OUMAR BLONDIN DIOP, BALLA GAYE, BASSIROU FAYE… CES MARTYRS DE LA BRUTALITE POLICIERE EN QUETE DE JUSTICE

edu_Violence-UCADOmar Blondin Diop,  Balla Gaye, Bassirou Faye… Trois étudiants qui ont tous eu la malchance d’avoir un destin commun : la mort brutale suite à la répression policière contre des acteurs de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). Si les résultats de l’enquête sur les cas de Omar Blondin Diop et Balla Gaye ont été rangés dans les placards de la République, force est de constater que l’affaire Bassirou Faye, semble elle prendre pour le moment une autre tournure. Retour sur les diverses répressions policières ayant entraîné des cas de mort d’étudiants non encore élucidées.

« Il y a eu des crimes sans criminels, des assassinats sans assassins, des cadavres sans coupables. L’Etat a montré que le crime de Bassirou Faye ne sera pas impuni. Le Sénégal va, à partir de toutes ces situations, s’engager à élucider les crimes qui ont souvent émaillé la vie de la Nation ». Ces propos du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Sidiki Kaba, en disent long sur les répressions « policières » conduisant souvent à mort d’homme.
La récente mort de l’étudiant Bassirou Faye, tué par balle lors des affrontements entre forces de l’ordre et étudiants qui exigeaient le paiement de leurs bourses, le 14 août dernier, vient d’allonger la liste des jeunes étudiants tués dans des circonstances encore non élucidées. Et cela, quarante-et-un an après la disparition de Omar Blondin Diop, mort le 11 mai 1973, dans les geôles de Gorée et inhumé en catimini au cimetière des Abattoirs sur la Corniche Ouest.
A l’époque, la commission de surveillance des prisons avait dit avoir constaté que le détenu Oumar Blondin Diop s’était donné la mort par pendaison alors que le médecin Ibrahima Blondin Diop, père de la victime, indiquait lui des coups et blessures volontaires ont entrainé la mort de son fils.
Le dossier du jeune gauchiste engagé dans le combat pour la libération de l’Afrique, âgé seulement de 26 ans, n’a toujours pas connu son épilogue malgré l’insistance de la famille qui réclame encore justice. Pour info, à l’époque,  le juge d’instruction Moustapha Touré en charge de ce dossier avait inculpé les trois gardes de la prison de Gorée pour meurtre, avant d’être relevé de ses fonctions et dessaisi du dossier.
Le meurtre d’étudiants sur fond de bavures policières allait se réinstaller dans l’espace universitaire, aux lendemains de l’alternance qui a porté au pouvoir Me Abdoulaye Wade, avec la mort, un 31 janvier 2001, de l’étudiant Balla Gaye. Un jeune auxiliaire de police appartenant à l’époque au Groupe mobile d’intervention (Gmi), Thiendella Ndiaye, avait été pointé du doigt avant d’être blanchi par la justice.
Tout comme l’affaire Bassirou Faye, les policiers aux alentours de l’université n’avaient pas d’armes, avait déclaré l’ex-ministre de l’Intérieur, le Général Mamadou Niang. Les circonstances de la mort de Balla Gaye ne sont pas encore élucidées au moment où la machine judiciaire est en branle pour éclairer la lanterne des Sénégalais sur les péripéties de la mort de Bassirou Faye, tué le 14 août dernier.
Malgré l’arrestation du présumé meurtrier, Tombon Wally, par le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, suite à des éléments concordants et graves à son égard, les autorités étatiques dégagent leurs responsabilités en prétendant que le policier incriminé en question n’était pas en service. Pour le ministre de la Justice, Me SidikiKaba, le policier a fait « une intrusion qui a été meurtrière ».

Ibrahima Baldé

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