratique d’organiser le retrait du régime. Un président et une population, conscients de la nature des joutes électorales de 2014 comme un référendum sur son départ ou son maintien, ne peut ignorer le résultat de ce vote si effectivement il se confirme en dessous de 20%.

Avec un sénégalais sur 20, on ne dispose plus de la majorité minimale pour diriger ce pays. Si un président ne le comprend pas, alors la mobilisation pourra le lui faire comprendre.

Gageons qu’on n’en arrivera pas à une situation extrême. Mais admettons que cela permettrait de mettre fin à 3 années de souffrance. On peut même espérer que le Président soit disposé à poser la question de son maintien à la tête de l’Etat comme une question additionnelle durant les élections locales.

A coté du vote normal, cette question pourrait aussi faire l’objet d’un vote sans que cela n’impacte en rien l’organisation du scrutin.

Amadou Guèye/Nouvelle République

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