Obama chez son "amie" Merkel sur fond de mobilisation contre le traité transatlantique

obama merkelLors d’une visite de deux jours en Allemagne, le président américain entend profiter de sa popularité dans le pays d’Angela Merkel, son “amie”, pour promouvoir le très controversé accord de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis.

Barack Obama est arrivé dimanche 24 avril en Allemagne pour une visite de deux jours à Hanovre. Il s’agit probablement de son dernier séjour, en tant que président américain en fonction, sur les terres d’Angela Merkel, devenue, malgré des divergences, sa partenaire la plus respectée en Europe.

Interlocutrice privilégiée de Barack Obama tout au long de ses deux mandats à la Maison Blanche, Angela Merkel reçoit le président américain dimanche après-midi au château de Herrenhausen, à Hanovre, dans le nord de l’Allemagne, avant d’inaugurer avec lui le salon industriel de la ville, le plus important au monde, dont les États-Unis sont cette année le pays partenaire.

“Fier que Angela Merkel soit [son] amie”, le chef de l’État américain n’avait pas manqué, à la veille de son cinquième déplacement en Allemagne, d’adresser des louanges à la chancelière allemande, “gardienne de l’Europe” à l’attitude “courageuse” dans la crise migratoire.

“J’ai travaillé avec elle plus longtemps et plus étroitement qu’avec aucun autre dirigeant, et tout au long des années j’ai appris d’elle. Elle incarne beaucoup des qualités d’un dirigeant que j’admire le plus. Elle est guidée à la fois par des intérêts et des valeurs”, s’est épanché Barack Obama, à la veille de son arrivée, dans le journal le plus lu d’Allemagne, Bild.

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“Âmes sœurs”

Si Barack Obama a une relation visiblement plus décontractée et joviale avec un David Cameron, le Premier ministre britannique avec qui il a encore joué au golf samedi près de Londres, son approche politique très analytique est au plus proche de celle d’Angela Merkel. Une relation “cérébrale et sans comparaison”, selon des collaborateurs proches. Le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung qualifie même M. Obama et Mme Merkel d'”âmes sœurs”.

Leur relation n’a pourtant pas toujours été un long fleuve tranquille. La crise de l’euro, au cours de laquelle Washington a reproché à Berlin sa rigidité idéologique sur le primat de la discipline budgétaire, et, surtout, la découverte en 2013 des écoutes de l’agence de renseignement américaine NSA réalisées sur le téléphone portable même d’Angela Merkel ont engendré des crispations.

Mais les positions voisines notamment concernant la fermeté à l’égard de Moscou sur l’Ukraine ou sur le nucléaire iranien semblent avoir rapproché à nouveau les deux dirigeants.

Pour Josef Braml, analyste au Conseil allemand des relations internationales (DGAP) interrogé par l’AFP, cette proximité est surtout pragmatique. “L’Allemagne n’est d’aucune utilité militaire pour les États-Unis, elle contribue trop peu à l’Otan et agit peu militairement. Là où le pays est pris au sérieux, c’est pour son pouvoir de leadership en Europe et sa puissance économique. Et sur ce point, l’Allemagne n’est pas seulement un partenaire mais aussi un concurrent et c’est pourquoi ils l’espionnent”, argumente l’analyste.

Obama populaire, accord impopulaire

Malgré les tensions autour de la NSA, Barack Obama va fouler le sol allemand avec une popularité toujours au plus haut. Selon un sondage publié le 22 avril par l’institut Emnid, 84 % des Allemands estiment qu’il a fait du bon travail, quand seulement 7 % considèrent qu’il a été un mauvais président.

Alors que le salon industriel de Hanovre est tout à la gloire du “Made in Germany”, les dirigeants américain et allemand devraient profiter de ce public de chefs d’entreprise pour promouvoir le controversé accord de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis.

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La ministre américaine du Commerce, Penny Pritzker, a indiqué dimanche dans la presse allemande que Washington voulait “un accord cette année”. Les négociations de cet accord, désigné par les acronymes TTIP ou Tafta, font toutefois du surplace, et le projet est de plus en plus contesté par les opinions tant aux États-Unis qu’en Europe. En Allemagne, une manifestation d’opposants a rassemblé samedi à Hanovre plusieurs dizaines de milliers de personnes.

À en croire l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, citant des sources à la chancellerie allemande, le président français, François Hollande, refuse de parler du TTIP lors d’une rencontre à cinq organisée par la chancelière lundi à Hanovre avec, outre Barack Obama, les dirigeants italien et britannique. Il aurait fait valoir que le sujet était actuellement trop impopulaire en France, selon le magazine.

Avant cette réunion, qui clôturera son périple, le président américain doit prononcer lundi un discours attendu sur sa vision des relations transatlantiques.

Avec AFP

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