Ouganda: une domestique jugée coupable de torture sur un bébé

Des policiers ougandais près d’un centre commercial de la capitale, Kampala, le 14 septembre 2014|AFP
Des policiers ougandais près d’un centre commercial de la capitale, Kampala, le 14 septembre 2014|AFP
Des policiers ougandais près d’un centre commercial de la capitale, Kampala, le 14 septembre 2014|AFP

Une domestique ougandaise, confondue par une vidéo qui a choqué le pays sur laquelle on la voit infliger des sévices à un bébé, a été déclarée lundi coupable de torture par un tribunal de Kampala, a annoncé l’accusation.

Jolly Tumuhiirwe, 22 ans, qui avait plaidé coupable, risque jusqu’à 15 ans de prison pour avoir roué de coups et martyrisé une enfant de 18 mois dont elle avait la garde. La Cour rendra son verdict mercredi.

Les parents du bébé avaient installé dans leur salon une caméra de surveillance qui a enregistré des images, difficilement soutenables, largement diffusées sur internet.

On y voit l’employée – qui selon les parents était à leur service depuis deux semaines – semblant forcer la fillette à manger, avant de la gifler très violemment deux fois, puis la projeter brutalement au sol, la tête la première, après qu’elle eut vomi.

Pendant que l’enfant, nommée Arnella par les médias ougandais, gît au sol, elle la fesse avec une lampe-torche, puis la frappe à coups de pied au visage et au ventre et lui piétine le dos de tout son poids, avant de l’emmener, pendue par un bras et apparemment inconsciente, hors de la pièce.

La police avait annoncé après son arrestation son intention de l’inculper de tentative de meurtre, mais le tribunal n’a finalement retenu que le chef de torture.

La procureure Joyce Tushabe a indiqué à l’AFP que l’accusée, qui n’avait pas d’avocat, était « pleine de remords » à l’audience. « Elle a dit qu’elle était désolée de son acte », a poursuivi la procureure, « elle a demandé aux parents, à la nation et à tous ceux qui ont été touchés par son acte de lui pardonner ».

L’accusée est apparue « calme » et « réservée » et incapable d’expliquer son geste selon le quotidien gouvernemental New Vision.

Vêtue d’une jupe noire à rayures blanches et d’un chemisier jaune à fleurs bleues, elle a été maintenue en détention dans l’attente de la décision du tribunal sur sa peine, qui sera annoncée mercredi.

Le bébé ne souffre d’aucune séquelle physique majeure, selon la presse ougandaise qui a qualifié la vidéo, vue des millions de fois et largement partagée sur les réseaux sociaux, de « glaçante » et « très dérangeante ».

Si cette vidéo a profondément choqué, dans un pays où il est courant au sein de la classe moyenne, de confier les enfants aux employées de maison, souvent logées à domicile et sous-payées, certains commentateurs rappellent que les violences contre les enfants sont largement répandus à la maison ou à l’école, sans susciter autant d’émotion.

« Même à l’école, les enfants sont battus pour presque rien – ne pas répondre correctement à une question, ne pas être peigné, ne pas avoir les ongles propres », explique un éditorialiste du quotidien Observer.

« Les enfants d’Ouganda grandissent anesthésiés à la douleur et finissent par infliger de la douleur avec indifférence », poursuit-il.

Au-delà de l’Ouganda, les châtiments corporels, infligés aux enfants par les parents ou les enseignants sont encore largement répandus à travers le continent.

AFP

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