Oumar Sarr sur l’interdiction de la marche de l’opposition : «On parle d’octobre burkinabè, on parlera de novembre sénégalais»

Oumar Sarr

L’opposition est déterminée à marcher le 21 novembre en dépit de l’interdiction du gouverneur. Et Oumar Sarr n’exclut pas un «novembre sénégalais» comme un «octobre burkinabè» qui a emporté Blaise Compaoré.

Le Front patriotique pour la défense de la République (Fpdr) aura tenu deux conférences de presse en l’espace de 24 heures pour réaffirmer sa détermination à marcher le 21 novembre prochain «avec ou sans autorisation».

Ce alors que le gouverneur a interdit, selon la presse, toutes les manifestations du 10 novembre au 5 décembre pour les raisons de la tenue du Sommet de la Franco­phonie à Dakar les 29 et 30 novembre.

Les Libéraux et leurs alliés informent avoir déposé leur déclaration auprès du préfet et promettent de défiler sur le Boulevard de la République. Mais d’ores et déjà, le ton monte.

Aux déclarations de Aïda Mbodji de jeudi, le coordonnateur du Parti démocratique sénégalais en a rajouté, hier, une couche. Oumar Sarr a été ainsi inspiré par les événements de Ouaga qui ont poussé Blaise Compaoré à la démission. «On parle d’octobre burkinabè ; on pourra parler du novembre sénégalais», avertit-il.

A son tour, le coordonnateur du Fpdr Mamadou Diop Decroix déclare : «Nous demandons au gouvernement de veiller à la sécurité de ce meeting. Un arrêté du gouverneur n’est pas supérieur à la Constitution. Si la paix sociale est perturbée, que les hypocrites ne viennent pas dire que c’est l’opposition ; ce sera bien la responsabilité du pouvoir.» Le leader de And jëf/Pads précise que leur option n’est pas que «le Sénégal bascule dans la violence», mais prévient que la paix réside dans la reconnaissance de leur droit de dérouler leur manifestation le 21 novembre prochain.

«Si on veut la paix, qu’on nous laisse tenir ce meeting. Ce n’est pas une menace mais une mise en garde. Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui avaient manifesté lors de l’inauguration du Monument de la Renais­sance et du sommet de l’Oci en présence des autres chefs des autres pays, en déversant leur bile sur Wade et en réclamant son départ. On avait demandé à Wade d’interdire leur marche, mais il avait rétorqué qu’il n’osait pas le faire parce que c’est la Constitution qui leur donne ce droit», rappelle Decroix.

«Macky n’a qu’à agrandir ou augmenter les prisons»
Face aux «rumeurs» qui circulent, faisant état d’une stratégie que mettrait en place l’Etat pour arrêter les leaders de l’opposition à la vieille de leur manifestation, Decroix répond que le Fpdr s’est préparé à toute éventualité.

«Nous sommes prêts pour la prison. Nous disons au président de la République que s’il est dans une logique de combat, il n’a qu’à agrandir ou augmenter le nombre de prisons», souligne-t-il. Les Libéraux et leurs alliés ont esquissé le menu qu’ils serviront au régime de Macky Sall le 21 novembre. «C’est la République des copains, des coquins et des parents», raillent-ils.

A ce sujet Oumar Sarr réaffirme les accusations du Président Wade qui soutenait que Aliou Sall «détient 30 % de l’exploitation du pétrole». «Person­ne ne peut le contester. La société Petro-Tim a été créée avec un apport de 10 millions du frère du Président Macky Sall. C’est une société anonyme, unipersonnelle», précise le coordonnateur du Pds. Dans la même veine, le Fpdr accuse l’épouse du chef de l’Etat, Marème Faye Sall, de «tremper dans le pétrole» de par ses «relations avec l’homme d’affaire Baba Diao». Decroix et Cie comptent aussi faire le procès de «la gestion vertueuse» brandie par le gouvernement de l’alternance 2 qui, selon eux, se livre au «pillage des ressources du pays». Oumar Sarr parle d’appels d’offres qui ont «disparu des circuits d’attribution des marchés».

Alors que Me Amadou Sall entend défendre la cause de Karim Wade au «tribunal» du Boulevard de la République. L’avocat du fils du Président Wade parle de procès «politique» et «de la honte». Il estime que «Macky Sall est en train de faire subir un camouflet à la justice sénégalaise» parce que «95 % des témoins appelés ont le couteau à la gorge». Me Sall de révéler : «Un témoin a été cueilli à l’aéroport. On lui a demandé de charger Karim Wade au risque de ne pas retourner à l’étranger. Alors il l’a chargé.»

Les Libéraux ont promis de réserver un «accueil chaleureux» au Président Wade qui revient de son voyage de Paris le 14 novembre prochain et le Fpdr veut s’ouvrir à d’autres leaders de partis comme Cheikh Bamba Dièye du Fsd/Bj pour son meeting.

amadoumbodj@lequotidien.sn

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