Ouganda : un paradis pour les réfugiés

L’Ouganda est salué pour être l’un des pays les plus accueillants du monde envers les réfugiés.

Le camp de réfugiés de Nakivale, à six heures de route à l’ouest de la capitale, Kampala, est impressionnant.

Il s’étend sur 184 km carrés dans une zone -couvrant des collines, des champs fertiles, un lac et de nombreux cours d’eau – parsemée de petites maisons de briques ou d’argile, certaines avec un toit en tôle ondulée.

C’est là que résident plus de 100.000 personnes qui ont obtenu le statut de réfugiés, comme Khadija al-Hassan, qui a fui les combats en Somalie il y a six ans.

La dame de 46 ans a construit une maison simple pour elle et ses enfants et elle dispose d’un petit potager où elle cultive des carottes, aubergines et piments.

Khadija aime sa vie ici: “Il n’y a pas de problème en Ouganda. Les réfugiés reçoivent des maisons, de la nourriture et l’éducation gratuite pour leurs enfants. Vous pouvez même dormir à la belle étoile et personne ne vous importune… “

Face au nombre croissant de réfugiés dans le monde, de nombreux pays ont du mal à trouver la parade. Au début du mois de mai, le Kenya a annoncé son intention de fermer le camp de réfugiés de Dadaab, qui abrite plus de 300.000 réfugiés en provenance de Somalie.

Un modèle unique

L’agence des Nations Unies pour les réfugiés, le HCR, a fait l’éloge de l’Ouganda comme “ayant des politiques progressiste et avant-gardistes ” pour plus d’un demi-million de réfugiés dans le pays.

“Le modèle de l’Ouganda est presque unique en ce qu’il accorde aux réfugiés”, dit Charlie Yaxley, porte-parole du HCR en Ouganda.

“Par exemple au Kenya, où nous avons les camps de Dadaab et Kakuma, les réfugiés sont confinés dans ces camps et ne peuvent pas travailler.

“Ce n’est pas la même chose ici en Ouganda, où les réfugiés ont la possibilité de contribuer à l’économie locale.”

Ce qui rend l’Ouganda unique, c’est la prise en charge immédiate des réfugiés et l’aide qui leur est apportée, sans trop de questions ou de soupçons.

Cette générosité s’explique sans doute par le fait qu’au sein du pouvoir, de nombreux responsables savent ce que c’est que d’être contraint à l’exil.

Après l’indépendance de l’Ouganda en 1962, plusieurs conflits ont secoué le pays pendant de nombreuses années, forçant des milliers de personnes à fuir.

Même le président Yoweri Museveni et certains de ses collaborateurs dans le gouvernement ont été eux-mêmes des réfugiés.

Par ailleurs, au cours des 20 dernières années, presque tous les pays frontaliers de l’Ouganda – la République démocratique du Congo, le Rwanda, le Kenya et le Soudan du Sud – ont vécu des conflits qui ont poussé leurs ressortissants à trouver refuge en Ouganda.

Très souvent, leur culture et les langues parlées sont identiques et les Ougandais ont des liens familiaux ou ethniques avec certains réfugiés, ce qui rend l’intégration plus facile.

Et pourtant, ils sont nombreux à nourrir le rêve d’un retour au bercail.

Cedric Mugisha est arrivé ici, fuyant son Burundi natal, en passant par le Rwanda. Encore visiblement traumatisé par cette infortune, il soutient qu’être réfugié n’est jamais la première option.

“Au Burundi, j’avais une vie, pleine de promesses. Ma famille me manque, je ne sais pas où sont mes proches, et j’ignore ce qui est arrivé à mes amis.”

Frustations

Mais tout n’est pas rose et il y a une certaine méfiance des réfugiés.

Le camp de Nakivale se trouve à proximité de villages ougandais. Certains d’entre eux ne sont pas contents de l’aide apportée aux réfugiés.


Ici, de nombreux paysans pratiquent des cultures de subsistance et ils se plaignent que leurs terres leur ont été enlevées pour faire de la place aux réfugiés.

Le gouvernement soutient que ces zones avaient été prévues pour les demandeurs d’asile.

Mais Stephen Kafungo, agriculteur, ne cache pas sa colère.

“Je suis établi ici depuis 30 ans et j’ai eu 143 hectares. Maintenant, avec tous les réfugiés qui arrivent, toute la terre a été prise.

“Je ne sais pas pour l’avenir, parce que si je meurs mes enfants vont souffrir.”

Et c’est le défi auquel doivent faire face les politiques de réfugiés de l’Ouganda.

Le pays a l’une des populations les plus jeunes et les plus dynamiques dans le monde, ce qui rend la terre et d’autres ressources de plus en plus rares.

Mais pour l’instant, le gouvernement et les populations sont déterminés à prendre soin de ceux qui sont dans le besoin et de la meilleure façon possible.

http://www.bbc.com

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*