Office nationale de lutte contre la fraude et la corruption : Plus de 130 dossiers en cours de traitement

nafi-ngom-keita-300x155A ce jour, plus de 130 plaintes et de dénonciations sont en cours de traitement à l’Office nationale de lutte contre la fraude et la corruption, a indiqué hier, la présidente, Mme Nafi Ngom Keïta, lors d’un atelier de planification des actions stratégiques de l’Ofnac pour la période 2015-2017.

Les dossiers pleuvent sur la table des limiers de l’Ofnac. Ces derniers mois, par rapport aux plaintes et dénonciations, l’Office nationale de lutte contre la fraude et la corruption était à plus d’une soixantaine de dossiers. A ce jour, «plus de 130 plaintes et dénonciations anonymes ont été reçues et sont en cours de traitement», a indiqué hier, la présidente de l’Ofnac, lors d’un atelier de planification des actions stratégiques de l’Office pour la période 2015-2017 organisé en partenariat avec le Pnud. Ainsi, ajoute Mme Nafi Ngom, «plusieurs missions d’enquête ont été diligentées et sont, pour l’essentiel, tirées de l’exploitation des plaintes ; certaines sont déjà bouclées».

Ces investigations portent sur la petite et la grande corruption, et elle concernent aussi bien des agents des services publics, que ceux des services privés. En effet les missions de l’Ofnac s’exercent aussi bien sur le secteur public que le secteur privé.

La présidente a profité de l’occasion pour revenir sur la réception des déclarations de patrimoine. A ce propos rappelle-t-elle : «Le chef de l’Etat ayant instruit les assujettis à se conformer à la loi, les personnes concernées ont commencé à s’acquitter de leur obligation légale en déposant leur déclaration, conformément à la loi.

L’autorité a ainsi réaffirmé la position de principe de l’Ofnac, à savoir, exécuter cette mission, conformément aux lois et règlements, politiques, directives et procédures internes à l’Office. C’est en effet, la loi qui définit le Qui, le Quoi, le Où, le Comment et le Rôle de l’Ofnac».

Ainsi assure l’ex-inspectrice générale d’Etat, «toute l’aide requise est apportée par l’Ofnac aux déclarants, confrontés pour la première fois à cet exercice, à travers la mise en place d’un bureau d’appui aux déclarants (Bad)» Elle précise à l’intention des assujettis que «la déclaration de patrimoine c’est aussi bien le formulaire à remplir que la production de l’ensemble des pièces justificatives prévues par la loi à l’appui des informations fournies, ainsi que la communication des avoirs bancaires, des assurances vie et de l’estimation de la valeur vénale des biens déclarés. Cette déclaration doit être exhaustive et fiable».

Quid de sa déclaration de patrimoine qui est souvent agitée? La patronne de l’Ofnac déclare : «Je l’ai faite le 21 février 2014, alors que la loi du 02 avril 2014 relative à la déclaration de patrimoine n’avait pas encore été votée».

Mieux renchérit Nafi Ngom : «Dès après son installation, l’Ofnac a pris toutes les dispositions pour recevoir et contrôler les déclarations de patrimoine. Se fondant sur la culture de l’exemplarité, les membres de l’Ofnac ont fait une déclaration volontaire de patrimoine, alors qu’au regard de la loi, ils ne sont pas des assujettis. Ils ont été les premiers à se prêter à cette formalité et ont permis de tester et de réajuster le dispositif mis en place».

Pour rappel, l’Ofnac a commencé à recevoir les déclarations de patrimoine des assujettis à la fin de l’année 2014, alors que la loi a été adoptée depuis belle lurette, le décret d’application pris. Mais il a fallu que la présidente supplie les personnes assujetties et que le Pré­sident Macky Sall leur fixe un ultimatum pour qu’elles commencent à s’acquitter de leur obligation.

L’Afrique sub-saharienne perd environ 30 mille milliards chaque année
La corruption est un phénomène universel qui ruine les efforts de développement et fragilise les institutions démocratiques. A preuve, indique Mme Nafi Ngom Keïta, qui reprend les résultats des rapports de la Banque africaine de développement (Bad), de l’Union africaine et des Nations-Unies, «l’Afrique sub-saharienne perd environ 30 mille milliards de francs Cfa chaque année, et cela depuis 30 ans, à cause de flux financiers illicites. Ces flux financiers anéantissent entièrement l’aide au développement. 
Ce montant correspond à 5,5% du Pib de notre continent».

dialigue@lequotidien.sn

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