[Opinion] Indignation après la lecture de cette plume vénale de Madiambal Diagne, par Khadim Mbacké

madiambal-300x155En lisant l’article de Madiambal Diagne (Dakar pleure le colonisateur), je suis plus que estomaqué. Dire que le Sénégal est nostalgique de la colonisation constitue une négation de l’effort de nos vaillants résistants, mais également une violation gravissime de notre droit à disposer de nous-mêmes. Cela montre votre bassesse intellectuelle, votre manque de patriotisme et votre attitude passéiste. C’est une honte pour un homme, qui se considère comme intellectuel, de s’abaisser à un niveau aussi bas. La colonisation n’est rien autre que la négation de nos droits. En 1855, Faidherbe fonda l’école des otages à Saint Louis au Sénégal. Le nom est assez parlant. Car ces enfants étaient des otages au sens propre du terme. Ils dissuadaient en effet leurs parents de toutes rebellions contre toute attaque. Ainsi, on lavait leur cerveau, et leurs inculquait la culture et la langue française ; par conséquent Ils ne faisaient que servir les intérêts français et non ceux du Sénégal. Plus tard, l’école prend le nom de l’école des fils de chefs et d’interprète. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que cette école n’avait qu’un seul et unique but : aliéner les Sénégalais et faire de telle sorte qu’ils servent éternellement les intérêts de la France. Aujourd’hui, l’école sénégalaise n’est toujours pas ce qu’elle devrait être. Les colonisateurs ont reconnu eux-mêmes le mal que constitue la colonisation. Guido Grysseels, directeur du Musé royal de l’Afrique centrale en Belgique, affirme que la colonisation est une période dont les Européens ne peuvent pas être fiers. En effet, les colons ont poussé la cruauté à son paroxysme en tuant des millions d’indigènes et en faisant des crimes contre l’humanité. Toutes les infrastructures réalisées dans les pays colonisés étaient faites dans le seul et unique but de faciliter le transport des matières premières vers les pays européens et ces infrastructures étaient réalisées dans la plupart des cas par les indigènes à travers le système du travail forcé. L’exploitation du caoutchouc congolais par la Belgique a couté la vie à des millions de personnes. Pourtant sur une plaque commémorative, qui se trouve dans le musée royal d’Afrique central en Belgique, on y lit que « la Belgique apporte la civilisation au Congo » ; ceci constitue une insulte pour les Africains. La politique de diviser pour mieux régner a créé une rivalité entre certaines ethnies en Afrique. Rares sont les pays africains qui ont été épargnés des conséquences de cette politique. En arrivant au Rwanda, les Allemands puis les Belges ont apporté la théorie raciale au Rwanda et font les deux groupes, qui y vivaient en paix jusque là, deux races distinctes. Le colonisateur n’a pas inventé les Tutsis et les Hutu mais il a donné ce clivage social une allure raciale. Le génocide rwandais de 1994 n’est que l’aboutissement de cette politique. Le général Gallieni a écrit noir sur blanc que : «toute agglomération d’individus, race, peuple, tribu, représente une somme d’intérêts communs ou opposée. S’il y a des mœurs ou des coutumes à respecter, il y a aussi des haines et des rivalités qu’il faut savoir démêler et utiliser à notre profit, en les opposant les unes aux autres, en nous appuyant sur les unes pour mieux vaincre les autres». Ceci montre que la France pratiquait cette politique de division. Monsieur Diagne, saviez-vous que la colonisation, dont vous dites nostalgique, a éliminé tant de leaders africains. Et ces leaders pourraient éventuellement permettre à l’Afrique de surmonter les obstacles qui s’ouvrent devant elle. Qui a tué Félix-Roland Mounié, dirigeant du mouvement de l’indépendance du Cameroun, si ce n’est qu’un agent de service secret français. Saviez-vous que la Guinée de Cheikhou Touré a fait l’objet de déstabilisation économique pendant longtemps et son seul tort était de dire oui à l’indépendance. Je me demande si vous saviez que Patrice Lumumba a été tué par ces colonisateurs dont vous vous réclamez la nostalgie. Monsieur Diagne, je vous informe que la colonisation était aussi derrière la guerre du Biafra qui a fait plus 2 millions de morts au Nigéria. Il faut savoir que Jacques Foccart, l’auteur du système françafrique, avait une pièce nommée la «case à fétiche» dans sa maison à Luzarches et cette maison était aussi appelé la capitale de l’Afrique parce que tout simplement les coups d’état y étaient préparés ou entérinés. Saviez-vous que si la France obtenait une statue internationale lors de la deuxième guerre mondiale c’était grâce à l’Afrique. Car le passage des avions dans le ciel africain, et l’escale des bateaux étaient plus qu’importants pour les alliés. La France est-elle reconnaissante envers l’Afrique après cette guerre ? La réponse vous la connaissez aussi bien que moi. Car le camp de Thiaroye en est une preuve évidente. De plus, la faute de la colonisation est aussi morale. Jules Ferry parlait des races inférieures et des races supérieures, et il ne vous semble pas absurde de voir une rue de notre capital porte son nom. Certains Africains sont aussi complexés vis-à-vis de l’homme blanc. De plus, l’Africain fait l’objet d’un mépris profond presque partout dans le monde à cause de l’esclavage et de la colonisation. Nombreux sont ceux qui voient dans la noirceur de sa peau un signe d’infériorité. Donc comment un Africain, qui jouit de ses facultés mentales, peut crier la nostalgie de la colonisation. Nous devons voir dans la colonisation, comme le pensait Cheikh Anta Diop, une suspension du temps qui a tout bloqué (évolution, échange) et tout figé (institutions). Car il faut savoir que toute civilisation est considérée comme une maison à trois étages. Dans la classe supérieure, se trouvent les élites, dans l’intermédiaire les artisans et enfin dans la dernière classe les simples gens. Lorsque la colonisation est arrivée en Afrique, elle a capturé la classe supérieure, a aliéné la classe intermédiaire et l’Afrique n’a pas réussi à survivre qu’en se repliant sur la classe inférieur. Enfin, on peut se douter de votre bonne foi Monsieur Diagne, en effet, Vous avez vertement critiqué la municipalité de Dakar en soulignant son échec dans la gestion des ordures. Je pense que la faillite de nos politiques est une réalité. Mais ceci ne peut en aucune façon légitimer la colonisation. Dans votre article (Macky Sall à la bonne école de Léopold Sédar Senghor), Vous tenez un discours laudatif à l’endroit de Macky Sall et en saluant son déplacement à bord d’un avion commercial pour se rendre aux USA à la remise de diplôme de son fils. Vous avez salué ce geste du président de la République, mais en même temps critiqué la gestion d’Abdoulaye Wade et d’Abdou Diouf qui se servaient des biens de l’Etat pour des affaires personnelles. Je soupçonne quelque chose : en critiquant la gestion de Khalifa Sall, mettant sur un banc d’accusé Abdou Diouf et Abdoulaye Wade tout et louant la gestion de Macky Sall et celle de Senghor, est-ce que vous n’êtes pas en train de faire bonne presse à Macky Sall ? Ceci est une chose. Mais justifier voire légaliser la colonisation en est une autre gravissime.
Khadim Mbacké
fils de Serigne Abass Mbacke fils de Brom Darou Mouhty Khadim-Abass Mbacke
mbackekhadim@hotmail.fr

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